Cancer du sein - Haro sur les mammos !

Cancer du seinHaro sur les mammos !

15.12.2011

Un article publié dans le British Medical Journal sème une nouvelle fois le doute sur le bien fondé du dépistage du cancer du sein. Selon ses auteurs, le dépistage par mammographie à partir de 50 ans n’apporterait pas de bénéfice dans les 10 années qui le suivent. Cette nouvelle charge contre la mammographie ne fait pas l’unanimité parmi les oncologues. Certains soulignent les biais de l’étude du BMJ.

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    Haro sur les mammos !

« Le dépistage du cancer du sein pourrait faire plus de mal que de bien ». Tel est le titre provocateur d’une étude publiée dans le British Medical Journal du 8 décembre, qui remet donc clairement en doute l’intérêt de ce dépistage.Cette étude est une nouvelle analyse du rapport Forrest, réalisé en 1986 (chez des femmes de 50 ans ou plus participant au dépistage du cancer du sein au Royaume Uni), mais incluant des données qui n’étaient pas disponibles à l’époque, comme le sur-diagnostic et les faux positifs. Bien entendu, le bénéfice du dépistage sur la qualité de vie s’en trouve réduit. Mais de beaucoup : la conclusion finale est une absence de bénéfice dans les 10 années qui le suivent, car la perte de qualité de vie liée aux surdiagnostics et aux surtraitements l’emporterait sur le gain de mortalité lié aux cancers dûment dépistés (gain estimé à 15%). Le rapport bénéfice risque devient ensuite légèrement positif au-delà.

Toutefois, cette étude comporte des biais : « il est très difficile d’estimer précisément le risque de surdiagnostic aujourd’hui, » avance le Dr Corinne Balleyguier (Institut Gustave Roussy, Villejuif). De plus, en 1986, le recours à la chirurgie était beaucoup plus fréquent, pour des tumeurs qui, aujourd’hui, avec les progrès, ne sont plus opérées. On ne peut pas nier l’existence de surdiagnostics, qui sont un inconvénient inhérent au dépistage. Toutefois, les changements de pratiques, qui ont été considérables entre 2000 et 2005, ont permis de les limiter. «Auparavant, toutes les femmes dont la mammographie était douteuse passaient en chirurgie pour biopsie, explique le Dr Brigitte Séradour (Radiologue, Marseille et Coordinateur du Programme de dépistage des cancers du sein des Bouches du Rhône). Aujourd’hui, c’est loin d’être le cas : lorsqu’il y a une suspicion à la mammographie, une échographie est réalisée dans la foulée (d’où un temps d’anxiété réduit), puis, si le doute persiste, on prendra alors rendez vous pour un prélèvement à l’aiguille dans la majorité des cas. Celui ci est réalisé sous anesthésie locale et est beaucoup moins traumatisant qu’une biopsie sous anesthésie générale. Enfin, on peut avoir recours à la biopsie si besoin. Mais en procédant désormais de cette façon, on compte seulement entre 0,6 et 0,7 % des femmes dépistées qui seront opérées». Dans ce contexte, les avantages du dépistage sont bien supérieurs à l’impact négatif des opérations inutiles. Mais la guerre entre les «pro» et «anti-dépistage» est, quant à elle, belle est bien déclarée.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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