Grippe - La vaccination anti-grippale s’essouffle

GrippeLa vaccination anti-grippale s’essouffle

12.06.2012

La couverture vaccinale contre la grippe régresse dans l’Hexagone. Selon le GEIG, elle a baissé de 10% l’an passé chez les plus de 65 ans et de 26% chez les personnes à risques. Pour les personnes âgées, insuffisants respiratoires ou asthmatiques, on est loin des objectifs de santé publique fixés par les autorités sanitaires. Maigre consolation : la France n’est pas la seule à pâtir de ce relachement.

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    La vaccination anti-grippale s’essouffle

Seulement 23,4 % de la population de plus de 15 ans a été vaccinée contre la grippe cette année. « Il y a une diminution régulière mais significative du taux de vaccination depuis deux ans » a indiqué mardi le Pr Bruno Lina (GEIG, Groupe d'expertise et d'information sur la grippe) en faisant le bilan de la vaccination anti-grippale de l’hiver dernier. En pratique, on a constaté une baisse de 3 % depuis l’année dernière selon l’étude Kantar Health sur un échantillon représentatif de 4717 personnes. La tendance n’est pas franco-française mais touche l’ensemble de l’Europe, elle semble donc peu imputable à l’effet « pandémie H1N1 », à l’origine d’une forte polémique en France. Dans la tranche d’âge des plus de 65 ans, le recul est de 10 % soit seulement 62 % de la population-cible vaccinée, loin de l’objectif de santé publique de 75 %. Cette année a été pourtant marquée par des flambées épidémiques chez les personnes âgées en institution. Occasion pour les autiorités sanitaires de noter que le personnel soignant reste peu vacciné: « un professionnel de santé sur 4 déclare s’être fait vacciné» selon le Pr Lina.

Chez les personnes à risques, la situation n’est pas meilleure, bien au contraire. Chez les moins de 65 ans souffrant de BPCO, la vaccination anti-grippale a diminué de 15 %, soit à peine la moitié de cette population-cible vaccinée. En pédiatrie, les enfants asthmatiques subissent aussi cette même désaffection envers la vaccination anti-grippale. « On a fait un grand pas en arrière chez l’ensemble des personnes à risque» a constaté le Pr Lina. Le taux de couverture vaccinale dans cette population a chuté de 26 % entre l’hiver 2009/2010 et l’hiver 2011/2012. Quant à la stratégie de cocooning censée protéger les très jeunes enfants, elle est complètement à la traîne.

Une fausse perception de protection

Un des freins à la vaccination a été une fausse perception de protection, car le vaccin de l’hiver 2011-2012 était le même que celui de l’année précédente. « Les gens ont pensé qu’il n’avaient pas besoin d’être revaccinés » a expliqué le Pr Lina. Il a également indiqué que les personnes âgées devaient être revaccinées chaque année compte tenu de l’immunosénescence qui correspond à une baisse des fonctions immunitaires due au vieillissement. « La revaccination n’amplifie pas la réponse mais permet de restimuler la composante cellulaire protectrice » a précisé l’expert.

Parmi les leviers pro-vaccinaux, la réception du bon de prise en charge gratuite, ainsi que l’information des personnels de santé sont des éléments incitatifs qui fonctionnent. Selon l’étude, 46 % des personnes vaccinées disent avoir été incitées par les conseils d’un professionnel de santé, dont 42 % par leur médecin.

Côté futur, la perspective d’un vaccin par voie nasale s’éloigne, du moins en France où il ne devrait pas être commercialisé dans l’année à venir. Ce mode d’administration est particulièrement efficace en pédiatrie,mais ne marche pas bien chez les personnes âgées. Dans les pays où les deux vaccins (nasal et injectable) coexistent, « il y a un équilibre qui s’est instauré » conclut le Pr Lina.

Dr Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr
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