Médecine de ville - Les "plus" et les "moins" d’un PLFSS "de combat"

Médecine de villeLes "plus" et les "moins" d’un PLFSS "de combat"

01.10.2012

Présenté lundi, le PLFSS 2013 prévoit un Ondam à 2,7% et une évolution identique des sous-ondam de la ville et de l’hopital (2,6%). Une première pour la médecine de ville. Mais les médecins sont également appelés à faire des économies. Baisse des tarifs de certaines spécialités, efficience des prescriptions, plus de génériques, lutte contre la fraude et régulation des transports sanitaires...

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    Les "plus" et les "moins" d’un PLFSS "de combat"

Chose promise, chose due. L’« évolution strictement équilibrée » des sous-ondam de la ville et de l’hôpital, annoncée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à l’Université d’été de la CSMF à Cannes, figure bien dans le PLFSS 2013 dévoilé lundi. Une petite révolution pour la médecine de ville. C’est en effet la première fois que cette dernière va pouvoir bénéficier d’un taux d’Ondam semblable au secteur public. En 2012, le différentiel était encore marqué : 2,6% pour l’hôpital et de 2,1% pour la ville. Avec un Ondam général pour 2013 fixé à 2,7%, au lieu des 2,5% initialement prévu par le gouvernement précédent, l’enveloppe de l’Assurance maladie est estimée à 175,4 milliards d’euros, soit 4,6 milliards d’euros supplémentaires par rapport à 2012.

Le budget des soins de ville va ainsi augmenter de 2 milliards d’euros. Un montant certes conséquent mais qui n’exclut pas les médecins et les autres professionnels de santé à des mesures d’économies. « Ce n’est pas parce qu’on dépense plus qu’on soigne mieux », a prévenu la ministre. Pour les soins de ville, le PLFSS prévoit 1,76 milliards d’euros d’économies, que le ministère espère en grande partie réaliser sur les produits de santé (876 millions), mais aussi par des mesures d’efficience sur les prescriptions médicales (605 millions), par les baisses tarifaires de médecins (radiologues a priori) et biologistes (155 millions), ainsi que par la régulation des transports sanitaires (70 millions). Enfin, la lutte contre les fraudes devrait générer 50 millions d’euros. Les médecins généralistes seront donc appelés à continuer leurs efforts sur la prescription de génériques a priori récompensés par le biais du dispositif de rémunération à la performance.

"Mauvais signal" pour la CSMF

Et c’est là que le bat blesse pour certains. Le président de la CSMF, Michel Chassang salue l’égalité de progression des sous-ondam, mais regrette fortement l’iniquité de traitement qui persiste selon lui entre la ville et l’hôpital, concernant les efforts d’économies à réaliser. « 72% des efforts sont demandés à la médecine ville contre 28% pour l’hôpital, alors que c’est grâce à la bonne tenue des soins de ville qu’il existe un excédent de 350 millions d’euros » sur 2012, insiste Michel Chassang.

Une "cagnotte", qui correspond à des dépenses qui seront sans doute en deça de l’Ondam cette année et que le PLFSS pour l’an prochain ne prévoit pas de redistribuer aux médecins.Ou du moins pas pour le moment, car le patron de la Conf’ entend bien se servir de cette marge de manœuvre pour obtenir une revalorisation du secteur 1. « Cela nous donne du grain à moudre », reconnaît-il. Avant de souligner toutefois que les négociations s’annoncent difficiles. « Faire baisser les actes de certaines spécialités à hauteur de 155 millions d’euros dans cette période de discussions sur les dépassements d’honoraires est un bien mauvais signal », analyse Michel Chassang.

"Bonnes intentions" pour MG France

Du côté de MG France, on estime que le projet de loi permet pour le moment « d’envisager des perspectives ». « On y voit des intentions concernant la médecine de ville notamment avec la stricte évolution parallèle des taux d’Ondam et plus de 4 milliards d’euros à se répartir. On verra par la suite ce qui se fera réellement », nuance son vice-président, le Dr François Wilthien.

Sur le plan des réformes structurelles, peu de pistes seront explorées en 2013. On retiendra surtout le plan annoncé par la ministre de la Santé sur les déserts médicaux. « Nous allons créer 200 contrats proposés à des nouveaux jeunes médecins qui souhaiteraient s’installer pour prendre le relais de médecins qui vont partir à la retraite », dans des zones médicalement sous-dotées, a indiqué Marisol Touraine. Pendant deux ans, ces médecins seront garantis par l’Assurance maladie d’un revenu minimal annuel. Une rémunération au forfait pour les équipes de soins de proximité devrait également voir le jour. Tout comme la mise en place d’un parcours de soins pour les personnes âgées « véritablement décloisonné ».

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr

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