Présidentielles spécial second tour - Sarkozy: ses choix «pour conserver une médecine solidaire»

Présidentielles spécial second tourSarkozy: ses choix «pour conserver une médecine solidaire»

04.05.2012

Le président-candidat a accepté de répondre le 13 avril aux questions de six lecteurs du « Généraliste ». Nicolas Sarkozy défend son bilan et entend montrer qu’il a fait bouger les curseurs. Multiplication des maisons de santé, diversification de la rémunération, maîtrise des dépenses de santé, stages en ville... Il revendique tous ces chantiers et les assume.

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    Sarkozy: ses choix «pour conserver une médecine solidaire»

Après avoir accordé mi-janvier une interview au Généraliste, Nicolas Sarkozy, interrogé par six praticiens de terrain en avril leur a donné des précisions concernant notamment le chantier de la médecine générale. Occasion notamment de revendiquer les changements de ces denrières années sur les maisons de santé ou le paiement à la performance et d’annocner qu’il entend amplifier ce mouvement.

Dr Catherine Freydt : « Je redoute d’envoyer mes patients aux urgences... Quelles solutions voyez-vous pour réduire les délais d’attente et améliorer l’accueil des urgences non vitales ?»

Nicolas Sarkozy. Le nombre de passage aux urgences a considérablement augmenté ces dernières années. En 2011, c’est plus de 16 millions de passages et ce nombre continue d’augmenter. Cette croissance n’est pas tenable. Les urgences sont devenues, dans un certain nombre de cas, le premier recours, ce qui n’est pas la mission prioritaire des urgences. Je souhaite travailler sur ce sujet de trois manières : le premier est d’assurer une meilleure organisation des urgences. J’ai pu constater que certains services d’urgences s’étaient organisés avec des filières courtes, des procédures pour avoir une vision des lits d’aval, une gestion attentive des flux. Dans ces urgences, on ne voit plus de patients qui attendent sur des brancards pendant des heures. Je pense qu’une meilleure organisation des urgences est nécessaire et je souhaite que les ARS, en liaison avec les directions d’établissements et les équipes médicales, travaillent ensemble et partagent les bonnes pratiques organisationnelles ; je souhaite également travailler en amont des urgences. Il faut une meilleure permanence des soins ambulatoires, je souhaite pour cela que les libéraux s’engagent ; enfin, je souhaite que l’on puisse mettre dans ou à proximité des urgences des maisons de santé où des médecins libéraux pourraient exercer et désengorger les urgences. Certains projets se développent avec succès, je souhaite amplifier cette dynamique.

Dr Christian Lehmann : « Ces dernières années, des franchises sur les soins, qui n’ont rien de médicales, ont été inventées dans le but de « responsabiliser » le patient avec, pour conséquence, le recul de l’accès aux soins. Dans le même temps, on a décrété que certaines maladies ne l’étaient plus, comme l’HTA, sortie des Affections de Longue Durée… Le président qui viendra continuera t-il dans cette direction ?

Nicolas Sarkozy. Les dépenses de santé augmentent, mais il ne faut jamais oublier que la santé est financée par la solidarité nationale. Cela justifie une nécessaire responsabilité de chaque acteur, patients, professionnels de santé et responsables politiques. Depuis 2007, le taux de prise en charge par l’Assurance-maladie n’a pas varié, se maintenant à 75%. Notre système demeure l’un des plus généreux du monde. Sur les deux dernières années, nous avons respecté l’objectif national des dépenses de santé. Ce n’était jamais arrivé. Sous le gouvernement socialiste, on votait des ONDAM à 3,5% et on faisait 7-8% de dépenses en creusant les déficits. J’assume notre politique. Si nous voulons conserver un système solidaire et continuer à financer notre système de santé, il faut faire des choix. Le nôtre repose sur l’efficience, chaque euro doit être bien utilisé.

Dr Christine Regimbart : « Le médecin généraliste reste largement rémunéré à l'acte mais de nouveaux modes de paiement émergent. Faut-il, selon vous, poursuivre cette diversification. Et dans quelle direction ??»

Nicolas Sarkozy. Oui, il le faut. On voit bien que la rémunération à l’acte n’est pas la plus performante pour les patients qui présentent des maladies chroniques, pour faire de la prévention ou de l’éducation thérapeutique. Il faut donc continuer à diversifier les modes de rémunération.

Dr Alice Perrain : « La médecine ambulatoire change de visage et doit être repensée, mais les jeunes médecins sont mal représentés dans les instances décisionnelles. Comptez-vous les impliquer ? Et que prévoyez-vous pour rendre l’exercice libéral plus attractif ?? »

Nicolas Sarkozy. Je pense que la médecine a changé et que les aspirations des jeunes médecins ont changé, l’exercice libéral seul, isolé, n’est plus la règle. Lors des Etats généraux de l’offre de soins en 2008, les internes et les externes étaient présents. On a pu mesurer leur vision du système de santé et leurs souhaits. Je souhaite effectivement davantage les impliquer, mais il faut aussi qu’ils veuillent s’impliquer davantage. La médecine libérale est importante pour la France, c’est pourquoi nous avons travaillé sur la formation universitaire avec des professeurs non plus seulement à l’hôpital, mais en ville, sur la multiplication des terrains de stage, le développement des maisons de santé pluridisciplinaire, les contrats d’engagement de service public, la revalorisation de la médecine générale en spécialité, la création des sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA, ndlr), la diminution des tâches administratives, les nouveaux modes de rémunération… Notre système de santé change, l’explosion des maladies chroniques et le vieillissement de la population doivent nous conduire à revoir l’organisation des

filières de prise en charge. La médecine libérale aura tout son rôle.

Dr Pascal Gendry :« Quels moyens donner aux maisons de santé, souvent évoquées dans cette campagne ? Les nouveaux modes de rémunération sont une condition sine qua non pour qu’elles apportent une valeur ajoutée en matière de prévention, d’éducation thérapeutique ou de coordination des soins. Êtes-vous partisan de les pérenniser et les généraliser  ? »

Nicolas Sarkozy. Oui. Je souhaite amplifier notre politique sur les maisons de santé et sur les nouveaux modes de rémunération. Les dépenses d’assurance-maladie vont augmenter, avec un ONDAM à 2,5 % comme je le souhaite, de 4 milliards d’euros par an, chaque année jusqu’en 2017. Dans cette enveloppe, le développement des maisons de santé aura toute sa place.

Dr Olivier Wong : « Peut-on espérer un jour mettre en place un modèle plus motivant pour le médecin généraliste qui verrait celui-ci encadrer une petite équipe de professionnels de santé salariés comme cela se passe dans les pays du Nord de l’Europe ? »

Nicolas Sarkozy. Oui. Nous avons créé les sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires pour cela. Nous avons rendu possible les coopérations interprofessionnelles. C’est une forme de réponse à l’évolution des prises en charge et aux problèmes de démographie médicale. Sur ces sujets, je suis pragmatique, je ne souhaite pas appliquer un modèle partout de manière uniforme, je suis là pour offrir les possibilités aux professionnels de trouver le bon modèle au bon endroit.

Dr Pascal Gendry : «?Les 250 hôpitaux locaux fonctionnant avec des généralistes libéraux voient leurs lits de médecine fermer les uns après les autres, éloignant ainsi, l’offre de soins hospitalière de premiers recours dans des territoires souvent pauvres en offre de soins. Que proposez-vous pour soutenir ces structures ??»

Nicolas Sarkozy. Ce ne sont pas les structures qui importent, mais le service rendu à la population sur un territoire. Chaque territoire est différent et les Agences Régionales de Santé, que nous avons créées, doivent trouver les solutions les plus adaptées à chaque territoire. Cela veut dire que certains hôpitaux locaux peuvent être amenés à conserver leur rôle, et d’autres se reconvertir. Les hôpitaux locaux doivent générer des coopérations territoriales. Un hôpital local doit établir un projet médical sur un territoire, créer des filières de soins, avoir une démarche qualité, et engager des mutualisations.

Source : Legeneraliste.fr

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