Campagne contraception - La pilule est-elle bien adaptée aux Françaises ?

Campagne contraceptionLa pilule est-elle bien adaptée aux Françaises ?

26.10.2011

Paradoxe français : les Françaises ont majoritairement recours à la pilule, et pourtant, une grossesse sur trois est non désirée. Dans ce contexte, l’Inpes et le Ministère de la Santé lancent le 28 octobre une campagne sur la contraception, auprès des femmes de 20 à 35 ans. Objectif : que ces femmes s’interrogent pour savoir si leur mode de contraception est bien adapté à leur situation et si tel n’est pas le cas, leur signaler que d’autres moyens contraceptifs, plus sûrs pour elles, existent.

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    La pilule est-elle bien adaptée aux Françaises ?

Les Françaises ont massivement recours à la contraception. Selon le baromètre 2010 de l’Inpes, 90% des femmes sexuellement actives et ne cherchant pas à avoir un enfant en utilisent une. Pourtant, «le taux de grossesse non désirée reste élevé (1 sur 3), notamment chez les femmes sous pilule : 21%», regrette Nora Berra à l’occasion du lancement de la campagne contraception de l’Inpes le 26 octobre. Conséquence : on dénombre encore trop d’IVG dans notre pays.

Pilule : fréquement utilisée mais trop oubliée

A l’origine de ce paradoxe, sans doute : une mauvaise utilisation de la pilule et des oublis. Cette méthode reste le moyen contraceptif le plus utilisé en France. En effet, 55,5% des françaises, - et près de 71% des moins de 35 ans - déclarant utiliser une méthode contraceptive y ont recours. Son usage diminue avec l’âge au profit du DIU, mais reste majoritaire jusqu’à 54 ans. Quant aux autres moyens : implant, patchs, anneau et injection de progestatifs, leur utilisation reste anecdotique (4,7% des femmes). Enfin, en ce qui concerne la contraception d’urgence, elle pâtit d’une méconnaissance de son délai réel d’efficacité. «Il semble que le terme un peu trompeur de "pilule du lendemain" dissuade une partie des jeunes femmes de l’utiliser lorsque le rapport sexuel non ou mal protégé est considéré comme "trop loin" du lendemain"», évoque la secrétaire d’Etat à la Santé. Conclusion : chez les femmes de 20-24 ans ayant oublié leur pilule, la prise de contraception d’urgence n’a lieu que dans 42,3% des cas. Il est donc utile de rappeler que le délai d’action est de 3 jours pour le lévonorgestrel délivré avec ou sans ordonnance et de 5 jours pour l’ulipristal acétate ou le DIU au cuivre, disponibles sur ordonnance.

Dans ce contexte, la pilule est-elle donc vraiment adaptée au mode de vie des Françaises? En situation courante, en effet, l’efficacité de la pilule - qui est biologiquement de 99% - passe à 92%. Car la vie sociale affective des femmes n’est pas toujours linéaire, la sexualité devient parfois irrégulière, ou le mode de vie au quotidien est peu compatible avec la vigilance qu’impose la prise quotidienne d’une contraception orale… L’Inpes précise donc au médecin qu’il est « important de s’attarder sur l’adéquation entre le contraceptif et le mode de vie de la patiente ou du couple et de réinterroger ce choix en cas de modification du mode de vie ou de difficultés importantes ».

Campagne "à chacun sa contraception"

Face à cette situation, l`INPES et le ministère du Travail de l’Emploi et de la Santé lancent le 26 octobre une campagne qui interpelle les femmes de 20 à 35 ans sous contraceptif oral. «L’objectif est d’amener les femmes à s’interroger sur l’adéquation de leur contraception avec leur situation personnelle. Il est important de rappeler qu’hormis la pilule, il existe d’autres moyens de contraception, dont certains sont sans doute plus adaptés à leur mode de vie», avance Norra Berra. Outre la campagne grand public (spots télé, annonce presse), l’Inpes* met gratuitement à disposition des professionnels de santé – notamment les généralistes - une affiche « A chacun sa contraception » à apposer dans la salle d’attente, un document « la contraception : comment mieux la personnaliser ? » et une carte « que faire en cas d’oubli de pilule » à remettre lors de la prescription de pilule. Cette carte, sur laquelle le médecin précisera le nom de la pilule utilisée, le nombre de comprimés placebo par plaquette et le délai entre deux prises au-delà duquel il existe un risque de grossesse, constitue un aide mémoire pratique pour les femmes. Et, «parallèlement à cette effort d’information, d’autres mesures prévues par la loi HPST seront mises en place : «avant la fin de l’année, les infirmières pourront renouveler une contraception orale et les pharmaciens une délivrance de contraceptif (...), et nous avons égalelment demandé à ce que le prix des pilules de deuxième génération minidosées soit abaissé,» dévoile Nora Berra.

*Pour plus d’information sur ces documents, contacter les instances régionales de promotion et d’éducation pour la santé, dont les coordonnées sont disponibles sur le site inpes.sante.fr.
Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr
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