Un film, un médecin - Dr Petiot

Un film, un médecinDr Petiot

11.07.2011
  • Dr Petiot - 1

    Dr Petiot

Réalisateur

Christian de Chalonge

Année de réalisation

1989

Distribution

Michel Serrault, Bérangère Voisin, Pierre Romans, Nita Klein, André Chaumeau

L’histoire

Sous l’Occupation, le Dr Petiot était considéré dans son quartier comme le « médecin des pauvres ». En réalité, sous pretexte de faire passer des Juifs en Argentine , il les attirait dans son hötel particulier de la rue Le Sueur pour les assassiner et les incinérer dans sa chaudière avant de s’emparer de leurs biens. Démasqué à la Libération, il a été finalement guillotiné le 25 mai 1946.

Qui était réellement le Docteur Petiot ?

Né à Auxerre en 1897, Marcel Petiot avait manifesté un caractère violent dès son plus jeune âge, tirant au revolver sur les chats ou les étranglant après les avoir plongés dans l’eau bouillante. Parrallellement, il manifeste une grande précocité. A 5 ans, il a déjà le QI d’un enfant de 10 ans; Sa jeunesse est cahotique entre un internement psychiatrique à Saint-Anne et des vols répétés pour lesquels il ne sera pas jugé, un psychiatre l’ayant déclaré inapte à être jugé, estimant qu’il avait une personnalité bipolaire et qu’il était un inadapté social.

Son entrée dans l’âge adulte ne se passe pas mieux puisqu’il fait de la prison militaire encore une fois accusé de vol. Une fois encore les psychiatres militaires le jugent neurasthénique, dépressif paranoïaque et sujet aux phobies. Blessé pendant la Guerre de 14-18; il peut après celle-ci entamer des études de médecine, les anciens combattants bénéficiant d’un accès facilité aux études. Il obtient ainsi son diplôme de docteur en médecine le 15 décembre 1921 avec la mention très bien. L’année suivante, il ouvre un cabinet à Villeneuve-sur-Yone où il obtient vite une grande popularité (il vaccinait gratuitement les indigents) mais ses tendances à la cleptomanie font qu’il est rapidement vu d’un œil moins sympathique. En 1926, la fille d’un de ses patients avec laquelle il entretenait une liaison disparaît. Un peu après, on découvre un corps décomposé. Mais aucun lien entre ce cadavre et le Dr Petioit ne peut être fait.

Elu maire en 1926, ils e retrouve à nouveau devant les tribunaux pour fausses déclarations d’assurance-maladie, détournements de fonds, vol d’éléctricité, ce qui va entraîner la révocation de son mandat.

Les rumeurs s’amplifiant, il finit par s’installer à Paris en 1933, au 67 de la rue Caumartin au-dessus d’un magasin d’objets pieux. En 1936, il est arrêté pour vol de livres à la librairie Gibert, dans le Quartier Latin. Il échappe à la prison en se faisant passer pour aliéné mental et est interné à Ivry. A sa sortie, en 1941, il rachète un hôtel particulier rue Le Sueur. À partir de 1943, il propose à des personnes menacées de poursuites par la Gestapo de les faire passer clandestinement en Argentine ; ces personnes sont convoquées de nuit, rue Le Sueur, À partir de 1943, il propose à des personnes menacées de poursuites par la Gestapo,pour la plupart des Juifs, de les faire passer clandestinement en Argentine ; ces personnes sont convoquées de nuit, rue Le Sueur, avec une valise contenant bijoux, numéraires, argenterie… sous le nom de « docteur Eugène » il organise ainsi un réseau et recrute des rabatteurs, un coiffeur et un maquilleur de théâtre. Malgré tout, les prétendants au voyage disparaîtront mystérieusement, et n'atteindront donc jamais l'Amérique du Sud…

Le premier à disparaître est Joachim Guschinow, qui aurait apporté au docteur Petiot 300 000 euros en diamants avec lui. S'attaquant d'abord aux personnes seules, il s'en prend bientôt à des familles entières, proposant des "tarifs de groupe".

Les services allemands ayant découvert son réseau grâce à un indicateur, Béretta, Petiot est arrêté et torturé pendant 8 longs mois à la prison de Fresnes, sans jamais parler. Libéré pour manque de preuves, il décide de faire disparaître les indices compromettants, jugeant que cela devenait trop dangereux pour lui.

Le 9 mars 1944, les pompiers sont alertés par des voisins incommodés depuis plusieurs jours par les odeurs s'échappant d'une cheminée de l'immeuble de la rue Le Sueur. Après avoir fracturé une fenêtre ils sont alertés sont par l'odeur insoutenable qui s’échappe de la cave où ils découvrent des corps humains dépecés, prêts à être incinérés. Petiot, se faisant passer pour son frère, constate la situation et se volatilise

72 valises et 655 kilos d'objets divers furent retrouvés lors de la perquisition de l’hôtel particulier.

Après avoir faussé compagnie à la police, Petiot parvint à s’engager dans les Forces françaises de l'intérieur sous le nom de « Valéry » où il obtient même le grade de capitaine et se retrouve avec un bureau, pignon sur rue , à la caserne de Reuilly. Pendant ce temps, l’enquête piétine et le Dr Petiot reste introuvable. Petiot va pourtant commettre une erreur quand un article de presse le décrit comme un soldat du Reich. Ne supportant pas ces allégaions, il exige un droit de réponse et envoie une lettre manuscrite au journal Résistance. De là, la police en déduit qu'il est toujours caché à Paris au sein même de la Résistance française. Il est arrêté le 31 octobre 1944 dans une station de métro.

Jugé du 18 mars au 4 avril 1946 pour vingt-sept assassinats, il n’hésite pas lui-même à doubler la mise et à en revendiquer soixante-trois ! Mais , pour sa défense, il argue qu’il s'agit de cadavres de collaborateurs et d'Allemands qu’il a tué « pour la France ».

Malgré une plaidoirie de six heures de son avocat, l’expérimenté maître René Floriot, Petiot est condamné à mort et guillotiné le 25 mai 1946 à la prison de la Santé à Paris par le bourreau Jules-Henri Desfourneaux. À l'avocat général qui venait de le réveiller pour l'exécution, Petiot rétorqua : « Tu me fais chier ». Puis plus tard devant la guillotine : « Ça ne va pas être beau ». Au magistrat qui lui demanda, au moment d'aller au supplice, s'il avait quelque chose à déclarer, il répondra : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ». Il mourut, paraît-il, le sourire aux lèvres.

Notre avis

Un subtil portrait du Dr Petiot réalisé parChristian de Chalonge qui s’est librement inspiré de l’expressionnisme allemand et des films de Lang ou Muranu avec des perspectives alambiquées, des décors opressants et des visages outrés. Michel Serrault est hallucinant dans le rôle du Dr Petiot pour lequel il a transformé son visage, l’œil charbonneux et la chevelure hirsute, faisant du Dr Satan comme on surnomma Petiot à la Libération un digne descendant de Nosferatu et de M Le Maudit...

Source : Legeneraliste.fr

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