Nutrition - « Une France du beurre et une France de l’huile »

Nutrition« Une France du beurre et une France de l’huile »

14.08.2012

Même à l’heure de la mondialisation et de la grande distribution, les comportements alimentaires restent très liés aux habitudes régionales.

Au-delà du rituel du « repas à la française » salué par l’Unesco, c’est la diversité des produits et des habitudes alimentaires qui caractérisent le modèle français. Cette mosaïque de goût, est décrite dès 1995 par le Crédoc qui l’illustre par une carte de France découpée en dix grandes régions alimentaires. Se distinguent, entre autres, l’Ouest avec ses consommations de beurre, de fruits de mer et de cidre, le Nord et ses charcuteries, ses pommes de terre et sa bière, la région Jura-Rhône-Savoie et sa prédilection pour les fruits frais et le fromage ou encore le Sud-Est, son huile d’olive, ses agrumes, bananes et fruits secs. Des différences de consommation que l’on pensait voir s’estomper avec le temps.

Mais près de 15 ans plus tard, à l’évidence, ni la mondialisation, ni la grande distribution ne les ont uniformisées comme l’attestent les pratiques alimentaires des « nutrinautes » en 2009 : « On a vraiment une France du beurre et une France de l’huile qui persiste », constate le Pr Serge Hercberg, coordinateur de l’étude Nutrinet-Santé, soulignant, au travers de cette image, les disparités régionales en matière de comportement alimentaires. Ainsi, les consommations de fruits et de légumes suivent toujours un gradient Nord-Sud, celles de poisson et fruits de mer sont toujours plus faibles dans le Nord et l’Est. Des préférences alimentaires que le PNNS aimerait bien pouvoir modifier.

Un challenge qu’il faudrait relever à l’échelon régional comme le suggère le Pr Philippe Amouyel, co-auteur de l’étude MONA LISA-NUT : « La mise en application des recommandations diffère d’une région à l’autre ». Plus encore, elle est corrélée au niveau d’éducation dans le Nord et l’Est. « Surtout en ce qui concerne les consommations de fruits et de légumes, de calcium, de graisses saturées, de fibres et de sucres simples », remarque-t-il. Ce n’est pas le cas dans le Sud-Ouest où les habitudes régionales sont les plus en adéquation avec les recommandations. Des données que l’on retrouve dans l’étude Nutrinet de 2011. Celle-ci confirme que les sujets les moins proches des recommandations du PNNS vivent dans le Nord et l’Est. Deux régions où l’on grignote aussi plus souvent qu’ailleurs. Pour Serge Hercberg, le sujet va donc bien au-delà des spécificités régionales : « les comportements alimentaires sont fortement influencés par le niveau d’éducation, les connaissances nutritionnelles, les facteurs culturels, l’offre alimentaire et surtout le niveau socioéconomique ».

RéPPOP grand LYON : une écoute téléphonique contre l’obésité infantile

Nés en 2003, les réseaux de prise en charge et de prévention de l'obésité en pédiatrie (RéPPOP) sont encore peu nombreux sur le territoire. Ils sont pourtant un atout pour mieux prendre en charge l’obésité infantile comme en témoigne l’expérience du RéPPOP Grand Lyon. Le point fort du RéPPOP est l’accompagnement pluridisciplinaire. « Le médecin peut, en fonction des besoins de l’enfant, être aidé d’une diététicienne ou d’un psychologue sans obstacle financier puisque le réseau propose cinq consultations gratuites chez l’un et l’autre. Des séances avec un professionnel de l’activité physique adaptée sont aussi possibles » explique Régine Cavelier, l’un des trois coordinateurs du réseau Grand Lyon.

Pour aider le médecin, plusieurs outils sont à sa disposition dont une formation initiale sur les dimensions médicales, psychologique et diététique de la prise en charge ainsi que sur l’activité physique. « Nous abordons aussi la conduite des consultations, la relation d’éducation thérapeutique, les entretiens motivationnels et la démarche par micro-objectifs ». Des soirées de concertation permettent d’échanger sur des problématiques particulières comme le sommeil de l’enfant. Un dossier de suivi partagé et informatisé met aussi en commun toutes les informations saisies par chacun. Des outils qui semblent avoir déjà changé la pratique des médecins du réseau comme en témoigne une enquête d’évaluation récente. À ceci, le réseau Grand Lyon a ajouté un accompagnement téléphonique par une diététicienne et une psychologue. « Un outil unique à notre réseau » indique Régine Cavelier. Les familles sont contactées une fois par mois. « Il ne s’agit pas de se substituer à une consultation mais de s’assurer que tout va bien et d’inviter les familles à retourner voir leur médecin dans le cas où une baisse de motivation serait détectée ».

Cyrille Costa
Source : Legeneraliste.fr
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