Mortalité - Grand froid: l’hiver dernier particulièrement meurtrier

MortalitéGrand froid: l’hiver dernier particulièrement meurtrier

04.09.2012

La vague de froid intense de février 2012 a entraîné une importante surmortalité l’hiver dernier. Selon l’InVS, 6000 décès supplémentaires ont été enregistrés. Les personnes âgées semblent avoir été les principales victimes. La concomitance de très basses températures et d’une épidémie de grippe semble, comme en 2009, expliquer ce triste constat.

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    Grand froid: l’hiver dernier particulièrement meurtrier

La France serait-elle mieux préparée à la canicule qu’au grand froid ? C’est la question que l’on peut se poser en comparant l’épisode de chaleur du mois d’août qui s’est déroulé sans surmortalité apparente et la vague de froid de l’hiver dernier. Selon l’InVS, près de 6.000 décès supplémentaires auraient été enregistrés en février-mars durant la vague de froid. «Entre le 6 février et le 18 mars 2012, un excès de près de 6.000 décès (+13%) a été estimé, comparativement aux effectifs enregistrés les années précédentes», annonce une étude de l'Institut national de Veille Sanitaire publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). La surmortalité touche plus particulièrement les personnes âgées de plus de 85 ans, avec 2.850 décès en excès (+18%) chez les personnes âgées de 85 à 94 ans et un millier de décès en excès (+31%) chez les personnes de 95 ans ou plus. Elle a augmenté brutalement à partir du 6 février pour se stabiliser à un niveau élevé à la fin février, suivie d'une diminution en mars, selon l'InVS.

Selon Anne Fouillet, auteur de l'étude, «la survenue concomitante de plusieurs facteurs (vague de froid et épidémies saisonnières, notamment grippale)» en février-mars dernier «peut, au moins en partie, expliquer ce phénomène, mais leur part respective dans cette augmentation reste à évaluer». De fait, la France a connu du 1er au 13 février une vague de froid tout à fait exceptionnelle selon Météo France, la première aussi intense depuis janvier 1987. Elle avait frappé principalement le nord de la France, avec des températures chutant localement jusqu'à moins 18 degrés, mais le sud n'avait pas été épargné. La période avait également été marquée par une épidémie de gastro-entérite suivie d'une épidémie de grippe saisonnière, dont le pic avait été atteint un pic fin février-début mars.

La quasi-totalité des régions, à l'exception de la Corse, a enregistré des excès de décès variant de +8% en Alsace à +22% en PACA. Les régions les plus touchées se trouvaient majoritairement dans le sud de la France. Plusieurs pays européens ont observé des situations analogues à celle la France au cours de la même période, avec une surmortalité d'intensité marquée en Espagne, Portugal, Suède et Belgique et plus modérée aux Pays-Bas, Suisse, Finlande, Hongrie, Irlande et Grèce.

Le précédent de 2009

Pour en arriver à ce constat, l’InVS a fait des comparaisons avec les années 2008, 2010 et 2011 et non avec l'année 2009 -également marqué par une vague de grand froid- qui avait déjà connu un phénomène similaire, avec près de 6.000 décès excédentaires observés au cours des six premières semaines de l'année. Pour 2012, les 6.000 décès supplémentaires français ont été estimés à partir des données fournies par les 1.042 communes qui transmettent électroniquement les certificats de décès à l'Insee, mais cette estimation, basée sur 70% des décès enregistrés en France métropolitaine, ne permet pas de «quantifier avec exactitude l'excès total des décès», reconnaît l'étude. Les chercheurs restent d'autant plus prudents sur les causes précises de la surmortalité qu'ils disposent pour l'instant d'informations sur les causes médicales de seulement 5% des décès. «Nous ne sommes pas à ce stade en mesure d'établir une analyse fiable», reconnaît Mme Fouillet, qui travaille pour le réseau de surveillance SurSaUD (surveillance sanitaire des urgences et des décès). Ce système a été mis en place après la canicule de 2003 qui avait entraîné 15.000 décès supplémentaires en France. Des bases de données complètes sur les causes des décès de l'hiver dernier devraient être disponibles d'ici un an à un an et demi. Rappelons néanmoins que, même si l’épidémie de grippe était d’importance modérée l’hiver dernier, l’Invs avait pointé dès la fin de l’épidémie une surmortalité chez les 85 ans et une incidence plus forte des infections respiratoires aigues chez les personnes âgées. Certains observateurs évoquaient également la plus grande vulnérabilité des personnes âgées au virus H3/N2, dominant l’hiver dernier et sans doute une moindre efficacité vaccinale que les autres années.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr
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