Escherichia coli entérohémorragique - Bertrand : pas de panique sur les concombres

Escherichia coli entérohémorragiqueBertrand : pas de panique sur les concombres

29.05.2011

Transmise par des cucurbitacés en provenance d’Espagne, la bactérie touche sept pays d’Europe. En Allemagne on recense plus de 270 cas, deux décès et huit morts suspectes. Et les autorités recommandent de ne plus consommer concombres, tomates et salades crus. Pour le ministre français de la Santé, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. L’Invs appelle toutefois les médecins à signaler d’éventuels cas.

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    Bertrand : pas de panique sur les concombres

Cette vague de SHU «est une des plus importantes jamais observées dans le monde et la plus importante en Allemagne », selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Dans un rapport daté de vendredi, il relève que la contamination semble limitée à l'Allemagne, les malades hospitalisés à l'étranger étant soit des Allemands, soit des voyageurs venant d'Allemagne. L’alerte aux concombres importés d'Espagne a été lancée jeudi en fin d’après-midi par la Commission européenne concernant l'un des vecteurs de transmission de la bactérie Escherichia coli entérohémorragique (Eceh) qui a causé la mort d'au moins deux personnes en Allemagne et touché la Suède, le Danemark le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse et désormais la France, mais dans ces sept pays, il s’agit de cas semble-t-il importés d’Allemagne. Cette bactérie rare, potentiellement mortelle, provoque des hémorragies dans le système digestif. Elle a été trouvée en Allemagne dans trois concombres en provenance d'Espagne et un quatrième curcubitacé qui pourrait venir des Pays-Bas, a précisé la Commission.

L'Allemagne est de fait le pays le plus touché. La bactérie a tué deux personnes et 276 cas ont été officiellement recensés (contre 214 jeudi), selon le dernier bilan de l'Institut Robert-Koch, établissement fédéral chargé du contrôle sanitaire et de la lutte contre les maladies, alors qu'en moyenne, 50 à 60 cas sont répertoriés chaque année. Huit autres cas de morts suspectes étaient également répertoriés par des offices sanitaires régionaux, mais pas encore confirmés par le RKI. Hambourg est le principal foyer de cette épidémie qui touche jusqu'ici surtout le Nord du pays, selon l'Institut d'hygiène de Hambourg. Etant donné la rapidité de la propagation de la maladie, les autorités sanitaires allemandes déconseillent la consommation de tomates, de concombres et de salades crus, et particulièrement ceux en provenance d'Allemagne du Nord.

Trois cas supects en France

En France, trois cas suspects d'intoxication alimentaire sont «en cours d'investigation » ont annoncé samedi les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Agriculture dans un communiqué commun. «Mais aucun cas identifié en lien avec le lot (de concombres,) retiré en France", indique le communiqué. Un lot de concombres considéré comme suspect, a en effet été livré sur le territoire français mais son «retrait du marché a été immédiatement demandé » selon le gouvernement. Pour sa part, Xavier Bertrand se montre rassurant: «A partir du moment où on ne consomme pas ce concombre, il n'y a pas les risques et les drames qu'il a pu y avoir en Allemagne », a-t-il assuré samedi lors de l'émission «Revu et corrigé » sur France 5. Dimanche sur I›Télé, Française Weber estimait que l’'état de santé des trois Français infectés n’était pas inquiétant. «Elles ont en commun d'avoir toutes voyagé en Allemagne ou de venir d'Allemagne. Donc on peut dire qu'il n'y a pas de cas suspect de s'être contaminé sur le territoire français. »

L’Institut de veille sanitaire (Invs) que dirige Françoise Weber rappelle que les STEC (aussi désignés E. coli entérohémorragique EHEC) sont « responsables de manifestations cliniques variées : diarrhée banale ou sanglante pouvant évoluer dans 5 à 8 % des cas, principalement chez le jeune l’enfant, vers une complication grave le syndrome hémolytique et urémique (SHU) ». Sur son site internet, l’Invs se montre plutôt rassurant sur la situation dans l’Hexagone. Selon l’Invs, «à ce jour, aucune augmentation du nombre de cas de SHU en France n’a été mise en évidence en mai 2011 » par le dispositif de surveillance qui fonctionne depuis 1996. « Aucun des patients signalés en mai n’a rapporté de séjour en Allemagne dans les jours ayant précédé ses symptômes. La déclaration obligatoire (DO) des toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) permet aussi de recenser les Tiac à STEC. A ce jour, aucune Tiac à STEC n’a été déclarée en mai 2011. » Selon la DGCCRF (Direction de la concurrence et de la répression des fraudes), citée par l’Agence France Presse, le seul grossiste français concerné par des importations espagnoles suspectes n'a pas eu de retour de marchandise. cela semblerait semble indiquer que les produits ont certainement été déjà consommés par des clients de restauration collective en Bretagne, notamment dans le Finistère.

Les concombres incriminés viennent de deux régions d'Espagne, Malaga et Almeria. Même si l'Espagne a suspendu les activités de deux distributeurs de concombres, on n’a pas encore pu prouver si la congtamination avait eu lieu en Espagne ou plus tard. Le paradoxe est que les Espagnols sont pour l’instant épargnés. Les autorités espagnoles cherchent à localiser l'exploitation en cause pour ensuite découvrir la cause de la contamination. Mais la ministre espagnole de l'Agriculture a souligné vendredi qu’aucun indice « ne prouve » que la contamination des concombres ayant véhiculé la transmission d'une bactérie qui a causé la mort d'au moins deux personnes en Allemagne, vienne d'Espagne. « On ne sait pas où a pu se produire la contamination et la Commission européenne a mis en avant le fait qu'elle ait pu se produire en dehors du pays d'origine » des concombres, a déclaré Rosa Aguilar à l'issue d'un conseil des ministres. Selon la Commission, un lot de concombres parti des Pays-Bas et commercialisé en Allemagne est d’ailleurs également l'objet d'un examen pour voir s'il est également à l'origine de la maladie.

En France, l’Invs invite les médecins « ayant diagnostiqué une diarrhée sanglante ou un SHU survenus depuis le 20 avril 2011, chez des patients ayant séjourné en Allemagne dans les 15 jours précédents le début des symptômes », à les signaler à leur Agence régionale de santé (ARS). Les déclarations de SHU pédiatriques peuvent aussi être notifiées sur http://www.invs.sante.fr/surveillance/shu/default.htm

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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