Clinique - Mener une consultation post-voyage

CliniqueMener une consultation post-voyage

02.08.2011

Lorsqu’un patient de retour de voyage vient consulter – en particulier en cas de fièvre – c'est le plus souvent l'anamnèse qui oriente l'étiologie. Il est important de connaître les dates et lieux du voyage, les mesures préventives réellement appliquées (vaccination, prévention du paludisme, hygiène alimentaire...), les risques pris sur place (contacts avec l’eau douce, avec des sols humides, contacts avec des animaux, rapports sexuels non protégés, aliments particuliers ingérés...) et la chronologie des symptômes.

En effet, les causes de la fièvre varient en fonction de la zone géographique et des conditions du voyage. C'est grâce à la connaissance des risques pris sur place que certains diagnostics peuvent être posés. «?Ainsi, dans le cas d'une bilharziose aiguë, pour laquelle un patient vient consulter précocement à cause d'une fièvre, l'examen biologique sera négatif (les éosinophiles étant en augmentation progressive), il n'y aura pas d'œufs dans les selles ou dans les urines et seul l'interrogatoire révélant une baignade dans des zones à risque permet d'établir le diagnostic?», expose le Dr Consigny.

Un délai d’importance

La notion de délai d'incubation est un élément à prendre en compte. Ce délai peut aider au diagnostic, d’autant plus qu’il est souvent très variable en fonction de la pathologie : ainsi, des diarrhées infectieuses se déclarent en quelques jours, alors qu’un paludisme non à Plasmodium falciparum peut survenir parfois des années après le retour.

En général, le délai est d'environ une semaine pour une arbovirose, d'une à deux semaines pour une fièvre typhoïde, de 7 jours à 2 mois pour un paludisme Plasmodium falciparum avec un pic à 11-12 jours et de quelques semaines pour une hépatite virale de même que pour une primo-infection au VIH. Le délai d’apparition permet également d’écarter certains diagnostics : un accès palustre ne peut survenir moins de 7 jours après exposition et une arbovirose, très généralement, pas après 15 jours... Par ailleurs, si la plupart des troubles apparaissent dans les 15 jours suivant le retour, «?certaines pathologies pouvant ne s'exprimer que plusieurs semaines, mois, voire années après, il faut rechercher la notion de voyage, même très longtemps après?», souligne le Pr Sophie Matheron (hôpital Bichat, Paris).

Examen physique et bilan biologique

Ensuite, comme face à tout syndrome infectieux, il importe de mesurer la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, etc. Les données de l'examen clinique peuvent aussi orienter le diagnostic: un examen dermatologique révélant des escarres noirâtres (ou croûtes) chez un voyageur de retour d'Afrique du Sud incite à penser à une rickettsiose, ou un exanthème scarlatiniforme à une arbovirose.

La recherche d’une hépatomégalie, d’une splénomégalie et d’adénopathies doit aussi être particulièrement soigneuse (signes de typhoïde, tuberculose, leptospirose...).

En cas d’urgence, un bilan biologique systématique doit être effectué (NFS, CRP, bilan hépatique, hémo-

culture, bandelette urinaire, frottis sanguin et goutte épaisse en cas de suspicion de paludisme). Enfin, une fois la pathologie du retour diagnostiquée, son suivi dépend de la gravité initiale. Une consultation semble toujours nécessaire pour vérifier la guérison et donner des conseils pour un voyage ultérieur.

Fabienne Rigal
Source : Legeneraliste.fr

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Centre de régulation

Affaire Musenga : « les réponses non adaptées » du SAMU ont entraîné un retard de prise en charge de 2 h 20, pointe l'IGAS

L'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a remis vendredi à la ministre de la Santé les résultats de sa mission d'enquête sur l'affaire Naomi Musenga, jeune femme de 22 ans décédée en...Commenter

Le renouvellement d'ordonnance, premier motif de consultation chez le généraliste

Ordonnance

Alors que les médecins font face à une demande de rendez-vous toujours plus importante et que les pouvoirs publics réfléchissent à... Commenter

HAS : des recos sans consensus sur la maladie de Lyme

Tiques

Très attendues, les nouvelles recos de la HAS sur la maladie de Lyme devaient permettre de mieux baliser la prise en charge et le parcours... 1

Dermatologie PEAU, SOLEIL ET CHALEUR Abonné

Photodermatose

Prédisposition aux cancers, vieillissement cutané et ophtalmique, boutons de chaleur, lucite, aggravation d’une acné… la peau justifie... Commenter

Dermatologie GALE : IVERMECTINE OU PERMÉTHRINE ? Abonné

Gale

Une récente revue Cochrane (1) a évalué l’efficacité et la sécurité de la perméthrine topique et de l’ivermectine topique ou systémique... 2

A découvrir