Etude - Sida : la chimioprophylaxie pour enrayer l’épidémie

EtudeSida : la chimioprophylaxie pour enrayer l’épidémie

13.05.2011

Une étude américaine vient de faire la preuve de l’utilité d’une prophylaxie pré-exposition en administrant le plus tôt possible des antirétroviraux aux patients séropositifs. Cette étude menée auprès de 1 763 couples est considérée par les experts du monde entier comme une piste sérieuse pouvant considérablement réduire la transmission du Sida.

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    Sida : la chimioprophylaxie pour enrayer l’épidémie

La chimioprophylaxie permettra-t-elle un jour de stopper l’épidémie de Sida ? Sans conclure de façon définitive, une étude américaine, dont les résultats viennent d’être révélés, ouvre en tout cas des pistes intéressantes pour réduire de façon préventive les contaminations. Cet essai fait en effet la preuve que traiter au plus tôt des personnes séropositives avec des antirétroviraux réduit de façon considérable le risque de transmission du VIH à leurs partenaires séronégatifs. Les résultats publiés jeudi ont été salués par la communauté scientifique et les responsables sanitaires du monde entier. « Cet essai clinique montre de façon convaincante que traiter des séropositifs avec des antirétroviraux au plus tôt peut avoir un impact majeur pour réduire la transmission du VIH », s'est félicité le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux Etats-Unis. Son organisme a financé l'essai clinique, mené avec 1 763 couples, qui a mené à ces conclusions. En commençant un traitement à base d'antirétroviraux immédiatement, au lieu d'attendre que la maladie ne progresse, l'étude a montré une réduction de 96 % de la transmission du VIH d'une personne infectée par le virus vers un partenaire séronégatif. C’est la confirmation éclatante des effets prophylactiques des antirétroviraux. Une piste qui était considérée de plus en plus sérieuse ces derniers mois, notamment depuis la publication fin 2010 des conclusions de l’étude iPrEx : menée auprès d’homosexuels et transsexuels américains, sud-africains et thaïlandais, cette étude montrait que l’administration précoce d’antirétroviraux diminuait de moitié le risque de contamination.

L'OMS et l'Onusida se sont réjouis aussitôt de cette bonne nouvelle. « Cette percée scientifique change considérablement la donne et assurera l’avancement de la révolution de la prévention. Elle place le traitement anti-VIH au rang des nouvelles options de prévention prioritaires », a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida). « Nous devons maintenant nous assurer que les couples ont la possibilité de choisir le traitement de prévention et qu’ils y ont accès », a-t-il ajouté dans un communiqué. De son côté, le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS a estimé que « cette avancée est cruciale car nous savons que la transmission par voie sexuelle représente environ 80 % du total des nouvelles infections ». Elle a précisé que ces résultats allaient « renforcer et étayer » les orientations que l’OMS doit publier en juillet pour aider les personnes vivant avec le VIH à protéger leur partenaire.

En France, Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, a qualifié l'essai d’« hyper-important. C'est une pierre de plus dans le sens du traitement comme prévention. Mais bien évidemment ce n'est jamais du 100 % : le traitement comme prévention est une des composantes de la prévention, mais ne peut pas être utilisé comme seule prévention ». De son côté, Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence de recherches sur le Sida (Anrs), estime que c'est « une étape vraiment importante ».

Même appréciation de la part de Bruno Spire qui juge ces résultats « extraordinaires ». Pour le directeur de Aides, ils constituent « un argument de plus pour arrêter l’épidémie en traitant toutes les personnes séropositives pour qu'elles ne transmettent pas le virus ». Une limite de cette stratégie est que sur les 33 millions de personnes infectées dans le monde, au moins les deux tiers n'ont jamais été dépistées et ne connaissent donc pas leur séropositivité, estime-t-il. Selon lui, il faudrait, que les gens aient envie de se faire dépister, « mais dans un contexte assez sérophobe où la maladie est toujours aussi stigmatisée, ce n’est pas gagné ».

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr

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