Pneumopathies - La légionellose revient en force

PneumopathiesLa légionellose revient en force

19.07.2011

L’éclaircie n’aura été que de courte durée… Alors qu’entre 2005 et 2009, une diminution régulière de l’incidence de la légionellose avait été observée en France, de nouvelles données publiées dans le BEH du 19 juillet montrent une forte recrudescence de la maladie en 2010. Avec, selon l’InvS, une augmentation de plus d’un quart (+28 %) du nombre de cas déclarés par rapport à l'année précédente.

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    La légionellose revient en force

Dans un article publié aujourd’hui dans le BEH, l’InVS dresse le bilan de l’activité de la légionellose en France en 2010. Avec un constat simple : si le plan de prévention des légionelloses mis en place en 2004 a permis de faire reculer la maladie de 21 % entre 2005 et 2009, celle-ci gagne à nouveau du terrain avec, en 2010, une augmentation de 28 % du nombre de cas déclarés par rapport à l'année précédente.

Au total, 1 540 cas de légionellose dont 159 mortels ont été recensés en France l’an dernier, soit une incidence nationale de 2,4 cas pour 100 000 habitants et une létalité de11,7 %.

Les établissements de tourisme, première source de contamination

Les régions de l’Est comme la Franche-Comté (6,2 cas/100 000 habitants) ou l’Alsace (5,4 cas/100 000 habitants) sont particulièrement touchées, alors que la Bretagne (0,6 cas/100 000 habitants) ou les Pays-de-Loire (1,1) semblent relativement épargnées.

Les sujets âgés sont également plus exposés, les taux d’incidence les plus élevés s’observant chez les plus de 80 ans (7,4 cas/100 000 habitants), alors « qu’un seul cas de moins de 15 ans a été notifié » précisent les auteurs. Avec un sex-ratio de 3,2, les hommes semblent également plus vulnérables de même que les patients déjà fragilisés par d’autres affections ou facteurs de risque. Dans près de trois-quarts des cas (74 %) un facteur de risque connu a ainsi pu être retrouvé parmi lesquels le tabagisme (667 cas ; 43 %), un diabète (284 ; 18 %), un cancer (161 ; 10 %), ou une immunosuppression (136 ; 9 %).

Concernant la source de contamination, une exposition à risque a pu être identifiée pour un peu plus d’un tiers des patients (34 %). Souvent montrés du doigt, les hôpitaux ne sont incriminés que dans 7 % des cas, alors qu’un « voyage avec un séjour dans un établissement de tourisme » apparaît comme le mode d’exposition le plus fréquent (18 %).

Une augmentation toujours inexpliquée

Pour l’InVS, « l’augmentation du nombre de cas (observée en 2010) reste difficile à interpréter à ce jour, les caractéristiques des personnes atteintes et les facteurs d’exposition notés sur les fiches de déclaration obligatoire étant stables au cours du temps ». La répartition géographique de la maladie et l’accentuation du gradient Est Ouest au fil des années suggèrent un lien avec le climat. « L’influence des taux d’humidité et de la température sur la survenue de cas de légionellose est encore peu documentée, mais il est probable que ces facteurs environnementaux influencent la survie et la dispersion des légionelles dans l’atmosphère et donc indirectement, les niveaux d’incidence observés » indiquent les auteurs de l’article. « Il est également fort probable que la densité des sources d’exposition possibles et leurs caractéristiques, particulièrement les tours aéroréfrigérantes, puissent avoir une influence sur les niveaux d’incidence et les disparités régionales ». Enfin, l’exhaustivité de la déclaration obligatoire a pu s’améliorer au fil des années augmentant en partie artificiellement le nombre de cas recensés.

Le traitement revisité

Quoi qu’il en soit, la légionellose n’est plus une exception et peut être rencontrée en cabinet comme à l’hôpital. Afin d’améliorer sa prise en charge et son traitement l’Afssaps vient d’ailleurs d’actualiser ses recommandations sur le « Traitement antibiotique de la légionellose chez l’adulte ». Avec une nouveauté notable : les fluoroquinolones préconisées jusque-là pour les formes non graves au même titre que les macrolides sont désormais réservées aux formes graves.

Bénédicte Gatin
Source : Legeneraliste.fr
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