Dangerosité psychiatrique - Des recos pour prévenir les passages à l’acte

Dangerosité psychiatrique Des recos pour prévenir les passages à l’acte

08.07.2011

Alors que la loi «Soins psychiatriques» adoptée récemment a ravivé le débat sur la dangerosité des personnes atteintes de maladies psychiatriques, la HAS publie 84 recommandations pour améliorer le repérage des patients à risque et prévenir les passages à l’acte violents. Tout en rappelant que les malades psychiatriques sont bien plus souvent victimes qu’auteurs de violence …

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    Des recos pour prévenir les passages à l’acte

Prévenir le risque de passage à l'acte violent constitue un des enjeux majeurs de la prise en charge médicale des patients atteints de troubles psychiatriques. Mais si le sujet a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années, les modalités de cette prévention restent controversées et sujettes à polémique. Saisie par le Ministère de la Santé, la Haute Autorité de Santé a donc organisé une audition publique afin de proposer aux professionnels de santé un état des connaissances en la matière « objectif et rigoureux ». Avec à la clef la publication d’un rapport et de recommandations pour les aider à identifier les signes avant coureurs de passages à l’acte et à anticiper leur survenue par une prise en charge adaptée.

Attention aux ruptures de soin

Dévoilées le 7 juillet, ces nouvelles guidelines insistent notamment sur la nécessité de connaître et repérer systématiquement les facteurs de risque de dangerosité chez les personnes souffrant de troubles de l'humeur ou schizophréniques. A savoir : antécédents de violence commise ou subie notamment dans l'enfance ; précarisation, difficultés d'insertion sociale, isolement ; abus ou dépendance à l'alcool ou à d'autres substances psycho-active ; trouble de la personnalité de type antisocial ; âge inférieur à 40 ans et surtout rupture de soins ou défaut d'adhésion au traitement. A ce titre, tous les spécialistes s’accordent sur l’importance d’un suivi le plus régulier possible. « Lorsqu’un patient ne vient pas à son rendez vous il ne faut pas en rester là » insiste le Dr Gérard Rossinelli* (Président du comité d’organisation, psychiatre au CHS Marchant à Toulouse). Les premiers mois qui suivent une hospitalisation sont particulièrement sensibles. Ainsi, selon une étude récente, un suivi hebdomadaire plutôt que mensuel dans les 20 semaines qui suivent une hospitalisation permet de diviser par 4 le risque de passage à l’acte.

De façon plus générale, « une bonne connaissance et la recherche de ces différents facteurs de risque doivent permettre aux cliniciens, de renforcer le suivi de leur patient tout au long de sa prise en charge » estime la HAS.

Des signes cliniques avant coureurs

Mais au-delà de ces facteurs de risque « structurels », des signes d'alerte plus ponctuels peuvent faire craindre la survenue prochaine d'actes violents. « Il y a des moments dans l’évolution de la maladie où les patients sont plus susceptibles d’un passage à l’acte, souligne le Pr Jean-Louis Senon, et la clinique nous enseigne que certains signes peuvent donner l’alerte »

Ainsi, en cas de troubles schizophréniques, « les soignants doivent être attentifs à des signes cliniques d'alerte tels que délire paranoïde avec injonction hallucinatoire ; idées délirantes de persécution avec dénonciation d'une personne ; idées délirantes de grandeur, passionnelles ou de filiation ; menaces écrites ou verbales pouvant évoquer un scénario de passage à l'acte contre le persécuteur supposé ; consommation importante d'alcool ou de substances psycho-actives, » indique la HAS. En cas de troubles de l'humeur, les signes d'alerte sont un peu différents, plutôt à type « d’idées de ruine, d'indignité et d'incurabilité ou de sentiment d'injustice ou de blessure narcissique »

Ces symptômes avant coureurs, souvent propres aux patients, peuvent être signalés par l'entourage familial ou par les équipes soignantes, voire par les patients eux-mêmes. Lorsqu’ils sont présents, ils « doivent conduire à renforcer le suivi ou à proposer une hospitalisation permettant d'éviter la survenue de la violence » indique la HAS. Encore faut-il les avoir repérés, ce qui, souligne le Dr Yvan Halimi, « implique une bonne connaissance du patient ». Pour ce psychiatre de la Roche sur Yon, membre de la commission d’audition, une prise en charge attentive, proche et durable et surtout le souci d’éviter toute rupture de soins sont donc « les deux leviers essentiels à même d’atténuer le risque de passage à l’acte ».

Pour aller plus loin
Source : Legeneraliste.fr

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