Enquête - Comment les futurs généralistes veulent travailler

EnquêteComment les futurs généralistes veulent travailler

21.01.2011

Les internes en médecine générale n’ont pas choisi cette discipline par hasard. Et même s’ils veulent travailler moins que leurs ainés, ils sont prêts à en accepter les grandeurs et servitudes. Quitte à envisager une installation à la campagne, mais à certaines conditions... Présentée vendredi lors du congrès de l’Isnar-IMG, cette étude sur les aspirations de la nouvelle génération bouscule les idées reçues...

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    Comment les futurs généralistes veulent travailler

Mais non, la jeune génération ne boude pas la médecine générale! L’ISNAR-IMG, qui représente les quelques 8000 internes en médecine générale a profité de son congrès à Deauville pour présenter vendredi 21 janvier une enquête qui tort le cou à bien des idées reçues. Primo: on ne devient pas généraliste par fatalité. Selon l’Isnar qui a interrogé le quart des effectifs internes, pour 84% de ceux-ci la médecine générale résulte d’un choix actif, pas d’une incapacité à opter pour une autre discipline.

Secundo: l’installation en libéral ne rebute tant qu’on le dit les futurs généralistes. La preuve : si une majorité (55%) d’entre eux se projette d’abord remplaçant à la fin de son internat, ils sont quand même 37% à envisager de travailler sous un statut moins temporaire en médecine ambulatoire sitôt l’internat terminé : en moyenne, 16% (et même 17,5% chez les hommes) se verraient bien visser leur plaque; et s’y ajoutent les 8% tentés par un statut de collaborateur libéral et les 7% qui seraient prêts à se faire salarier. En comparaison, seuls 14% préfèreraient un statut de PH ou d’assistant hospitalier. De ce point de vue, l’Isnar-IMG remarque qu’en moyenne un interne sur cinq (et même un sur quatre, une fois effectué un stage chez le généraliste) s’est déjà fixé un projet professionnel précis.

Troisième surprise : les futurs généralistes ne sont pas aussi iconoclastes qu’on les présente parfois. Bien sûr, ils aimeraient que les règles du jeu libéral évoluent, mais ils ne veulent pas la révolution : si 78% souhaitent sortir du paiement à l’acte exclusif, pour plus de 50% cela signifie une rémunération mixte et pour 22% seulement le salariat pur et simple.

La campagne, pourquoi pas ?

L’enquète de l’Isnar-IMG apporte aussi des enseignements utiles concernant l’installation en zones déficitaires en médecins généralistes. 8 sur 10 souhaitent travailler dans leur région d’internat, et la campagne ne semble pas un repoussoir absolu. En effet, à en croire l’enquête de l’Isnar, seuls 12% d’irréductibles ne veulent en entendre parler à aucun prix. Les autres pourraient bien se laisser tenter, mais à condition qu’on les y aide. 7 sur 10 pourraient se décider pour le rural, moyennant une aide logistique ou financière à la création de structures collectives. 6 sur 10 seraient prêts à sauter le pas moyennant avantages fiscaux ou sociaux. Et plus de la moitié, à condition de voir pousser crèche, garderie ou école à proximité de leur lieu d’exercice. Enfin, à noter que 80% se verraient bien déchargés de la gestion administrative du groupe dans lequel ils travaillent.

On retiendra enfin de ces 1939 réponses d’internes que la plupart sont prêts à épouser les grandeurs et servitudes de la profession. Les gardes ? Pour 78% cela fait tout simplement partie du métier de généraliste. Tout au plus relèvera-t-on une volonté de travailler sensiblement moins que leurs ainés : en moyenne, 42 heures par semaine seulement. Avec aussi une exigence accrue dans l’environnement professionnel. Pour 9 sur 10 d’entre eux, il est «indispensable» d’avoir à proximité un laboratoire d’analyse, une pharmacie, des paramédicaux et un cabinet de radiologie avec échographie.

* Réponses recueillies en ligne sur le site internet de l’Isnar-IMG du 2 juillet 2010 au 1er janvier 2011. 1939 questionnaires complets ont été inclus dans l’étude, soit 23,4% des internes.
Paul Bretagne (avec François Petty, envoyé spécial à Deauville)
Source : Legeneraliste.fr
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