Génériques - Les généralistes jouent le jeu de la substitution

GénériquesLes généralistes jouent le jeu de la substitution

06.06.2012

La polémique enflait entre les industriels du Gemme et la CSMF, à propos du pourcentage de prescriptions contenant la mention « non substituable » (NS). Les derniers chiffres officiels de la Sécu, publiés ce mercredi, sont venus l’étouffer dans l’oeuf. Pour la Cnamts, dans la répartition génériques vs princeps, les généralistes respecteraient les possibilités de substitution ouvertes aux officinaux à l’intérieur du répertoire.

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    Les généralistes jouent le jeu de la substitution

Les médecins généralistes sont-ils aussi rétifs qu’on le dit à prescrire des médicaments génériques ? Et abuseraient-ils de la mention « non substituable » (NS) lorsqu’ils rédigent leurs ordonnances ? Les derniers chiffres publiés par l’Assurance maladie ce mercredi semblent prouver le contraire. Contrairement à ce qui se dit parfois, 12 ans après l’entrée en vigueur de la susbtitution chez le pharmacien, les médecins seraient franc jeu et n’apposeraient, la mention « non substituable » (NS) que sur 4,8 % de leurs ordonnances, et encore pas forcément sur toutes les lignes. Plus précisément, les résultats de l’étude que la CNAMTS vient de dévoiler montrent que le taux de NS à la ligne de produit (pour chaque médicament inscrit sur l’ordonnance, NDLR) s’élève seulement à 4,2 %. Un chiffre qui témoigne, au final, d’une utilisation assez peu fréquente parmi les médecins de cette mention.

Ce taux varie légèrement quand on mesure le phénomène en nombre de boîtes de médicaments délivrées (4,4 %) mais reste tout de même en dessous de 5 %, selon l’étude qui portait sur un échantillon de 12 000 ordonnances. Le taux s’effondre enfin à 2,6 % quand il s’agit de repérer les ordonnances portant systématiquement la mention NS sur toutes les lignes. La preuve est donc faite que les médecins généralistes sont finalement peu adeptes de l’abus du "NS"... D’ailleurs, si on scrute à la loupe l’ordonnance du médecin, parmi les 35 molécules les plus fréquemment délivrées, le taux de NS est de 4 %. Même s’il varie sensiblement en fonction de la molécule: de 0,8 % seulement pour l’ibuprofène, jusqu’à 12,6 % pour le générique du Plavix. Trois autres molécules enregistrent un taux de NS supérieur à 8 % : il s’agit d’un antiseptique local, du générique du Lexomil et de celui du Levothyrox. Pour ce dernier médicament, le taux élevé de NS n’est pas anodin et s’explique par une mise en garde formulée par l’Afssaps en 2010.

Par ailleurs, la carte de France des prescripteurs est loin d’être homogène. Bons élèves, les Pays-de-Loire et la Bretagne n’enregistrent un taux de NS que de (1,4 %) et de (1,5 %) respectivement, tandis qu’en Basse-Normandie, celui-ci s’élève à 8,3 %. Des disparités régionales qui montrent que les habitudes de prescription ne sont pas uniformes.

Reste que dans l’ensemble, les médecins de famille jouent plutôt le jeu de la substitution. Et après la mise au point de la Sécu, la polémique sur le sujet semble close. En début de semaine le Gemme, estimait en effet -sur la foi d’un récent sondage BVA qu’avait commandé cette asociation regroupant les industriels du générique- que les généralistes utilisaient la mention « non substituable » (NS) pour 22 % de leurs prescriptions. Furieuse, la CSMF avait immédiatement réagi. Son président Michel Chassang n’appréciant guère la suggestion faite par les industriels du générique aux pouvoirs publics « d’encadrer strictement l’usage excessif de la mention « NS », il assurait d’ailleurs que les chiffres avancés étaient faux. La sécu a donc tranché plutôt dans son sens.

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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