Clinique - Mener une consultation post-voyage

CliniqueMener une consultation post-voyage

24.08.2011

Un interrogatoire précis permet le plus souvent d’orienter le diagnostic. Il est complété par un examen physique et un bilan biologique.

Lorsqu’un patient de retour de voyage vient consulter – en particulier en cas de fièvre – c'est le plus souvent l'anamnèse qui oriente l'étiologie. Il est important de connaître les dates et lieux du voyage, les mesures préventives réellement appliquées (vaccination, prévention du paludisme, hygiène alimentaire...), les risques pris sur place (contacts avec l’eau douce, avec des sols humides, contacts avec des animaux, rapports sexuels non protégés, aliments particuliers ingérés...) et la chronologie des symptômes.

En effet, les causes de la fièvre varient en fonction de la zone géographique et des conditions du voyage. C'est grâce à la connaissance des risques pris sur place que certains diagnostics peuvent être posés. «?Ainsi, dans le cas d'une bilharziose aiguë, pour laquelle un patient vient consulter précocement à cause d'une fièvre, l'examen biologique sera négatif (les éosinophiles étant en augmentation progressive), il n'y aura pas d'œufs dans les selles ou dans les urines et seul l'interrogatoire révélant une baignade dans des zones à risque permet d'établir le diagnostic?», expose le Dr Consigny.

Un délai d’importance

La notion de délai d'incubation est un élément à prendre en compte. Ce délai peut aider au diagnostic, d’autant plus qu’il est souvent très variable en fonction de la pathologie : ainsi, des diarrhées infectieuses se déclarent en quelques jours, alors qu’un paludisme non à Plasmodium falciparum peut survenir parfois des années après le retour.

En général, le délai est d'environ une semaine pour une arbovirose, d'une à deux semaines pour une fièvre typhoïde, de 7 jours à 2 mois pour un paludisme Plasmodium falciparum avec un pic à 11-12 jours et de quelques semaines pour une hépatite virale de même que pour une primo-infection au VIH. Le délai d’apparition permet également d’écarter certains diagnostics : un accès palustre ne peut survenir moins de 7 jours après exposition et une arbovirose, très généralement, pas après 15 jours... Par ailleurs, si la plupart des troubles apparaissent dans les 15 jours suivant le retour, «?certaines pathologies pouvant ne s'exprimer que plusieurs semaines, mois, voire années après, il faut rechercher la notion de voyage, même très longtemps après?», souligne le Pr Sophie Matheron (hôpital Bichat, Paris).

Examen physique et bilan biologique

Ensuite, comme face à tout syndrome infectieux, il importe de mesurer la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, etc. Les données de l'examen clinique peuvent aussi orienter le diagnostic: un examen dermatologique révélant des escarres noirâtres (ou croûtes) chez un voyageur de retour d'Afrique du Sud incite à penser à une rickettsiose, ou un exanthème scarlatiniforme à une arbovirose.

La recherche d’une hépatomégalie, d’une splénomégalie et d’adénopathies doit aussi être particulièrement soigneuse (signes de typhoïde, tuberculose, leptospirose...).

En cas d’urgence, un bilan biologique systématique doit être effectué (NFS, CRP, bilan hépatique, hémo-

culture, bandelette urinaire, frottis sanguin et goutte épaisse en cas de suspicion de paludisme). Enfin, une fois la pathologie du retour diagnostiquée, son suivi dépend de la gravité initiale. Une consultation semble toujours nécessaire pour vérifier la guérison et donner des conseils pour un voyage ultérieur.

Fabienne Rigal
Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
.

Baromètre Santé 2016 La confiance envers les vaccins reviendrait-elle ?

À la veille du débat parlementaire sur l’obligation vaccinale, Santé Publique France a fait les choses « en grand » en publiant un volumineux BEH sur la vaccination des jeunes enfants et en...Commenter

Pelloux réclame l'ouverture de centres de santé jusque tard le soir

.

"21 millions de passages aux urgences" ont été recensés en 2016, un chiffre "multiplié par deux en vingt ans". C'est Patrick Pelloux qui l'a... 22

[Vidéo] Un Livre Blanc souligne les lacunes dans la prise en charge de la douleur

Douleur

La Société Française d'Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD) a présenté mardi 17 octobre le Livre blanc de la douleur 2017, alertant... 3

Sécurité alimentaire LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES DESTINÉS AUX SPORTIFS Abonné

Complements alimentaires

Une alimentation équilibrée, diversifiée et privilégiant les aliments de haute densité nutritionnelle suffit à satisfaire les besoins... 1

Recherche en Médecine Générale INFECTION URINAIRE : DIAGNOSTIC TROP EMPIRIQUE Abonné

Bandelette urinaire

La prise en charge des infections urinaires (IU) a fait l’objet de recommandations en 2008 publiées par l’Assaps, puis d’une actualisation... 2

A découvrir