Reportage - Villers-Semeuse, à la rencontre des confrères des Ardennes

ReportageVillers-Semeuse, à la rencontre des confrères des Ardennes

16.08.2010

Premier des objectifs rempli pour ce cinquième déplacement d’Élisabeth Hubert à la rencontre des professionnels de santé de l’Hexagone. La salle de l’hôtel Mercure de Villers-Semeuse (Ardennes) est comble. En ce jeudi 17 juin, qui voit la France affronter le Mexique en phase éliminatoire de la Coupe du monde de football, il a même fallu rajouter des sièges pour accueillir la soixantaine de professionnels de santé – médecins généralistes, ophtalmologues, infirmières, kinésithérapeutes, qui ont fait le déplacement pour participer à cette réunion de concertation sur la médecine de proximité. Sourire soulagé des membres de la mission. « Un soir de match, on n’était pas trop certains du degré d’affluence… »

Le temps pour les derniers arrivants de prendre place, il est 20h45: « L’idée est de vous donner la parole, que vous soyez porteurs de propositions. Que feriez-vous à ma place dans le cadre de cette mission, vous les acteurs du soin confrontés à la réalité des difficultés de terrain ? », questionne Elisabeth Hubert.

Développer des moyens humains

Rapidement, les premières préoccupations relatives à la médecine générale en milieu rural isolé se font jour : « Comment favoriser l’installation de jeunes médecins dans nos cantons, demande ce praticien de 57 ans. J’ai déjà des difficultés à trouver un remplaçant stable... » Dans la salle, le micro passe dans les mains de l’unique – a priori – trentenaire de l’assistance. « Je ne parle pas au nom de tous les jeunes médecins, précise l’orateur, mais je pense que le manque de vocation en médecine générale est avant tout lié au fait que les étudiants, encore aujourd’hui, ne découvrent quasiment pas la réalité de l’exercice libéral au cours de leur cursus. Il faut développer des moyens humains, en nommant davantage de chefs de clinique, des moyens financiers pour intensifier les formations des maîtres de stage, et pourquoi pas, rendre facultatif le stage obligatoire au CHU pour, sinon lui substituer, à tout le moins, pouvoir proposer aux étudiants son pendant en ambulatoire.?»

- « Et pour les remplaçants ? »

- « Nous avons créé sur la région, un site qui s’appelle ChampAjgir. En clair,

il s’agit d’une plateforme qui met en relation les médecins qui cherchent à se faire remplacer avec des jeunes confrères remplaçants (www.champagjir.fr).?» 21h45. Au fil des interventions, le débat s’articule maintenant autour du regroupement des praticiens, des maisons de santé et des modes de rémunération possible. Rapidement, le consensus se fait sur l’évolution programmée d’un panachage paiement à l’acte et forfaitisations des missions du généraliste.

- « D’accord, mais lesquelles ? »

- « Le suivi des grossesses, le suivi de l’enfant et celui des patients en ALD. »

- « Il faut aussi prévoir des forfaits pour des activités d’ordre structurel au sein d’un cabinet de groupe. Pourquoi pas, par exemple, un forfait “embauche d’une secrétaire?? ? »

Un nouveau doigt se lève. « N’oubliez pas le nœud du problème, compte-tenu de notre moyenne d’âge et de celle de notre patientèle. Comment optimiser la prise en charge des personnes âgées, notamment en milieu rural ? Comment encourager le regroupement de professionnels de santé sur un canton, sans assécher les communes alentours », interroge un participant ? Silence songeur de l’assistance.

S’appuyer sur le nouveau statut de collaborateur libéral

Avant la nouvelle prise de micro. « Sans aller vers le regroupement contraint, on peut imaginer pouvoir s’appuyer sur le nouveau statut de collaborateur libéral. C’est une bonne façon d’aider, ponctuellement, un confrère en zone déficitaire, au moment d’une période d’activité intense, comme la grippe hivernale par exemple...?»

Il est près de 23h30, Elisabeth Hubert remercie les participants et signale la fin de la réunion... Dans la salle, les appréciations divergent. « Ca partait un peu dans tous les sens, on était trop nombreux. » « Oui, mais on a pu s’exprimer, même le directeur de l’ARS (Jean-Christophe Paille, aux côtés d’Élisabeth Hubert durant les débats) a pris des notes, il avait l’air d’avoir plutôt envie de dialoguer, c’est peut-être bon signe pour la suite… ?» « Ouais, tu crois ça toi… »

Depuis 40 minutes maintenant, l’équipe de France a perdu 2-0 contre le Mexique. Une cinquantaine de professionnels de santé, des hommes pour la plupart, discute toujours entre eux. Aucun ne parle de football.

Source : Legeneraliste.fr

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