Etude - Sida : les jeunes moins informés que leurs aînés

Etude Sida : les jeunes moins informés que leurs aînés

28.11.2011

Les Français ont une assez bonne connaissance du Sida, mais une fraction non négligeable d’entre eux fonctionne avec des représentations erronées de la maladie. Curieusement, les jeunes paraissent moins bien informés que la moyenne de la population. L’enquête que révêle l’ANRS à la veille de la Journée mondiale du Sida montre néanmoins qu’ils sont favorables à une extension du dépistage.

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    Sida : les jeunes moins informés que leurs aînés

Une simple piqûre de moustique ! Trente ans après la découverte des premiers cas de sida, un quart de nos concitoyens croient encore que le virus peut se transmettre ainsi. Une étude inédite rendue publique à quelques jours de la Journée mondiale du Sida par l’Agence nationale de Recherche sur le Sida (ANRS)montre en effet que 25% d’entre eux ont des représentations franchement erronées sur le mode de transmission de la maladie. L’enquête réalisée sur les connaissances, les attitudes, les croyances et les comportements (KABP) face au VIH a portée sur un échantillon de près de 26 500 individus âgés de 18 à 69 ans depuis 1992. Parmi les 8 600 Franciliens interrogés, 17% pensent qu’il est possible d’être contaminé par le virus « dans les toilettes publiques » ou encore « en buvant dans le verre d’une personne contaminée » (6%). Des chiffres qui démontrent que l’information diffusée sur le VIH reste insuffisante, surtout chez les jeunes.

Curieusement, ce sont les 18-30 ans qui -c’est une première en 2010- maîtrisent le moins bien les mécanismes de transmission et de protection du virus. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à penser que la transmission du VIH est possible lors de rapports sexuels avec un préservatif. Et d’une manière générale, ils connaissent mal cette maladie. 14% d’entre eux disent connaitre une personne séropositive. Seuls 12% des jeunes franciliens accepteraient d’avoir des rapports sexuels protégés avec une personne séropositive, contre 20% des plus âgés. Méconnaissance sur la prévention, mais aussi sur les traitements. En 2004, ils étaient 66% à déclarer connaître l’existence des antirétroviraux contre 59% aujourd’hui.

Même s’ils sont mal informés sur le VIH, les jeunes semblent demandeurs d’informations. Peut-être faut-il interpréter ainsi leur attitude favorable au dépistage. Alors que le dépistage n’est obligatoire en France que pour les dons volontaires (sperme, sang…), en Île-de-France, 55% des 18-30 ans seraient favorables à ce qu’il le soit pour toute la population. Concernant ses modalités, le médecin pourrait avoir un rôle central. 16% des Franciliens et Franciliennes ont fait le test après proposition d’un médecin. 27% l’ont fait sans raison particulière et 19% après l’abandon du préservatif. Ils sont également 80% à se déclarer prêts à accepter de se faire dépister lors de leur prochaine visite chez le médecin.

Le Sida fait moins peur que le cancer

Enfin, trois quarts des hommes et des femmes déclarent qu’ils se dépisteraient plus facilement « s’il existait un test à faire soi-même à domicile avec un résultat immédiat ». Aujourd’hui, seuls le Trod (Test d’orientation et de diagnostic) permet d’obtenir un diagnostic de séropositivité en 30 minutes après prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt. Le champ des personnes habilitées à le réaliser a été élargi il y a un an. Et sa fiabilité a récemment été prouvée par une étude réalisée au Centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) de Saint-Antoine à Paris entre janvier 2010 et janvier 2011, publiée la semaine dernière par le Bulletin épidémiologique Hebdomadaire (BEH).

Reste que si les Français sont partisans du dépistage, le Sida leur fait de moins en moins peur. C’est un autre enseignement de cette "enquête sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH". Seuls 27% des Franciliens déclarent craindre "beaucoup ou pas mal le sida". C’est moins que le cancer et les accidents de la circulation. Depuis 1994, le nombre de Franciliens déclarant craindre beaucoup le Sida est donc en baisse constante, passant de plus de 40% en 1994 à moins de 30% dans cette dernière enquête.

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr

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