Élysée 2012 - Les socialistes s’affrontent sur les déserts médicaux

Élysée 2012Les socialistes s’affrontent sur les déserts médicaux

06.10.2011

Enfin ! Pour leur troisième et dernier débat télévisé, les candidats à la primaire socialiste ont abordé le sujet de la santé. Des divergences assez fortes sont apparues, en particulier sur la question de la liberté d’installation. Martine Aubry et Arnaud Montebourg sont partisans de la manière forte. François Hollande et Manuel Valls se montrent plus libéraux. Jean-Michel Baylet et Ségolène Royal bottent en touche.

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    Les socialistes s’affrontent sur les déserts médicaux

Martine Aubry et Arnaud Montebourg tombent d’accord au moins sur une chose. Interrogés mercredi soir comme les quatre autres prétendants à l’investiture socialiste pour la présidentielle, lors du dernier débat télévisé, ils estiment que les mesures incitatives ne suffisent pas pour attirer les généralistes dans les zones déficitaires. Arnaud Montebourg s’est, en effet, rangé du côté des partisans d’une ligne dure en proposant qu’à « la sortie des études de médecine, il y ait plusieurs années destinées à aider les populations déficitaires » en termes de professionnels de santé. L’élu de Saône-et-Loire a sermonné les médecins, en leur rappelant la mission de « service public » à laquelle ils sont appelés. « La liberté d’établissement ne peut pas nuire à l’égalité des territoires et des citoyens » a-t-il affirmé.

Aubry se montre ferme et volontariste

La maire de Lille qui, en renouant avec le passé, a tenu à se présenter comme « celle qui a redressé les comptes de la Sécu tout en faisant la CMU » a confirmé un positionnement similaire. « Les mesures incitatives, ça ne marche pas » a-t-elle affirmé. Favorable à l’introduction de mesures coercitives concernant la liberté d’installation des médecins, elle a mis en avant le modèle allemand où « des commissions » fixent les endroits interdits à l’installation pour cause de densité déjà importante et donnent la liste des lieux où ils peuvent s’installer. « Au bout de 10 ans, a-t-elle nuancé, les médecins généralistes pourraient choisir leur installation ». L’ancienne ministre des Affaires sociales, qui est aussi présidente du « plus grand hôpital de France », le CHRU de Lille, a, en outre, reproché aux jeunes médecins une certaine forme d’ingratitude vis-à-vis des citoyens français qui « ont payé 10 à 12 ans de leurs études » et de l’Assurance-maladie qui « va rendre solvables tous les clients qui rentrent chez eux ».

Hollande se veut pragmatique

Opposé à cette ligne dure, François Hollande s’est d’abord interrogé sur la possibilité de mettre en place ce type de politique sanitaire. « Vous pensez qu’aujourd’hui on peut obliger quelqu’un à s’installer ? On ne peut pas agir par la contrainte » a-t-il dit. En revanche, le favori des sondages estime que « il faut essayer d’interdire certaines installations, là où il y a des zones de fortes densités médicales ». Nicolas Sarkozy ne proposait d’ailleurs pas autre chose en 2007, lorsqu’il louait les accords qu’avaient conclu en ce sens les syndicats d’infirmiers avec l’Assurance maladie. Partisan de mesures incitatives mais aussi d’une rémunération mixte des professionnels de santé, le président du Conseil Général de Corrèze a suggéré aussi que les médecins soient payés « à la fois à l’acte et avec un forfait », un complément de rémunération « en retour de la mission de service public » de prévention et de PDS qu’ils assument.

« On ne peut pas agir par la contrainte. Il faut créer une mobilisation, un pacte de confiance » a renchéri Manuel Valls, tandis que Jean-Michel Baylet a préféré, lui, positiver en citant l’exemple des maisons de santé pluridisciplinaires de Tarn-et-Garonne qui ont eu, d’après lui, « un certain succès », des jeunes médecins étant venus s’y installer. Ségolène Royal, de son côté, penche pour un mode d’exercice autre que le libéral et propose d’« expérimenter la création de dispensaires où les médecins seraient salariés ». L’ancienne candidate du Parti socialiste à la présidentielle avait d’ailleurs déjà fait cette même proposition en 2007.

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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