Dépistage - Début de campagne (et de polémique) sur le cancer du sein

DépistageDébut de campagne (et de polémique) sur le cancer du sein

28.09.2011

La secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, a lancé ce mercredi le mois de la campagne nationale en faveur du dépistage du cancer du sein intitulé « Octobre rose ». Alors que l’adhésion des Françaises semble un peu marquer le pas, le dépistage systématique est critiqué dans un ouvrage polémique à paraître dans les prochains jours.

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    Début de campagne (et de polémique) sur le cancer du sein

L'édition 2011 d’« Octobre rose », mois de mobilisation en faveur du dépistage du cancer du sein, a été lancée mercredi, alors que le programme national de dépistage systématique semble marquer le pas. En 2010, plus de 2 360 000 femmes ont eu recours au dépistage organisé, soit 52 % de la population concernée. « Ce n’est pas suffisant » a martelé la secrétaire d’État en charge de la Santé, Nora Berra, soulignant qu'après avoir progressé jusqu'en 2008, le taux de participation marquait un palier, avec même une légère diminution en 2010 (-0,3 % par rapport à 2009). Avec 53 000 nouveaux cas estimés en 2011, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. C'est aussi la première cause de décès par cancer chez la femme (11 500 décès estimés en 2 011). Il existe de très grandes variations dans le dépistage organisé entre les régions : de 27,1 % à Paris où le dépistage individuel est souvent privilégié par les femmes à plus de 60 % dans les Pays-de-la-Loire, la Bretagne ou le Limousin.

Pourtant, le dépistage systématique est parfois contesté. Un ouvrage qui va paraître dans quelques jours pointe le risque de surdiagnostic et dénonce la « confusion » entre dépistage et prévention. No mammo écrit par une ancienne kinésithérapeute âgée de 47 ans, qui se consacre désormais à la réalisation de documentaires jette un pavé dans la marre. L’ouvrage est préfacé par le Dr Bernard Junod ancien professeur à l’Ecole des hautes études en santé, un des rares détracteurs du dépistage systématique chez les femmes de 50 à 75 ans. « Le risque de surdiagnostic est connu » et mentionné dans les plaquettes d'information à destination des femmes concernées par le dépistage souligne pour sa part le Pr Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national du cancer. Il est estimé entre 5 et 10 %. « En termes de santé publique, on est plutôt en situation de sous-diagnostic » a-t-elle souligné lors de la conférence de presse de lancement d’Octobre rose. La thématique du surdiagnostic et du surtraitement a d’ailleurs été choisie par la Société française de sénologie et de pathologie mammaire, qui réunit des spécialistes de différentes disciplines, pour son 33e congrès, du 9 au 11 novembre à Marseille.

« Ma responsabilité est de promouvoir ce dépistage parce que je ne veux pas que 11 500 femmes soient sacrifiées » a tranché Nora Berra coupant court à la polémique. Plus tôt le cancer du sein est dépisté, meilleures sont les chances de guérison et de traitement simple ». « Plus de 14 000 cas de cancers du sein sont diagnostiqués chaque année grâce au dépistage, avec un traitement moins lourd et un pronostic meilleur, » a souligné de son côté Françoise Weber, directrice générale de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Avec comme slogan « Le dépistage du cancer du sein, parlez-en aux femmes que vous aimez », l'édition 2011 d'Octobre rose fait appel à la solidarité des proches. Elle sera notamment relayée sur France Télévision, avec des témoignages de journalistes et animateurs, dont Sophie Davant, qui confie que sa mère est morte d'un cancer du sein, Nagui ou Elise Lucet. Les internautes sont par ailleurs invités à réaliser un long ruban rose -symbole de la lutte contre le cancer du sein- virtuel, qui se matérialisera sur Google Maps. Le dépistage systématique du cancer du sein semble désormais bien connu puisque 98 % des plus de 25 ans et 99 % de la population cible en ont entendu parler selon le ministère de la Santé.

Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr

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