Justice - Vive émotion à l’ouverture du procès des surirradiés d’Epinal

JusticeVive émotion à l’ouverture du procès des surirradiés d’Epinal

24.09.2012

Le procès du plus grave accident de radiothérapie survenu en France à l’hôpital d’Epinal a débuté ce lundi à Paris, et se déroulera jusqu’au 31 octobre. Deux anciens radiothérapeutes et un radiophysicien sont poursuivis pour homicides involontaires. Le drame a causé la mort de sept personnes et plusieurs centaines d’autres sont actuellement soignées pour des séquelles.

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    Vive émotion à l’ouverture du procès des surirradiés d’Epinal

C’est l’une des plus grosses crises sanitaires du précédent quinquennat avec l’affaire Mediator. Le procès de l’affaire des surirradiés d’Epinal qui s’est ouvert lundi après-midi, doit permettre de faire la lumière sur le plus grave accident de radiothérapie survenu en France, dans lequel près de 450 patients ont été surirradiés de 2001 à 2006. Il se tiendra jusqu’au 31 octobre pedant six semaines, à raison de trois demi-journée par semaine: les lundi, mardi et mercredi après-midi. A la barre, sept prévenus dont deux médecins, un radiophysicien et des cadres de santé publique.

A l’ouverture du procès, une centaine de parties civiles étaient présentes. Le procès était aussi retransmis en vidéo dans une salle attenante à la première chambre civile du tribunal de grande instance de la capitale.Trop faibles pour se déplacer, une vingtaine de victimes se sont de leur côté retrouvées au tribunal de cette ville pour suivre le procès par écrans télé interposés.

Cette première audience n’aura duré à peine plus d'une heure, le temps pour les prévenus de retracer leur parcours professionnel. «Le procès est sur les rails», s'est néanmoins félicité Me Gérard Welzer qui défend près de 200 parties civiles.

Information cachée

Les deux anciens radiothérapeutes de l'hôpital Jean-Monnet, François Sztermer, 64 ans, Michel Aubertel, 62 ans et le radiophysicien Joshua Anah, 54 ans sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires mais aussi pour non assistance à personne en danger, pour ne pas avoir mis au courant leurs patients de l'accident dans les meilleurs délais. Les médecins, qui auraient pris conscience en 2006 du deuxième dysfonctionnement sur les doses de contrôle, ont tue cette information jusqu’à ce qu’une inspection le découvre en 2007. Les deux médecins, 64 ans et 62 ans n'exercent plus leur activité de médecin, suspendu pour l'un, radié pour l'autre. C’est également sur le dernier chef d’accusation que seront jugés la directrice de l'hôpital et de l'établissement comme personne morale, ainsi que de la directrice de la Ddass et le directeur de l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) de Lorraine de l'époque.

7 morts et jusqu’à 5 500 victimes

Selon l’instruction, le premier disfonctionnement, causé par des erreurs de paramétrage d’un logiciel lors du passage à une nouvelle génération d’appareils, a entraîné les surexpositions les plus graves, de l'ordre de 20%, sur 24 patients entre mai 2004 et août 2005. Un second dysfonctionnement -l'absence de prise en compte, dans le calcul final des radiations, des doses délivrées lors des contrôles radiologiques précédant le traitement lui-même- a fait 424 victimes de surdoses entre 8 et 10% entre 2001 et 2006. Une troisième erreur de moindre ampleur, révélée en 2008, sur des patients traités entre 1989 et 2000, et non jointe à l'instruction, porterait le bilan des victimes de l'hôpital d'Epinal jusqu’à 5 500. C’était du moins ce qu’avait affirmé la ministre de la Santé d'alors, Roselyne Bachelot lorsqu’elle avait rencontré les victimes (photo) à Epinal.

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr
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