Santé publique - Prothèses PIP : 30 000 femmes en attente d’une décision

Santé publiqueProthèses PIP : 30 000 femmes en attente d’une décision

21.12.2011

Faut-il ou non recommander à toutes les femmes porteuses de prothèses mammaires PIP de procéder à leurs extractions ? Tout porte à croire que la décision du gouvernement, attendue vendredi, ira dans ce sens. La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse a déjà annoncé la prise en charge par la Sécurité sociale du coût des opérations d’explantation des prothèses.

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    Prothèses PIP : 30 000 femmes en attente d’une décision

«Faut-il recommander aux femmes de se faire retirer leurs prothèses ?». Dans les couloirs du ministère de la Santé, la question est sur toutes les lèvres, avant que Xavier Bertrand n’annnonce la décision vendredi. On attend encore les derniers résultats de l’expertise collective coordonnée par l’Inca (Institut national du cancer) pour officialiser la marche à suivre. «Il n’y a pas de risque imminent, ce n’est pas une question d’heures, de jours, de mois (...), la mesure que nous prenons, c’est une mesure de prevention», a expliqué mardi la secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra. «Si les recommandations de l’Inca nous disent qu’à ce stade il n’y a pas d’autres risques avérés, on s’en tiendra là. Si jamais les recommandations nous disent que, par mesure de précaution, il vaut mieux explanter, on le fera», a précisé le ministère de la Santé.

Le même jour pourtant, la présidente de l’Institut national du cancer, Agnès Buzyn, citée par Libération, penchait plutôt pour le retrait de tous les implants mamaires PIP. Invité sur le plateau de LCI mardi, la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse estimait que dans ce cas de figure, l’opération serait prise en charge par la Sécu. «S’il y a urgence sanitaire et de santé publique, les opérations nécessaires pour retirer ces implants seront à la charge de la Sécurité sociale», a-t-elle dit.

De leur côté, plusieurs organisations professionnelles de chirurgie plastique ont déjà recommandé le retrait des implants PIP. Un retrait indispensable aussi pour le Pr Laurent Lantieri, membre du comité de suivi. «On sait que le gel est défecteux, on sait que les implants ont un risque de se rompre, que cela peut avoir des effets néfastes sur le sein, donc il faut les retirer». Cependant, «ces prothèses ne vont pas se rompre entre Noël et jour de l’An. On a un peu de temps», a-t-il ajouté. Pour le Professeur Lantieri, l’opération est non seulement nécessaire, mais aussi faisable : selon lui, les 30 000 implants défectueux pourraient être rétirés «d’ici six mois».

Alors qu’aucune décision n’a encore été prise, certains s’interrogent déjà sur l’organisation des opérations. Pour le Pr Lantieri, l’hôpital public devra se mobiliser pour prendre en charge les patientes qui ne pourront pas l’être par le chirurgien qui avait procédé à l’implantation des prothèses. Si le ministère de la Santé a confirmé la prise en charge des «frais médicaux et chirurgicaux liés à l’explantation (échographies, analyses, retrait de l’implant, examens de contrôle postopératoire)», en cas de pose d’une nouvelle prothèse, seules les femmes qui relèvent d’une reconstruction après chirurgie du cancer du sein seront remboursées.

Jusqu’à ce jour, les autorités sanitaires recommandent aux femmes porteuses d’implants PIP de «consulter leur chirurgien ou médecin traitant» pour réaliser des examens cliniques et radiologiques appropriés. Il est aussi recommandé de «discuter» avec les femmes concernées d’une «explantation préventive de la prothèse même sans signe clinique de détérioration de l’implant». Depuis les premières alertes émises en mars 2010 par l’Afssaps, 523 femmes ont décidé de se faire retirer leurs implants PIP.

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr
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