Epidémiologie - Le tétanos reste très rare mais toujours aussi redoutable

EpidémiologieLe tétanos reste très rare mais toujours aussi redoutable

31.07.2012

Toxi-infection aiguë sévère, le tétanos a concerné une trentaine de cas en 4 ans selon le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. Un tiers des personnes atteintes sont décédés. Des morts qui auraient pu être évitées si la prévention vaccinale avait été appliquée. Or les experts du BEH soulignent la médiocrité de la couverture vaccinale en France.

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    Le tétanos reste très rare mais toujours aussi redoutable

60 ans après l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale, les cas de tétanos sont rarissimes mais toujours trop nombreux : selon le dernier Bulletin Epidémiologique hebdomaire (BEH), 36 cas seulement ont été recensés sur les quatre dernières années. L’incidence reste stable. Toutefois, même si elle est à déclaration obligatoire, la maladie est sous-notifiée : selon le BEH, seulement 60 % seraient en effet déclarées. 31 % des cas décalrés ces dernières années sont décédés. Des morts qui auraient pu être évitées si la prévention vaccinale avait été appliquée. A noter aussi que les cas de tétanos généralisé recensés entre 2008 et 2011 concernent principalement des personnes âgées (86% ont 70 ans ou plus et l’âge médian est de 82 ans) et dans la grande majorité des femmes (75%).

L’agent de la maladie, le clostidrium tetani, vit dans le sol et se contracte par effraction cutanée. Les blessures sont en cause dans 66,7% des cas de tétanos et les plaies chroniques dans 25% des cas. Dans 8,3% des cas, la porte d’entrée n’a pas été identifiée. Tous les cas étaient non ou mal vaccinés.

Les circonstances de la blessure ont été précisées dans 33 cas. La blessure par du matériel souillé est retrouvée dans 13 cas dont 6 lors de travaux de jardinage. « Le tétanos du rosier » comme on l’apprend à la fac est donc encore bien présent. La chute avec plaie souillée de terre représente 9 cas, une griffure de chat et une morsure de rat sont notifiées dans 1 cas chacune. Une plaie chronique est impliquée dans 9 cas.

Comme le précise le BEH, « la persistance de cas est liée à l’absence de l’entretien de l’immunité dans la population adulte par les injections de rappels ». Le vaccin, très efficace, fait partie des vaccins obligatoires depuis 1952. Chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit trois doses à un mois d’intervalle dès l’âge de 2 mois, un rappel un an plus tard puis tous les cinq ans jusqu’à 18 ans. Chez l’adulte, les rappels sont administrés tous les 10 ans. Pour les adultes non vaccinés durant l’enfance, la primo-vaccination comporte deux doses à un mois d’intervalle, avec un rappel un an après, puis tous les 10 ans. La couverture vaccinale chez l’adulte n’est pas bonne si l’on en croit les rares études ponctuelles dont on dispose. Elle est de 62 à 77 % selon deux enquêtes récentes. Le BEH note aussi que « plus de la moitié des personnes enquêtées ne disposent pas de document attestant de leurs vaccinations. Beaucoup d’adultes ne savent pas où ils en sont de leurs vaccinations.

Dr Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr
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