Maladies infectieuses - Tuberculose, la France peut mieux faire

Maladies infectieusesTuberculose, la France peut mieux faire

13.09.2011

Les premiers résultats nationaux de la surveillance des issues de traitement, à un an, des cas de tuberculose, viennent d’être publiés par l’InVS dans le BEH daté de ce mardi. Le taux de guérison en France pour les cas pulmonaires à microscopie positive reste encore nettement inférieur à l’objectif de l’OMS. De plus, beaucoup de patients disparaissent des radars après la mise sous traitement.

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    Tuberculose, la France peut mieux faire

En 2008, 5 873 cas de tuberculose ont été déclarés en France. Mais ont-ils tous bien suivi leur traitement ? Une étude menée sur plus de 5 600 cas de tuberculose déclarés et publiée dans le BEH du 13 septembre permet d’en savoir un peu plus. Elle indique que, au bout d’un an, 73 % d’entre eux ont achevé leur traitement. Un taux qui passe à 69 % pour les cas pulmonaires à microscopie positive. On note aussi que 7 % d’entre eux sont décédés au bout de ces 12 mois, 2 % ont arrêté leur traitement, 4 % sont toujours en traitement et 9 % ont été perdus de vue. Il s’agit des premiers résultats nationaux de la surveillance des issues de traitements des cas de tuberculose. Malheureusement, avec un taux de 69 %, ils montrent que l’on est bien loin des objectifs de l’OMS qui fixent à 85 % le taux de guérison à atteindre pour les cas pulmonaires à microscopie positive.

Des biais difficiles à contourner

Toutefois, les auteurs de l’étude soulignent certains biais qui entravent l’interprétation des résultats. Tout d’abord, on note une proportion importante de cas déclarés pour lesquels on ne dispose d’aucune information sur la situation au bout d’un an (40 %), même si cette proportion est plus faible qu’en 2007 (50 %, données non publiées). Et « il est impossible de savoir si les cas sans information sur les issues de traitement auraient plus - ou moins achevé leur traitement que ceux pour lesquels l’issue est renseignée » indique l’InVS.

Différences OMS/France

Ensuite, pour atteindre ses recommandations, L’OMS prévoyait un « taux de 5 % de décès non évitables et un maximum de 10 % d’issues de traitement qualifiés de non satisfaisants ». D’une part, dans les données françaises, on observe un « taux de décès supérieur à 5 % (7 % pour l’ensemble des cas et 9 % parmi les cas pulmonaires) », ce qui s’explique par une grande majorité des cas de tuberculose survenant chez des sujets âgés (31 % des cas ont été déclarés chez les plus de 60 ans, qui représentent plus de 73 % des décès, en lien ou non avec la tuberculose). D’autre part, même si on dispose des données à un an, on rapporte dans 20 % des cas une impossibilité d’évaluer l’issue du traitement à un an, et ce pour diverses raisons : « le traitement a été arrêté, ou prolongé au-delà de 12 mois, ou le patient a été transféré vers un autre médecin, ou encore qu’il ait été perdu de vue ».

Des niveaux de référence établis

Difficile donc de statuer sur la situation française ! Malgré ces limites sur l’interprétation des résultats, les taux de 73 % et de 69 % permettent d’avoir un niveau de référence pour les années à venir. « Ils témoignent aussi de la faisabilité d’une telle surveillance en France » indiquent les auteurs, si toutefois, « on améliore la prise en charge des patients et leur accompagnement lors du traitement » et que l’on poursuive « la sensibilisation des déclarants à son intérêt ».

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr
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