Diabète - L’écart se creuse

DiabèteL’écart se creuse

14.08.2012

Si le nombre de patients diabétiques est en hausse sur tout le territoire, la prévalence de la maladie varie de plus en plus d’une zone géographique à l’autre. Elle est plus importante dans le Nord-Est et les DOM, ce qui se superpose avec les données d'obésité et le statut socio-économique.

Avec un taux proche de 4,4% en 2009, la prévalence du diabète traité continue de progresser en France. Un constat « d’autant plus alarmant que les zones déjà à haut risque de diabète progressent plus vite que celles à faible risque » souligne l’Invs dans un récent BEH *.

Les plus fortes prévalences se retrouvent en Outre-mer, (avec des taux standardisés allant de 7,3% en Guyane à 8,8% à la Réunion) et dans le Nord-Est de la métropole (avec des taux allant de 5?% en Champagne-Ardenne et en Alsace à 5,4?% dans le Nord-Pas de Calais). À l’inverse, les régions de l'ouest apparaissent relativement moins touchées (3% en Bretagne, par exemple). Au sein d’une même région d’importantes disparités peuvent être observées comme en Île-de-France, où la prévalence du diabète varie de 3,2?% à Paris, à 5,8?% en Seine-Saint-Denis.

De façon générale, « les zones géographiques socialement plus défavorisées comme la Seine-Saint- Denis, le Nord-Pas-de-Calais et la Champagne- Ardenne ont vu en 2009 leur niveau de diabète croître plus rapidement que la moyenne » alerte l’InVs.

Globalement, « la prévalence du diabète est corrélée avec celle de l'obésité, et largement expliquée par les

inégalités de conditions économiques » analyse le Dr Dominique Simon, diabétologue à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, et co-auteur du BEH. De fait les disparités régionales du diabète sont largement superposables à celles de l'obésité. Obépi 2009 montrait ainsi que le Nord-Pas-de-Calais était la région la plus touchée de métropole avec 20,5?% de prévalence.

Le statut socio-économique joue aussi un rôle majeur dans ces différences, avec un risque 2 à 3 fois supérieur pour les ouvriers que pour les cadres. Par ailleurs, les personnes au statut socio-économique moins favorisé présentent un profil de risque vasculaire différent, des complications macrovasculaires plus fréquentes et une prise en charge de moindre qualité.

Rétinopathie diabétique : le dépistage itinérant poursuit sa route en Bourgogne

« S'ils ne viennent pas à nous, nous irons à eux ». Parce que les patients diabétiques arrivent souvent trop tard dans les cabinets d’ophtalmologistes, la Bourgogne propose un dépistage itinérant de la rétinopathie diabétique. Débutée en septembre 2004 à l'initiative de l’URML de la région, cette opération entame sa 8e édition et vient d’être validée comme un protocole de coopération interprofessionnel par la HAS.

« Je détermine les cantons à visiter selon la démographie médicale, le nombre de patients diabétiques (obtenu par la CPAM), et la proximité d'un ophtalmologiste, ainsi qu'en fonction des patients qui n'ont pas eu de remboursement de consultation d'ophtalmologie depuis un an et des demandes des généralistes », explique Karima Brassac, orthoptiste en charge du dépistage itinérant de la rétinopathie diabétique en Bourgogne. Les collectivités concernées réservent une salle pour le jour du dépistage, les organismes de santé préviennent par courrier les assurés concernés et les généralistes sont informés à l'avance. « Le jour du dépistage, les bénévoles des associations de diabétiques sont présents pour aider les patients à remplir une fiche d'information qui aidera ensuite le médecin interprétateur » poursuit Karima Brassac. « Je réalise un fond d’œil et une mesure de la tension occulaire. » Par la suite, les ophtalmologistes du CHU de Dijon interprètent ces clichés. Leurs conclusions sont envoyées au patient et à son généraliste. Si une pathologie est détectée, le patient est invité à consulter un des 80 ophtalmologistes (sur les 120 de la région) impliqués dans ce dispositif.

« Le médecin généraliste est un partenaire privilégié de ce dispositif », insiste l'orthoptiste, tant au niveau du repérage des patients que de leur suivi ultérieur. Environ 30 cantons sont ciblés chaque année, et une moyenne de 40 patients vus à chaque tournée. Les chiffres de pathologies varient d'une année sur l'autre. « Plus de la moitié ont une pathologie ophtalmologique. L'an dernier, 16% avaient une rétinopathie diabétique (contre 28% il y a deux ans). »

*P.Ricci et al. « Diabète traité : quelles évolutions entre 2000 et 2009 en France ? », BEH n°42-43.
Fabienne Rigal
Source : Legeneraliste.fr
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