Cancers - Des disparités qui s’estompent ?

CancersDes disparités qui s’estompent ?

14.08.2012

Si l’incidence des cancers reste encore très inégale d’une région à l’autre, les écarts de mortalité tendent à se réduire avec une baisse observée sur l’ensemble du territoire.

Différentes études ont montré d’importantes disparités géographiques dans l’incidence des cancers avec une situation globalement plus favorable dans le sud par rapport aux régions du Nord. Pour les cancers masculins, avec près de 490?nouveaux cas pour 100 000 habitants, le Nord-Pas de Calais est ainsi la région la plus touchée, suivie de la Bretagne(438/100 000), la Haute-Normandie (432/100 000), la Picardie(430/100 000) et la Champagne-Ardenne (421/100 000). Pour les cancers féminins, l’incidence la plus élevée est aussi observée dans le Nord-Pas-de-Calais (304/100 000). Viennent ensuite la Picardie (264/100?000), la Haute-Normandie (277/100 000), l’Ile-de-France (260/100 000) et la Lorraine (259/100 000). À l’opposé, les régions Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées sont les moins touchées pour les deux sexes.

Ce gradient Nord-Sud se retrouve dans les taux de mortalité. Cependant, « l’analyse des tendances évolutives montre une baisse de la mortalité par cancer dans toutes les régions entre les périodes 1983-87 et 2003-07, souligne l’Inca dans un récent rapport*, avec une réduction de l’écart entre les régions au cours des deux décennies?». Même si des disparités dans les taux de mortalité persistent, « il semble se dessiner une tendance à l’homogénéisation qui devra être confirmée». Reste que derrière cette homogénéisation régionale se cachent des inégalités infra-régionales qui ont, elles, tendance à se renforcer, particulièrement entre centres urbains et périphéries.

Par ailleurs, tous les cancers ne sont pas répartis de la même façon : le taux de mortalité est plus élevé dans l'ensemble nord-est pour les cancers de l’appareil respiratoire et de la vessie alors que les cancers de l’appareil digestif sont plus fréquents dans le nord-ouest. Par ailleurs, l’Île-de-France compte le plus de femmes décédées d’un cancer du poumon et la Bretagne totalise le plus fort taux de décès par mélanomes chez les femmes.

La participation au dépistage, elle aussi, varie selon les régions : ainsi, dans le cas du cancer colorectal sur la période 2010-2011, pour un taux de participation général de 32 %, le taux le plus élevé de participation est enregistré pour la Bourgogne (47,5 % ) et le plus faible pour la Corse (8,3 %), entrée récemment dans le dispositif.

La région PACA traque les cancers atypiques

Faire des médecins libéraux des «sentinelles » dans le signalement des cancers atypiques pour identifier des facteurs de risque environnementaux et ainsi les prévenir. Tel est le projet que vient de lancer l'URPS-ML de Provence-Alpes-Côté d'Azur. « Ce sont les médecins de terrain qui nous ont sensibilisés au problème de cancers atypiques dans leur bassin de population, raconte le Dr Guy Recorbet, médecin généraliste et directeur de la commission environnement, veille sanitaire et santé publique de l'URPS-ML PACA. «?Nous avons alors pensé qu'il serait utile de récolter les données sur l'ensemble de la région, et l'URPS a mis en place un projet de veille sanitaire sur les cancers atypiques en PACA ». L'URPS travaille sur ce sujet en partenariat avec l'Institut Paoli-Calmettes (IPC) à Marseille, et le Pr François Eisinger dirige le comité scientifique du projet.

Depuis le coup d’envoi de l’opération, le 17?Avril dernier, les médecins libéraux de la région, traquent donc, sur la base du volontariat, les cancers atypiques et les signalent à l'URPS. «Nous avons commencé par le cancer du poumon, survenant avant 40 ans chez les fumeurs, et avant 50 ans chez les non-fumeurs » précise le Dr Recorbet. «?Après signalement d'un cancer entrant dans cette catégorie, l'URPS fera un retour auprès du médecin traitant, pour lui donner des éléments de suivi et de prise en charge optimisés de son patient, sous l'égide de l'IPC ». L'objectif est d'identifier des bassins de vie susceptibles de regrouper certains cancers, et ainsi de sensibiliser les pouvoirs publics aux dangers sanitaires, dans un but de prévention. Un projet à même « de faire reconnaître les médecins libéraux comme un maillon essentiel en santé publique », espère le Dr Recorbet.

* INCa. Dynamique d’évolution des taux de mortalité des principaux cancers en France. Novembre 2010.
Fabienne Rigal
Source : Legeneraliste.fr
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