Arrêts de travail - Etes-vous responsables de la croissance des IJ ?

Arrêts de travailEtes-vous responsables de la croissance des IJ ?

07.08.2012

Dans leur dernière étude, les chercheurs de l’IRDES ont tenté d’expliquer les différences entre départements dans le taux de recours aux arrêts de travail. Ils estiment que l’âge de la population active joue un rôle certain. Mais pas seulement : dans les zones à plus forte densité médicale, les médecins généralistes sont aussi désignés…

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    Etes-vous responsables de la croissance des IJ ?

Qu’est-ce qui explique les différences en matière de congé maladie d’un point à l’autre de l’Hexagone ? Dans sa dernière étude, l’IRDES tente d’apporter une réponse à ce qui constitue depuis longtemps une originalité Française et un vrai casse-tête pour les décideurs du monde de la santé. Le constat de base est relativement connu : la proportion d’arrêt de travail est très variable d’un département à l’autre. Ainsi, rapportent les chercheurs de l’Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé, 28% des salariés des Ardennes ont pris au moins un arrêt de travail en 2005, contre 13% seulement dans les Hautes Alpes. Pour expliquer ces différences, les auteurs de l’étude de l’IRDES ont donc convoqué toute une série de facteurs pouvant a priori expliquer le recours plus ou moins fréquent aux IJ et les ont intégrés dans un modèle savant et complexe.

L’âge en est bien évidemment un. Plus on est vieux, plus on s’arrête. Et, plus suprenant, les tout jeunes salariés en début de carrière ont une propension aux congés maladie supérieure à la moyenne, peut-être parce que les congés maternité sont inclus dans l’étude. Globalement, il est d’ailleurs acquis que les hommes s’arrêtent plutôt moins que les femmes. Les variables économiques et sociales ont été examinées aussi par les statisticiens. Apparemment, plus on appartient à une grosse boîte, plus on a tendance à se faire porter pâle. Par ailleurs, plus on travaille à temps partiel ou à domicile et moins on a recours aux IJ, sauf pour les plus hauts salaires, qui font a priori plus d’heures que la moyenne, mais s’arrêtent moins. En revanche, les périodes de chomage influencent peu le recours ultérieur aux arrêts maladie.

La peur du gendarme fait baisser les IJ

Enfin, trois facteurs plus directement liés au système de santé ont été intégrés. Le régime de Sécu, d’abord, puisqu’il semble bien que plus on a une protection sociale forte et plus on s’absente volontiers : la moyenne des salariés qui s’arrêtent dans l’année pour maladie, maternité ou accidents du travail est ainsi de 28% dans le régime d’Alsace-Moselle contre 23% dans les autres régimes. L’étude a aussi tenté d’intégrer la fréquence des contrôles de la Sécu. Bon à savoir pour les salariés : bon an mal an, 13% des arrêts de travail courts font l’objet d’un contrôle, mais en 2005, cela tombait à 10% seulement en Mayenne et montait jusqu’à 17% dans la Nièvre. Enfin, la densité des médecins généralistes et sa corrélation éventuelle avec la fréquence des IJ a été , elle aussi, passée à la moulinette, selon les deux présupposés suivants : plus l’offre médicale est abondante, plus le recours aux médecin est facile; et, la concurrence étant alors plus forte entre les médecins, ces derniers seraient aussi moins enclins à dire non aux patients.

Conclusion de l’IRDES : les trois facteurs les plus déterminants pour la consommation d’arrêts de travail sont l’âge d’entrée sur le marché du travail (qui expliquerait 23% des différences interdépartementales), mais surtout la densité de médecins généralistes (28,7%) et la fréquence des contrôles (31,4%). Si l’on en croit l’Irdes, la densité de médecins généralistes continuerait donc d’expliquer le plus ou moins grand recours aux IJ, comme au bon vieux temps de la pléthore médicale des années 80... Le problème dans ce raisonnement est que la carte des plus forts taux de salariés en arrêt de travail ne coincide pas vraiment avec celle des plus fortes densités en médecins généralistes…

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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