Maternité - Avec Prado, la Cnam lance l’accouchement express

MaternitéAvec Prado, la Cnam lance l’accouchement express

28.12.2011

Rester moins longtemps à la maternité et bénéficier d’un suivi médical chez soi serait le souhait de la plupart des mamans, selon la CNAM. Expérimenté dans plusieurs départements, Prado (projet d’aide au retour à domicile) devrait être très prochainement étendu au reste du pays. Sous l'oeil vigilant des sages-femmes... Et dubitatif de certains généralistes qui se disent « écartés du projet »

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    Avec Prado, la Cnam lance l’accouchement express

Elles rêveraient toutes d’un accouchement à la Rachida Dati... En partant du constat que la durée des séjours à la maternité diminue, la CNAM assure vouloir, à travers un nouveau dispositif appelé Prado, « mieux accompagner le retour à domicile » des femmes. Si ce projet permettra désormais aux mères qui le souhaitent de rentrer chez elles deux jours seulement après leur accouchement, contre quatre en temps normal, il permettra aussi aux Caisses, en diminuant de moitié le temps d’hospitalisation post-partum, de réaliser des économies.

Expérimenté d’abord dans trois, puis étendu cette année à huit départements français (Yvelines, Gard, Var, Alpes-Maritimes, Maine-et-Loire, Rhône, Bas-Rhin, Isère), Prado devrait être « généralisé de façon progressive à partir de 2012, d'abord dans 26 départements », selon l’Assurance maladie. Interrogé mardi sur RTL sur une éventuelle généralisation du dispositif, Xavier Bertrand avait pourtant répondu : « on n'en est pas encore là ».

Ce qui est certain, pour l’instant, est que Prado ne sera pas destiné à toutes les femmes. Il fonctionnera sur la base du volontariat et ne concernera que les patientes majeures dont l’accouchement s’est bien passé. En sont écartées les grossesses à risque, de même que les naissances gémellaires. Exclues, en outre, du dispositif toutes les femmes qui auront eu des problèmes de cicatrisation, d’allaitement et, bien évidemment, celles ayant accouché par césarienne. Celles concernées, recevront la visite, à la maternité, d’un représentant de la Caisse qui leur présentera une liste de sages-femmes libérales (elles sont 3 500 en France) qui pourront les accompagner une fois de retour chez elles, mais « la décision de sortie est toujours prise par l'équipe médicale », a précisé une responsable de la CNAM. La sage-femme réalisera ensuite « une à deux visites », au domicile, en post-accouchement.

« La course au comblement des déficits a des limites » s’était offusqué, il y a quelques semaines Jean-Paul Hamon, pendant une conférence de presse. « Si, à J +2 les femmes étaient déjà, de façon ponctuelle et en concertation avec le personnel hospitalier, rapatriées, elles l’étaient dans le cadre d’une hospitalisation à domicile ! Là c’est différent : ça se fait au mépris de la santé des gens dans une période de fragilité particulière tant pour la mère que pour l’enfant » s’alarmait le leader de la FMF tout en déplorant que les médecins généralistes aient été « écartés du projet ».

Après l'avoir boycotté dans un premier temps, les syndicats de sages-femmes libérales se sont finalement ralliés au projet. Pour Elisabeth Tarraga, secrétaire adjointe de l'ONSSF (Organisation nationale des syndicats de sages-femmes), il est néanmoins important que Prado reste « facultatif ». « À long terme, il s'agit aussi d'uniformiser les prises en charge sur les territoires et sans doute de raccourcir les séjours à la maternité » a-t-elle expliqué. « Il s'agit aussi de contourner le recours de plus en plus fréquent à l’hospitalisation à domicile, un dispositif coûteux pour l'Assurance maladie et normalement réservé aux cas pathologiques », a souligné de son côté Jacqueline Lavillonnière, présidente de l'Union nationale syndicale des sages-femmes (UNSSF). Pour fixer le cadre de leurs interventions et revoir leurs honoraires « un avenant à la convention des sages-femmes va être signé dans les prochains jours » avec les syndicats, a précisé la CNAM.

Pour l’heure, le dispositif semble rencontrer un certain succès auprès des nouvelles mamans : selon l’Assurance maladie, 4 000 femmes auraient d'ores et déjà adhéré au dispositif : « huit femmes sur dix auxquelles nous l'avons proposé l'ont accepté et 87 % d'entre elles se déclarent tout à fait satisfaites de cette solution ».

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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