Amphi de garnisons - La médecine générale n’est plus boudée à l’internat

Amphi de garnisonsLa médecine générale n’est plus boudée à l’internat

17.08.2011

On choisit de plus en plus volontiers la médecine générale, même lorsqu’on est bien classé à l’Examen classant national (ECN). Cette conclusion encourageante d’une étude du ministère de la Santé est à relativiser en regardant le nombre de postes désespérément vides dans un bon nombre de villes moins attractives.

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    La médecine générale n’est plus boudée à l’internat

Le premier interne à avoir choisi la médecine générale lors des amphis de garnisons de l’automne était classé 18e aux ECN. Un choix qui a d’ailleurs valu à cette interne parisienne le « Prix spécial jeune généraliste » décerné par Le Généraliste il y a quelques semaines. L’année passée, il avait fallu attendre le 72e classé, celle d’avant le 96e. Avec un point commun tout de même: les trois années, il s’agissait de jeunes femmes. Illusion d’optique sur le regain d’intérêt pour la discipline chez les jeunes générations ? Pas vraiment si on en croit, une étude que vient de publier la Dress, le service statistique du ministère de la Santé, intitulée « les affectations des études en médecine à l’issue des épreuves classantes nationales en 2010 ».

Un quart des postes de médecine générale pourvus dès la première moitié du classement, c’est la bonne nouvelle si on regarde la moitié pleine du verre. Il reste que comme à l’accoutumée, l’ophtalmologie est la première spécialité à pourvoir l’ensemble de ces postes, suivie par le radiodiagnostic, la cardiologie, la dermatologie, la médecine nucléaire, l’ORL, la gastro-entérologie, la rhumatologie et la médecine interne. En revanche, la mauvaise nouvelle ou la moitié vide du verre, c’est que des postes restent désespérément vacants en médecine générale, en médecine du travail et en santé publique. Et ça, ça n’a pas changé... Il est vrai que la médecine générale représente plus de la moitié des postes proposés au choix des futurs internes (53 % exactement des 6 839 postes), ce qui « explique que cette spécialité recrute à tous les niveaux du classement, » note la Dress. Au final, 82 % des postes de médecine générale ont été pourvus à la rentrée 2010, un taux parfaitement stable depuis 2006.

En outre, la surprise dans les choix des internes est leur plus grande mobilité que les années précédentes, spécialement en médecine générale. Parallèlement au choix de spécialités, les internes doivent en effet indiquer leur subdivision d’affectation parmi les 28 villes universitaires. En tout, 50% de la promotion 2010 a changé de subdivisions entre le deuxième et le troisième cycle. Et, plus surprenant, 30 % des étudiants ont changé de ville pour l’internat, alors même qu’ils pouvaient choisir la même spécialité en restant sur place. Les internes de médecine générale sont 43 % à avoir déménagé, dont 38 % en mobilité choisie, au risque de voir dans les prochaines années les déséquilibres géographiques se creuser encore davantage, même si le nombre de postes offerts est censé aujourd’hui mieux correspondre aux besoins de soins dans les années suivantes.

Douze subdivisions ont fait carton plein et trouvé preneurs pour tous leurs postes de médecine générale : Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nice, Océan indien, Paris-Ile-de-France, Rennes, Saint-Etienne et Toulouse, tandis que Strasbourg (98,6 %), Nantes (92,9 %) et Antilles-Guyane (92,1 %) n’en sont pas très loin. La situation est beaucoup plus inquiétante pour certaines régions déjà très déficitaires en médecins généralistes. Le taux d’occupation des postes est ainsi d’à peine 34,3 % à Reims, 42,5 % à Limoges, 44,8 % à Besançon, 46,7 % à Caen, 51,9 % à Dijon, 54,1 à Rouen, 57,6 % à Brest, 60 % à Tours, 60,7 % à Nancy, 65 % à Clermont-Ferrand, 76,8 % Amiens, 79 % à Poitiers et 80 % à Angers. Analyse de Laurent Fauvet, l’auteur de cette étude: « Ce ne serait pas tant la médecine générale qui serait moins choisie que des subdivisions qui apparaîtraient moins attractives ou dont les capacités de formations pourraient être jugées insuffisantes par les étudiants au regard du nombre de postes offerts.»

Enfin, cette étude permet de constater la progression de la féminisation de la profession médicale : 63 % des internes sont des femmes. Et la parité en médecine générale est en train de rattraper son retard. Alors que seulement 40 % des généralistes en exercice (salarié ou libéral) sont des femmes, depuis 2007, la moitié des femmes choisissent la médecine générale contre 44 % des hommes. Une proportion en hausse entre de 1,7 % en 2010.

Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr

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