Un film, un médecin - Knock

Un film, un médecinKnock

16.07.2012
  • Knock - 1

    Knock

Réalisation

Guy Lefranc

Année de réalisation

1951

Scénario

Georges Neveux, d’après la pièce de Jules Romains

Dialogues

Jules Romains

Musique

Paul Misraki

Distribution

Louis Jouvet (Dr Knock)

Jean Brochard (Dr Parpalaid)

Pierre Renoir (le pharmacien Mousquet)

Pierre Bertin (l’instituteur Bernard)

Marguerite Pierry (Mme Pons, la dame en violet)

Yves Deniaud (le tambour de ville)

Mireille Perrey (Mme Rémy)

Jane Marken (Mme Parpalaid)

L’histoire

Le Dr Knock a repris la clientèle du Dr Parpalaid, médecin du petit village de Saint-Maurice dont la clientèle (rare) est composée de montagnards ignorants et pleins de santé. Voulant assurer le triomphe de la médecine qu'il fait passer avant l'intérêt des malades et une cupidité morbide, le docteur Knock qui se rend vite compte qu’il a été dupé par le Dr Parpalaid, fait comprendre à chaque patient qui se presse à ses consultations gratuites, que « tout bien portant est un malade qui s'ignore ». Le résultat ne se fait pas attendre. Tout le village se retrouve au lit, angoissé. L'hôtel est transformé en clinique et même Parpalaid revenu temporairement, repart affolé de son état, après avoir consulté Knock.

Notre avis

Ce troisième film de Guy Lefranc qui tourna la même année « Une histoire d’amour » avec Louis Jouvet est un remake du film réalisé par Roger Goupillières et Louis Jouvet en 1933. Cette première version était une adaptation de ka pièce éponyme de Jules Romains créée en 1922. Avouons que cette resucée très théâtrale ne vaut pas l’original mais elle mérite quand même le détour pour Jouvet, une fois encore grandiose et qui en impose avec ses mimiques, sa voix, sa stature qui le rendent totalement crédible en médecin cupide imposant le respect à ses malades imaginaires. Du grand art. Et si ça vous chatouille, regardez cet autre extrait...

Derrière le personnage de Knock

La satire des médecins a toujours été de tradition dans la littérature française depuis le Moyen âge, avec Le Vilain Mire, jusqu’à nos jours en passant par Le Malade imaginaire et Le Médecin malgré lui de Molière. Leur jargon, leur pédantisme et leur inefficacité ont fait le bonheur de bien des auteurs, à commencer par Jules Romains avec sa farce en trois actes, « Knock ou le triomphe de la médecine ». Cette fois-ci aux « tares» habituellement caricaturées par les littérateurs en tous genres, Romains a ajouté le mercantilisme. N’oublions pas que Knock avant d’être médecin a fait ses débuts dans le négoce des cravates et de l’arachide. Quand il explique : « J’estime que, malgré toutes les tentations contraires, nous devons travailler à la conservation du malade », cela veut bien dire qu’il entretiendra les maladies de ses patients, source de fructueux revenus. Knock; en avance sur son temps, a également le sens de la publicité, utilisant les services du garde-champêtre local pour appâter le chaland avec des consultations gratuites... Et, en quelque sorte, le nouveau médecin de Saint-Maurice se révèle un pionnier du réseau de soins ayant bien compris que sa réussite ne peut être qu’un travail de groupe où chacun a sa place : l’instituteur, le pharmacien, l’hôtelière... En résumé, Knock est plus un psychologue avisé et un comédien de génie qu’un bon médecin, sa science lui venant principalement de la lecture des notices des boîtes de médicaments.

Jules Romains a voulu, avec Knock, dénoncer l’asservissement des foules aux mirages scientifiques et publicitaires à travers ce portrait de praticien sans scrupules qui joue sur les peurs ataviques de ces patients et qui se croit investi d’une mission sociale, voulant « mettre toute une population au lit pour voir ».

Louis Jouvet, le théâtre et le cinéma

Louis Jouvet préférait le théâtre au cinéma. Raison pour laquelle il a souvent joué des adaptations théâtrales au cinéma: « Volpone » avec Harry Baur et Charles Dullin, et « Knock », par deux fois, à 17 ans d'intervalle. Sa passion du théâtre l'a également poussé à jouer dans « Entrée des artistes » de Marc Allégret, film où il joue son propre rôle de professeur de théâtre au Conservatoire, presque un reportage sur l'art de Jouvet. Dans « La Fin du jour » de Julien Duvivier, il incarne un acteur de théâtre complètement habité par ses personnages et qui, confondant réalité et fiction, sombre dans la folie,. Enfin, dans «Miquette et sa mère » de Clouzot, il joue le pittoresque Monchablon, « grand premier rôle en tous genres », directeur d'une troupe de théâtre ambulant.

Source : Legeneraliste.fr

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