Démographie - Paris ne veut pas devenir un désert médical

DémographieParis ne veut pas devenir un désert médical

29.06.2011

Alors que la capitale n’attire plus les jeunes, 15% des médecins généralistes vont prendre leur retraite dans les quatre ans. La municipalité de Bertrand Delanoë annonce donc un plan de deux millions d’euros pour favoriser la création de centres et maisons de santé. Elle lance par ailleurs le «Label Paris santé» pour aider à l’installation en contrepartie d’engagements d’accès aux soins des praticiens.

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    Paris ne veut pas devenir un désert médical

Lorsque le député UMP de la Lozère, Pierre Morel-A-L’Huissier, infatigable défenseur de l’accès aux soins en zone rurale a déposé la semaine dernière sa proposition de loi visant à prévoir « une année de stage obligatoire des étudiants en médecine dans les zones à sous densité médicale », il ne pensait sans doute pas à Paris. Et pourtant, la capitale est en train de devenir elle aussi un désert médical, obligeant la municipalité à réagir. À peine deux médecins généralistes par an s’installent à Paris tandis que la densité médicale est déjà inférieure à la moyenne nationale si l’on s’en tient aux médecins généralistes exerçant en secteur 1 et hors MEP : 9 praticiens pour 10 000 habitants contre 9,7 en moyenne et à peine 7,6 pour les arrondissements du Nord-Est parisien : 18e, 19e et 20e. « Cette difficulté d’accès aux soins de premier recours se traduit d’ailleurs par un recours aux urgences hospitalières à la croissance exponentielle, ce qui explique leur engorgement » note la municipalité qui a annoncé mercredi matin « la mobilisation de 2 millions d’euros » pour soutenir en investissements les projets de création et de modernisation des centres de santé, maisons de santé et pôles de santé, notamment dans le Nord-Est parisien. À Paris, 15 % des généralistes vont prendre leur retraite d’ici à 2015. Et dans la capitale comme ailleurs, les jeunes préfèrent le salariat ou l’exercice de groupe, tandis que s’ajoute une difficulté supplémentaire : le prix du foncier.

«Aucun a priori idéologique»

L’adjoint au maire socialiste de Paris, Jean-Marie Le Guen, lui-même généraliste de formation, a monté un groupe de travail pour mettre en œuvre « un programme de développement de la médecine de premier recours accessible sur le territoire ». « Pour consulter un spécialiste, les Parisiens ont souvent pris l’habitude de traverser Paris, note l’élu. En revanche, la médecine générale doit être une médecine de proximité, je pense en particulier aux personnes âgées ou aux familles avec des jeunes enfants ». Aujourd’hui, Paris compte cinq maisons médicales de garde, une trentaine de centres de santé doit 6 centres municipaux et une maison de santé, alors que 7 sont déjà en projets. Pas question d’opposer centres et maisons de santé. « Nous n’avons aucun a priori idéologique, a insisté Jean-Marie Le Guen. Aujourd’hui, aucune formation politique ne demande l’étatisation de la santé, nous n’avons aucune raison d’en organiser la municipalisation ».

Au Conseil municipal de Paris, seuls les élus communistes défendent le modèle tout centre de santé. « L’idée que le médecin salarié serait meilleur me laisse assez perplexe, ce qui importe c’est d’avoir des soins de qualité, à proximité et accessibles, également pour les personnes handicapée, » a ajouté Véronique Dubarry, adjointe au maire EELV en charge du handicap. Pour autant, deux centres de santé (Ternes et Chemin Vert) sont en cours de fermeture. « Les équipes seront redéployés ailleurs, ce qui augmentera l’offre, » indique la municipalité. Les centres de santé existants devraient en outre voir leurs horaires élargis, notamment en soirée et le week end.

Il reste que la manière dont ces deux millions d’euros seront investis n’est pas encore vraiment fléchée. Un label « Paris Santé » va être créé. Cette charte comportera un certain nombre d’engagements au service du public pour les structures signataires (tarifs opposables, tenue de dossiers médicaux, formation continue, actions de préventions,...) En contrepartie, elles pourront bénéficier d’un soutien méthodologique à la prospective foncière, à l’élaboration d’un projet médical, d’un soutien financier en priorité dans les arrondissements déficitaires, la recherche de loyers minorés (notamment via les bailleurs sociaux) et une participation aux initiatives de coordination.

La ville de Paris envisage aussi de prendre langue avec la Fédération des maisons de santé et de créer une « plate-forme parisienne pour les maisons de santé, » afin de faciliter la tâche des porteurs de projets. Une réflexion autour d’un guichet unique des aides à l’installation est aussi lancée. Une pierre dans le jardin de l’ARS d’Ile-de-France ? « L’ARS approuve notre démarche, assure Jean-Marie Le Guen. Mais nous constatons que l’État n’a ni les moyens, ni l’ambition d’agir et je ne sais si la prochaine convention médicale va permettre de trouver des solutions ». L’ARS vient de soumettre à la ville son Projet régional de santé. Selon ces élus, il y a de fortes chances pour que Paris rende un avis négatif.

Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr
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