Simplification, installation, convention... - Les impatiences et les coups de gueule de Xavier Bertrand

Simplification, installation, convention...Les impatiences et les coups de gueule de Xavier Bertrand

07.10.2011

Xavier Bertrand était vendredi l’invité du CNPS de Michel Chassang. Echanges très libres pendant deux heures avec les libéraux de santé. Le ministre trouve que la simplification administrative patine. Il estime que les ententes préalables et les formulaires ont besoin d’un vigoureux ravalement de façade. Et il menace de reprendre le dossier en main, si les caisses et les médecins ne parviennent pas à avancer davantage.

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    Les impatiences et les coups de gueule de Xavier Bertrand

«La simplification administrative, j’en ai marre ! J’ai l’impression que ça n’avance pas!» Invité vendredi matin du Centre national des professions de santé (CNPS), Xavier Bertrand n’a pas maché ses mots. Pendant près de deux heures, le ministre de la Santé a répondu aux questions des représentants des médecins, kinés, infirmiers, dentistes, pharmaciens, orthoptistes... Et le ministre n’a pas fait dans la dentelle, n’hésitant pas à admonester l’un ou l’autre quand l’état d’un dossier ne le satisfait pas.

Sur la simplification administrative, Xavier Bertrand souvent sec, parfois cinglant, n’a par exemple pas caché son exaspération face à la lenteur de ce chantier et au peu d’imagination, selon lui, du groupe de travail que réunit Jean-Philippe Vinquant sur le sujet depuis le début de l’année 2011. «J’aimerais bien qu’on trouve un peu plus d’idées. Si ça continue, je vais écrire à tous les médecins pour leur demander des idées sur le sujet,» menace le ministre, pour lequel la création d’un numéro de téléphone et d’un interlocuteur unique pour les médecins auprès de sa cpam est un résultat insuffisant. «Je ne suis pas content; ça ne va pas loin et ça n’avance pas,» a t-il ainsi répété, en réponse au généraliste Gérald Galliot, délégué de la CSMF au sein de la commission Vinquant qui lui en dressait le bilan.

Agacé et volontaire, Xavier Bertrand a estimé qu’il y avait un gros travail à faire pour supprimer des ententes préalables inutiles et il a laché que s’il le fallait, «j’imposerai les simplifications nécessaires à l’Assurance maladie». Pour sa part, il entend montrer l’exemple, expliquant qu’il venait de faire sortir tous les formulaires cerfa qui existent dans le périmêtre de son ministère, dans le but de leur faire subir une vigoureuse cure d’amaigrissement.

La liberté d’installation n’est pas négociable

Même vigueur dans le ton concernant le secteur optionnel. Le ministre met en garde contre toute tentative de renégocier les bases définies pendant l’été et surtout lors de l’accord d’octobre 2009. Et de prévenir les médecins spécialistes présents dans l’assistance : «si on rouvre tout, vous ne l’aurez jamais!» A propos des mutuelles dont la colère rend hypothétique un accord définitif sur le secteur optionnel, le ministre a expliqué notamment pourquoi il avait préféré augmenter la taxe sur les contrats des complémentaires plutôt que le ticket modérateur, une dernière solution qui, selon lui, aurait bien plus pénalisée les assurés. Et de souligner au passage les économies dont ont par ailleurs bénéficié les complémentaires ces dernières années, grâce aux déremboursements, baisses de prix et au fort accroissement des bénéficiaires du 100% ALD. On ne la lui fait pas... Prenant le ton de l’assureur qu’il fut il y a quelques années, c’est ce qu’il a laissé entendre en substance, avant de marteler qu’entre «la mauvaise humeur des mutuelles et les intérêts des patients, il n’y a pas photo...»

Enfin, Xavier Bertrand a de nouveau fait entendre sa différence avec l’opposition sur son attachement à la liberté d’installation. «J’assume complètement le fait d’avoir shooté (sic) toutes les mesures coercitives dans la proposition loi Fourcade,» a insisté le ministre de la Santé, se disant convaincu que si on touchait à ce pilier du libéralisme, demain on reviendrait aussi à la liberté d’installation, et après-demain on en arriverait à généraliser le salariat... «Je suis pour la liberté d’installation, mais ausi pour les incitations !» a-t-il poursuivi en vantant notamment les mérites des maisons de santé pluridisciplinaires.

Pour sa part, Michel Chassang s’est félicité du nouveau climat constructif entre le gouvernement et les libéraux de santé depuis le départ de Roselyne Bachelot de l’avenue de Ségur et son remplacement par Xavier Bertrand. « Lorsque je prends la liste des 55 propositions que nous avions présentées, 17 ont été retenues », a noté le président du CNPS. Rappelant néanmoins que 38 autres propositions des libéraux de santé restaient à concrétiser...

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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