Epidémiologie - Le retour sournois des IST

EpidémiologieLe retour sournois des IST

01.07.2011

« Des milliers de gens sont porteurs d’une IST sans le savoir, faites vous dépister ». Tel est le message que lance la nouvelle campagne de l’Inpes. Alors qu’avec la peur du VIH, les IST s’étaient fait discrètes dans les années 90, on note une recrudescence - notamment des infections à gonocoque et de la syphilis- depuis les années 2000.

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    Le retour sournois des IST

L’INPES lance sur internet une campagne afin de sensibiliser les jeunes au dépistage des IST (voir ci-dessous) au moment même de la sortie d’un BEH thématique dédié aux IST. Car si les infections sexuellement transmissibles - comme les infections à gonocoques et la syphilis- avaient presque disparu des pays développés dans les années 1990, elles connaissent une recrudescence depuis l’an 2000. La quasi éradication des années 90 « étaient moins due aux campagnes de prévention qu’à la peur de mourir du sida », indique le Pr Michel Janier (service de dermatologie, hôpital Paris Saint Joseph) dans l’éditorial du BEH. Et, depuis l’avènement de traitements efficaces contre le VIH, on note une reprise des conduites à risque. D’où, fatalement, un retour des IST.

Gonococcies en forte progression

C’est surtout sur les infections à gonocoques que l’alerte a été donnée récemment : leur progression est nette en 2009, chez l’homme comme chez la femme, et quelle que soit l’orientation sexuelle. Ainsi, 6,3 infections à gonocoque étaient isolées par laboratoire actif en 2009 contre seulement 4 en 2008. Soit une progression de 52%.

Et la cible s’élargit : Il existe toujours une prédominance chez les hommes en Ile de France et chez les homosexuels, mais une extension vers les populations hétérosexuelles et dans les autres régions est observée. « Cette constatation laisse présager l’augmentation d’IST plus graves, notamment du VIH et des hépatites B dans les populations moins averties de la nécessité de se protéger », indiquent les auteurs de l’article du BEH. De plus, on note l’émergence de souches de gonococcies de sensibilité réduite aux céphalosporines en France. En 2005, l’Afssaps préconisait alors de ne plus utiliser la ciprofloxacine en première intention, et de recourir directement à une céphalosporine de troisième génération. Et en 2010, une première souche de gonococcie hautement résistante à la ceftriaxone été identifiée en France.

« Une vigilance s’impose, avec la nécessité pour tout médecin de faire un prélèvement bactériologique, pour ne plus traiter à l’aveugle, » estime le Pr Michel Janier dans le BEH.

Syphilis toujours présente

De même, la France a connu une épidémie de syphilis en 2000, et depuis les trois dernières années, le nombre annuel de cas est supérieur à 500. La syphilis, qui au début de l’épidémie touchait exclusivement les homosexuels, semble désormais diffuser au sein de la population hétérosexuelle. « Ceci ne peut que faire craindre la réapparition de la syphilis congénitale, en particulier dans la population échappant au suivi prénatal », indiquent Alice Bouyssou et coll (Invs).

Par ailleurs, une troisième IST bactérienne est en recrudescence actuellement : la lymphogranulomatose vénérienne, qui avait disparu au milieu des années 80. On recense 160 cas en 2009, et la pathologie reste cantonnée à la population homosexuelle.

D’autres IST sont pointées du doigt par l’InVS et l’Inpes : les infections à Chlamydia, dont « il serait souhaitable d’inscrire le dépistage dans les priorités de santé publique et de le rendre gratuit » propose Michel Janier. Ensuite, l’infection par le virus de l’hépatite B : on estime qu’il y a plus de 2400 nouveaux cas par an en France, et il est impératif « d’augmenter la couverture vaccinale et d’améliorer les pratiques de dépistage, avec la recherche de l’antigène HbS chez les personnes susceptibles d’avoir été exposées à ce virus » notent Denise Antona et Coll (InVs).

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr
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