Plan Bachelot-Alliot Marie - 300 millions pour améliorer la santé des prisonniers

Plan Bachelot-Alliot Marie300 millions pour améliorer la santé des prisonniers

29.10.2010

Les ministres de la santé et de la Justice ont présenté jeudi un plan «2010-2014» pour la santé en prison. L’objectif est notamment de construire une Unité hospitalière spécialement aménagée par région pénitentiaire. A terme 17 hôpitaux prison destinés aux détenus psychiatriques seront donc mis en place.

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    300 millions pour améliorer la santé des prisonniers

Comment améliorer l’état de santé physique et psychique des 60.789 personnes détenues dans les 200 prisons Françaises ? Les ministères de la Santé et de la Justice ont présenté jeudi un plan de 300 millions d'euros pour améliorer la santé des détenus. Ce « plan d'actions stratégiques 2010-2014 », constitue une collaboration «inédite» entre les deux ministères, a souligné la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en le présentant à la presse avec son homologue de la Justice, Michèle Alliot-Marie. Il est basé sur le principe que «les personnes incarcérées doivent bénéficier de la même qualité et de la même continuité de soins que la population générale», a ajouté Mme Bachelot.

Ainsi, sur les 300 millions d'euros mobilisés, selon le ministère de la Santé, «l'essentiel concerne l'accès aux soins, avec un effort très important sur les UHSA». La première Unité hospitalière spécialement aménagée - hôpital-prison destiné aux personnes atteintes de troubles psychiatriques lourds- a été inaugurée cette année à Lyon, construit dans le parc de l'hôpital psychiatrique du Vinatier à Bron (Rhône). 17 devraient suivre, à commencer par Rennes l’an prochain. L'objectif étant de construire «une UHSA au moins par région pénitentiaire». Le plan d'action repose par ailleurs sur un socle de mesures déjà en cours, mais qui doivent être consolidées ou adaptées. Il comprend des mesures concrètes, telles que distribution de préservatifs et gel pour prévenir les infections, dépistage des cancers du sein et du col de l'utérus pour les détenues, examen bucco-dentaire à l'entrée en détention, développement de la télémédecine, préparation de la continuité des soins à la sortie... «La question a été posée sur l'opportunité de la mise en place d'un programme d'échanges de seringues», mais «les conditions ne sont pas franchement réunies», a indiqué Roselyne Bachelot, alors que l'association Act-Up estime que «ce plan continue d'ignorer l'usage de drogues en prison».

Des indicateurs sanitaires dramatiques

Le rapport qui accompagne le plan est de ce point de vue particulièrement éclairant sur la situation sanitaire dramatique des prisons. Il souligne la prévalence élevée de pathologies telles que les infections par le virus du sida (VIH) ou l'hépatite C, du fait «d'une surreprésentation des usagers de drogue par voie intraveineuse en milieu carcéral». Les prévalences des infections par les virus du sida (VIH) ou de l'hépatite C (VHC) sont élevées: 1,04% pour le VIH et 4,2% pour le VHC, contre 0,23% et 0,84% dans la population générale. Par ailleurs, l'incidence de la tuberculose y est de 8 à 10 fois supérieure à l'incidence moyenne nationale.

La garde des Sceaux a également insisté sur les chiffres des suicides toujours «dramatiques» malgré un infléchissement depuis la mise en oeuvre, en août 2009, d'un plan de prévention. Les détenus se suicident six fois plus que les hommes libres âgés de 15 à 59 ans. Après une certaine baisse au début de la décennie, le nombre de décès par suicides a augmenté, passant de 109 en 2008 à 115 en 2009.

D’une manière générale, «la santé mentale des personnes détenues est particulièrement fragile, avec une estimation de 17,9% de personnes atteintes d'état dépressif majeur, 12% d'anxiété généralisée et 3,8% de schizophrénie nécessitant un traitement (soit environ quatre fois plus que dans la population générale)».Au total, selon Michèle Alliot-Marie «un trouble psychiatrique plus ou moins grave est repéré chez 55% des arrivants en détention.». Et par ailleurs, le quart des entrants déclarent une consommation d'au moins deux substances "psycho-actives" (tabac avec plus de 20 cigarettes par jour, alcool, drogues...), 30% présentant une consommation excessive d'alcool.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr

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