Bactérie Eceh - Les graines germées étaient vraiment infectées

Bactérie EcehLes graines germées étaient vraiment infectées

10.06.2011

Les autorités sanitaires allemandes ont identifié vendredi la cause de l’épidémie mortelle de diarrhées: des graines germées d’une exploitation du nord de l’Allemagne sont donc à l’origine de cette souche rare et très virulente de la bactérie E.coli entérohémorragique. En attendant, l’épidémie qui a fait trente morts en deux semaines sembler régresser. Et les concombres espagnols sont définitivement hors de cause.

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    Les graines germées étaient vraiment infectées

La piste des graines germées était la bonne. Lors d'une conférence de presse à Berlin des trois instituts sanitaires fédéraux impliqués dans le dossier, Reinhard Burger, directeur de l'Institut Robert Koch (RKI) a annoncé que ce vecteur était bien à l'origine de l'épidémie de diarrhées mortelles qui a fait 30 morts en Europe. «Ce sont les graines germées» qui sont en cause, a en effet déclaré vendredi le directeur de l'Institut fédéral de veille sanitaire. Selon les analyses, «les gens qui ont mangé ces graines ont neuf fois plus de chances d'avoir des diarrhées sanglantes et d'autres signes d'infection par la bactérie Eceh que ceux qui n'en ont pas mangées», a-t-il dit.

Il y a eu des analyses «multiples», dans les champs et dans les produits d'une exploitation du nord de l'Allemagne, Gärtnerhof à Bienenbüttel, qui n'ont certes pu prouver la présence irréfutable de la bactérie, mais «la chaîne d'indices est tellement importante» qu'on peut identifier désormais l'origine de la contamination, ont expliqué les responsables des autorités sanitaires. «Il n'y a pas d'autre piste sérieuse que les graines germées», a insisté Reinhard Burger en réponse à une question sur la certitude à 100% des autorités qu'il n'y a pas d'autre source de contamination que des ces graines germées. Cela faisait déjà quelques jours que les soupçons se portaient sur une ferme horticole qui produit notamment des graines germées en Basse-Saxe, et dont deux des employés étaient tombés malades avant que l'épidémie ne s'étende.

Au cours de cette conférence de presse de vendredi, le RKI, l'Office fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité alimentaire, et l'Institut fédéral d'évaluation des risques ont aussi annoncé officiellement la levée de l'alerte décrétée fin mai contre la consommation de concombres, de tomates et de salades crûs, qui a coûté déjà des centaines de millions d'euros aux agriculteurs européens. «Nos trois instituts sont d'accord (pour dire) qu'il n'y a plus de raison de maintenir ces recommandations» de non consommation, a dit l'un des dirigeants.

Cette confirmation intervient sans doute un peu tard, puisque, de l’avis des autorités allemandes, il semble que «la source d'infection n'est plus active», et «les chiffres de nouveaux malades infectés baissent». Le bilan de cette épidémie de diarrhées mortelles est toutefois encore monté à 30 morts jeudi. La bactérie étant à l’origine d’un nouveau décès : un homme de 57 ans ayant succombé à Francfort, ont annoncé les autorités régionales. Le même jour, l'Institut Robert Koch, chargé de la veille sanitaire, puis le Land de Basse-Saxe, qui compte le plus grand nombre de morts, avaient chacun annoncé deux nouveaux décès. Il aura donc fallu quinze jours pour identifier la source de cette souche rare et très virulente de la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh) qui se traduit par des diarrhées sanglantes et peut déboucher sur des troubles rénaux parfois mortels (syndrome SHU).

Jeudi, Werner Hoyer, ministre allemand de l’agriculture, a exprimé «ses profonds regrets» à la suite des dommages causés aux agriculteurs espagnols «par les premières déclarations imputant à des concombres espagnols l'origine de l'épidémie». Les autorités sanitaires de la ville de Hambourg avaient affirmé le 26 mai avoir trouvé la bactérie tueuse sur des concombres importés d'Espagne. Or des analyses ultérieures avaient prouvé qu'il ne s'agissait pas de la même bactérie.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr

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