Verbatim - Comment nos lecteurs perçoivent la médecine de proximité

VerbatimComment nos lecteurs perçoivent la médecine de proximité

10.08.2010

Disponibilité

La vraie médecine de proximité n'est hélas assurée exclusivement que par les généralistes et les paramédicaux libéraux car ce sont les seuls disponibles la plupart du temps. Quid de la permanence des soins par les médecins salariés et spécialistes ?

Dr Laurent Gruez (Lourches)

Interlocuteur privilégié

C'est être près des patients, leur interlocuteur privilégié, un proche qui connait leurs problèmes. Cette médecine disparaitra si les communes, à l'image de Boulogne, ne s'investissent pas pour permettre aux professionnels de se regrouper au sein même des centre villes dans des locaux aux normes et à des prix de loyer "décents". J'ai renoncé à un projet à 15 € le m², là où partout ailleurs dans la région on peut le faire à 10€ ! Boulogne préfère investir dans le foot !

Dr Sylvain Gournay (Boulogne-sur-Mer)

Un scandale qui couve

L'accès au secteur 2 nous est refusé et ce n'est absolument pas juste. Ce qui couve dans nos chaumières, c'est un déconventionnement massif et solidaire, c'est scandaleux d'avoir le prix d'une consultation de la valeur d'une coupe de cheveux avec un bac -3, et un apprenti à 14 ans payé 40% de smic, quand on sait le seuil de pauvreté des étudiants en médecine à bac+3 jusqu'à bac+6, qui pouvaient se dire il y a 30 ans qu'ils allaient se rattraper, ce n'est plus du tout le cas.

Dr Eric Tourret (Juvisy-sur-Orge)

Un rôle de centralisation

Le médecin de proximité, c’est un médecin généraliste, si possible en association avec au mois un voire plusieurs confrères, situé à peu de distance du patient ( rayon 12km max) et une possibilité de recours rapproché dans le temps , (consultation possible dans la journée ou le lendemain. ), avec dans le même secteur une pharmacie et des Infirmières libérales, au mieux 1 kiné, pas forcement regroupées en association. Un cabinet agréable, informatisé, équipé, et non un local vide et impersonnel. L'assurance d'un suivi, avec dossier médical tenu , le médecin de proximité a le rôle de centralisation, de synthèse et de coordinations des éléments du dossier.

Dr Emilie Bellanger (Usson-du-Poitou)

Bananologues

C’est la possibilité pour les patients de trouver une réponse dans leur environnement proche. Les urgences sont désormais sorties du champ du Généraliste de Ville mais pas en campagne ou en cas de saturation des services des Urgences… qui n'assurent pas de façon satisfaisante la bobo-logie, la banal-ologie et encore moins la souffrance psychologique non psychiatrique. La permanence des soins doit être assurée, dans ces domaines, avec un délai "satisfaisant"…

Dr Antoine Lambert (Calais)

Redonner le goût de la vraie médecine

Le médecin n'est pas là pour faire de brillants diagnostics, il est là pour RÉGLER les problèmes des malades, TOUS les problèmes ( y compris pousser le petit dernier à entrer dans la marine). Il doit TOUT savoir sur ses malades pour les confier aux spécialistes avec un VRAI dossier complet et exhaustif. Il doit aussi être capable d'un tas d'actes techniques qu'il ne peut pas faire pour des raisons financières et de temps (gynécologie, frottis, petite chirurgie, plâtres etc...). Si vous voulez de bons médecins il faut les HONORER de manière TRÈS correcte et non les déconsidérer par des campagnes imbéciles et des honoraires indignes. Et surtout il faut leur redonner le goût de faire de la vraie médecine et pour cela il faudrait envisager de réhabiliter la RIGUEUR dans le contrôle des acquis des études, mais le mot lui-même vous fait passer soit pour un facho soit pour un débile...

Dr Jean-Noël Chauveau (Villeneuve-le-Roi)

Démolition en cours

Je suis retraité récent ex-maître de stage. Le système social dans sa globalité et en particulier le médical sont en cours de démolition et ce n'est que le début du massacre que ce soit en ville ou dans les hôpitaux. Remplacez la carte vitale par la carte bleue... à l'américaine si chère à nos édiles politiques ainsi que la sécu par AXA.

Dr Marc Maine (Andouillié)

Une réponse adaptée dans des délais courts

Etremédecin de proximité, c’est avoir une connaissance "fine"(problématiques socio-économiques autant que de santé) des patients et du territoire dont sont issus les patients. Être en capacité de délivrer une réponse de soins de santé primaire adaptée dans des délais courts (dans la journée!)

Dr Philippe Favier (Vigneulles-les-Hattonchâtel)

Un forfait «secrétariat médical »

Il faut octroyer un forfait secrétariat médical pour nous redonner du temps médical(le médecin devra prouver l'embauche pour y avoir droit!) La secrétaire doit pouvoir faire le classement de dossier/archivage courrier/mise à jour et convocation des patients pour les mesures de prévention/organisation de la prise en charge à domicile de nos patients dépendants/gestion administrative et financière de la consultation/prise des rendez-vous/mise à jours des fichiers informatiques (adresse, téléphone, contrôler la liste des antécédents et allergies,vaccins à jour, mammo à jour, Hemoccult à jour...

Dr Pascal Tual (Vannes)

Laissons vivre le généraliste à son rythme

Pourquoi toujours réformer la profession , la désorganiser systématiquement ? La médecine de proximité , c'est laisser le choix au patient , le laisser choisir et faire ses démarches, le laisser se prendre en charge et se responsabiliser , on ne doit pas le conduire à la consultation s'il n'a pas envie . En France nous ne manquons de rien et par conséquent on devient trop exigeant . laissons vivre le médecin généraliste à son rythme , il travaille toute la journée et il doit encore travailler sous la contrainte la nuit et le week-end pour sa formation pendant laquelle il finira par dormir pour récupérer de sa journée ( système inefficace). Avant, sans contrainte, gratuitement et de bonne humeur, il allait à la formation. Maintenant il subit la réunion pour être conforme à la demande des autorités. Bénéfice : zéro ; apprentissage : zéro. A la question « seriez-vous prêt à faire des efforts pour l'état pour les gardes pour faire de la formation ! » la réponse est : non, trop fatigué !

Dr Xavier Bodin (Nantes)

Si c’est comme ça, laissez-moi être propharmacien !

Depuis quand les pharmaciens font de la médecine! et ont des compétences pour ? Si nos tutelles pensent qu’ils en sont capables alors laissez-moi être propharmacien et laissez-moi négocier directement mes marges avec les labos de génériques. Je fais plus confiance aux IDE qu'aux pharmaciens pour suivre des pathologies chroniques.

Dr Marc Wursthorn (Breteuil-sur-Iton)

Une mission de régulation

Le médecin de proximité, c’est un médecin capable de prendre en consultation dans la journée avec ou sans RV dans un rayon de 5 km environ et d'assumer les "petites urgences et la bobologie". C’est un médecin qui peut "réguler" la vraie urgence et dispatcher correctement ensuite vers les spécialités ad hoc.

Dr Noël Toutenu (Offemont)

Mon C à moi

Je propose un paiement par forfait de 15 minutes, C1 15 minutes, C2 entre 15 et 30 , C3 entre 30 et 45, etc.

Dr Patrick Fontaine (Montbard)

Je ne suis pas une prestataire de service

Utiliser "médecine de proximité", c'est un pas de plus vers la "consommation", le médecin (et les paramédicaux) n'est pas un(ne sont pas des) prestataires de service (à ce titre je trouve d'ailleurs inadmissible de voir le mot "client" dans certains hôpitaux comme à Troyes où cela est apparu il y a un peu plus de 10 ans et comme cela se voit de + en +). Tout est fait pour que les gens se prennent pour des clients ... et "le client est roi"! (dernière campagne de la CPAM pour la diminution des arrêts : les arrêts maladie ce n'est pas un choix (le mot choix barré), c'est un droit... Désolé, ce n'est pas un droit parce que quand on écrit droit beaucoup traduisent "dû" ). Quand les politiques et les administratifs s'adresseront aux vrais professionnels de terrain pour l'éducation et la prévention de la collectivité... de la France profonde, les choses iront peut-être mieux !

Dr Catherine Lépine (Saint-Prest)

Le pourquoi des déserts médicaux

Je voudrais exprimer mon point de vue sur les déserts médicaux. Ils sont inévitables. Il y a au moins deux grandes raisons à cela. La première est que de nombreux confrères qui sortent médecins généralistes sont des femmes. Elles n'auront pas et en général ne voudront pas avoir la disponibilité des médecins qui travaillent dans les déserts médicaux, sans compter de la dangerosité de se déplacer seule la nuit. La deuxième raison est qu'auparavant, le médecin homme avait une femme qui répondait au téléphone. Maintenant, la femme a un conjoint qui travaille et ne peut pas le faire dans une région trop déserte. Imposer de passer deux ou trois ans dans un désert médical à un médecin débutant sera une somme d'anomalies: d'abord c'est demander aux médecins avec le moins d'expérience d'exercer dans les endroits où il faut prendre plus de risques, c'est risquer de séparer des jeunes couples car le conjoint n'ira pas travailler dans le désert médical, c'est donc au total faire fuir les jeunes médecins de la médecine générale.

Dr Jean-Pierre Nieto (Saint-Andiol)

À ce train, la médecine de proximité aura disparu dans 15 ans

Possibilité pour les patients d'accéder à la consultation d'un médecin généraliste dans un rayon de 10 kilomètres et dans un délai inférieur à 3 jours, d'un médecin spécialiste dans un rayon de 20 kilomètres et dans un délai inférieur à 2 semaines, d'obtenir les médicaments dans un rayon identique à celui du médecin généraliste. Le seul vrai problème est la concurrence d'un secteur salarial beaucoup plus attractif que le secteur libéral pour les jeunes médecins. Plus personne n'accepte de travailler 60 heures avec des gardes et sans week-end quand on peut en faire 35 avec la RTT et le congé maternité qui va bien, sans contrainte administrative ni risque juridique. Ou bien la rémunération du médecin de proximité sera considérablement réévaluée pour compenser ou bien la médecine de proximité aura disparu dans moins de 15 ans. La création de maisons médicales n'y changera pas grand-chose si on doit y travailler autant voire plus avec sans doute encore plus de contraintes mais la même rémunération ; dans mon secteur, nous essayons d'en créer une depuis 8 ans : aucune subvention, je serai à la retraite avant qu'elle ne soit construite.

Dr Patrice Martin (Perres)

Un homme respecté

Je suis coordonateur pour la création d’une MPS.Les élus locaux sont à fond dans le projet. Le conseil regional et le conseil general sont contactés depuis 2 mois pas de réponse. l'ARS idem. on est dans un désert médical et un confrère va partir en ville à la fin de l'année. On fait déjà environ 70 heures par semaine avec une nuit de garde par semaine et un week-end par mois.La proximité dans le milieu rural, c'est le patient qui vous tutoie, qui sait qu'à 2 heures du matin je serai là pour une urgence qui sera justifiée c'est le respect qu'il aura quand il vous dit "merci" et "on a besoin de vous".

Dr Serge Munschy (Abilly)

Cherchez l’erreur

Stop au parcours de soin, stop aux charges administratives, stop au tarif d'autorité, stop à la TAXE professionnelle, stop à la taxe sur les feuilles de soins. Je suis obligé de payer pour pouvoir exercer comme je l'entends vous trouvez cela normal ? Stop à l’extorsion de signature car pas de secteur 2 pour le medecin generaliste. Stop à l’ONDAM : quelle hypocrisie ! Dépenses de villes 3 %, hôpital 50%. Cherchez l'erreur !

Dr Bruno Baldy (Limoges)

Prendre exemple sur le modèle anglais

Prenons exemple sur le modèle anglais : double rémunération et temps de travail moins important et salarié. Et en plus la densité médicale anglaise est moins importante qu'en France; Il faut refaire complètement l'organisation des cabinets français actuels; Si on part sur le modèle anglais, pourquoi pas Mais si la délégation de taches entraine un manque à gagner pour les médecins,ce sera un échec. Qui sera responsable pénalement? Qui va les payer? Seront-ils libéraux, salariés de qui ? Proposition: Coexistence de 2 systèmes : l'un libéral comme actuel mais avec une rémunération 2x plus importante, les avantages des salariés(temps de travail limité à 39h,...soit plus de RDV après 18h30, sans la pression des patients(avec établissement de règles pour les patients (respecter les horaires de rdv, ...), sans la pression des caisses qui imaginent des logiciels inadaptés (voir arrêt en ligne)

Dr Agnès Dumont (Verzy)

Une liste non exhaustive

Il me semble étrange et inopportun de demander un avis à des gens que l'on a successivement cloué au pilori(relire la presse des années 80), traité d'assassins lors d'une période caniculaire et de fossoyeurs de la sécurité sociale de façon récurrente, de fraudeurs fiscaux par nature (cf la taxation d'office sur 125 % du revenu imposable en cas de non-adhésion à une AGA), mis à l'écart lors d'un épisode grippal bénin (accompagné du déploiement particulièrement spectaculaire, inefficace et hors de prix d'un circuit médical parallèle collectiviste). Liste non exhaustive.

Dr Michel Jung (Truchtersheim)

La PDS, voilà la tueuse !

C'est la permanence des soins qui tue la medecine de proximite. I faut ëtre malade pour s’installer dans des secteurs avec peu de medecins généralistes. Avec la penurie annoncée, c’est ni plus ni moins l'esclavage assuré : réquisitions répetées, travail 7j/7 24h/24. Il suffit de voir le nombre de médecins qui dévissent leurs plaques suite aux réquisitions abusives menées par les préfets.

Dr Cesar Séjourné (Avrainville)

Pas un sous-professionnel de santé

Le médecin de proximité, c’est un médecin de premier recours qui coordonne la santé de son client, le conseille, le soigne tout au long de sa vie. Ce n'est pas une personne corvéable à merci qui remplit de plus en plus de tâches afin de "soulager" d'autres professionnels (Cpam, spécialistes...) ce n'est surement pas un "sous professionnel de santé" que dire à son patient qui vient de payer un supplément à son spécialiste, une consultation 2, 3, 4... fois plus chère à son podologue, son ostéopathe, esthéticienne, son vétérinaire, qui peut faire venir son médecin à domicile pour rien alors que son plombier prendra 50 fois plus de déplacement, etc...

Dr Patrick Bandon (Talence)

On est au pied du mur !

Allez, je me défoule! On est au pied du mur. Les décisions de nos politiciens ENArques ou conseillés par les ENArques nous ont conduit dans la nasse...numerus clausus bloqués trop longtemps, féminisation de notre profession, offres nombreuses d'emplois salariés...alors qu'en même temps, le constat était fait sur le terrain que l'on allait dans le mur (moyenne d'âge des confrères en Haute-Saône il y a 5 ans : 48 ans, moyenne d'age actuelle 53 ans... cherchez l'erreur)

Dr Jean-Luc Boiteux (Gy)

Attrait perdu

Il faut que le patient ne consulte pas pour des "peccadilles" (autoriser des majorations au C non remboursées), ce qui encombre les consultations pour des actes inutiles et non valorisants, que cesse la multiplication des actes administratifs dévolus la plupart du temps au médecin traitant donc généraliste et la profession de médecin retrouverait l'attrait qu'elle a perdu et ce d'autant plus que la considération est proportionnelle à la proximité.

Dr Jean-Claude Giret (Beauvais)

Les maisons de santé ne sont pas la panacée

Il faut augmenter le numerus clausus très fortement. Un travail de qualité demande du temps. Pourquoi la Roumanie et la Belgique forment-elles des médecins plus que la France. La pénurie n'est-elle pas voulue par les gouvernements successifs pour limiter les soins. Devenir maitre de stage demande du temps pour aller dans une faculté eloignée du lieu de travail et du temps pour se former et former les autres.alors que les zones desertifiées en medecins ont dejà des difficultés de liaison avec les grandes villes. Croire que les maisons de santé sont la panacée est faux. Ce sont des gouffres financiers et il y a beaucop de difficultés relationnelles avec le personnel et les différents medecins qui s'y succèdent. Les communes ou l'etat doivent prendre en charge le secrétariat et le loyer de ces maisons de santé.et non pas espérer que les médecins vont rentabiliser le local en payant a la commune un loyer. Pourquoi ne peut-on pas employer un remplaçant régulier? Le statut de collaborateur liberal est une amélioration mais n'est pas la panacée. Il faut autoriser les remplacements réguliers et laisser les remplaçants rester comme remplaçant leur vie entiere s’ils le veulent. C’est un metier formidable, mais nous ne sommes pas assez nombreux.pour avoir une bonne qualité de vie et assurer à nos malades les meilleurs soins.

Dr Denise Desmet (La Neuville-les-Dorengt)

Doubler la rémunération des généralistes

Plusieurs problèmes ne sont pas abordés : les frais inhérents au fonctionnement d'une maison de santé pluridisciplinaire (ou même actuellement d'un simple cabinet médical de plusieurs médecins avec secrétariat commun) ne sont aucunement pris en charge . Compte tenu du blocage du C à 22 €, ces frais supplémentaires, évalués ont 30 % par rapport à un médecin exerçant seul, ne peuvent être répercutés sur la clientèle. Il semble que l'avenir de la médecine de proximité passe par la création de Pole de santé regroupant plusieurs cabinets médicaux dune commune ou d'un canton pour attirer de futurs médecins, assurer une permanence des soins et le suivi médical d'une population sans que cela ne devienne des "usines à gaz". Il faudrait aligner, en la doublant au minimum , la rémunération des MG français sur celle de nos voisins européens. Il faut recentrer le MG sur sa mission première : assurer le premier recours et soigner et le dispenser de toutes les taches administratives satellites ( remplissage et réactualisation des protocoles , dossier APA , entrée en MDR multiples , dossier MDPH , certificat multiples et redondants demande par les écoles les crèches…)

Dr Jean-Michel Richard (Missilac)

Une semaine de vacances par an, est-ce normal ?

Depuis 21 ans j’ai eu une semaine de vacances en moyenne par année. Et vous voulez que j’incite des jeunes medecin à vivre cela ?

Dr François Bayle (Valleraugue)

Comment faire disparaître la pénurie

Ma solution : coopération infirmière+médecin généraliste = partage de tâches sous le contrôle constant du généraliste tel qu'on le retrouve chez nos voisins du nord de l'Europe avec une organisation régulée de type pôle de santé libéral sous l'autorité (souple) d'un SROS libéral afin d'optimiser le rôle de chacun à la hauteur des compétences requises pour l'exercice de chaque profession. Alors, le risque de pénurie disparait (cf. comparaison des densités de médecin entre notre pays et ceux du nord de l'Europe) et la valeur de chaque métier dit de 1er recours sort renforcée. De plus, il est probable que la qualité des soins à coût identique soit supérieure.

Dr Nicolas Demare (Habsheim)

Nous sommes passés de la culture médicale à la culture administrative

Il faut redonner au médecin le temps de faire des diagnostics, les motivations pour débrouiller les énigmes diagnostiques en médecine de proximité, l'habitude d'utiliser l'Aide au diagnostic médical qui n'est même pas enseignée à la Fac. Si non les médecins achèveront de passer de la culture médicale à la culture administrative et personne ne sera satisfait. Il faut 10 ans en France pour faire un diagnostic de Troubles bipolaires, il faut 15 ans pour faire un diagnostic de Sclérose latérale amyotrophique. C'est là qu'il y a un réservoir d'économies, une amélioration de la condition des patients et un retour à la satisfaction des médecins.

Dr Jean Thouluc (Montagnac)

Travailler sereinement

Il faut que la population ait un accès facile à la consultation en distinguant l'urgence de la médecine moins urgente, mais avec une direction proposée dans leur choix et une régulation (sur RDV) si le médecin peut travailler sereinement avec un nombre limité de consultations et de gardes, la qualité de vie sera mailleur donc attirera plus les jeunes médecins.Ce nest pas le prix de la consultation qui va faire changer leur désir,c'est la minimisation des contraintes et un soutien logistique et technique de proximité pour les urgences.

Dr Patrick Meunier (Génas)

Un généraliste « manager »

Il faut une prise en charge globale type Wonca d' une population sur un territoire avec une organisation en filières dont le généraliste serait le "manager". Il faut des moyens dédiés à la médecine générale à la hauteur et au niveau européen permettant l’embauche d' un secrétariat à temps plein par médecin. Il faut cesser de détruire ce métier par pans entiers. Seule la médecine libérale permet un maillage cohérent dès lors que l’on met le paquet , le reste n'est que bla-bla!

Dr François Le Hetet (La Guerche-de-Bretagne)

Si rien ne change, j’opte pour le salariat dans deux ans

La médecine de proximité, c’est une disponibilité COLLECTIVE de 8h à 19h, 5 jours sur 7 au sein d'une maison pluridisciplinaire assurant à chaque médecin une amplitude de travail de 40h hebdomadaires MAXI , des nuits de repos et des week-ends dignes de ce nom ainsi que des congés payés - afin de préserver une vie de famille , d'éviter le burn-out et le suicide. Une garantie sur les retraites est impérative. Je ne souhaite plus jamais ni acheter mon local ni mon matériel. Il doit être fourni ainsi que le personnel ad hoc. J'exige une rémunération alignée sur celle de professions de niveau d'étude comparable. Sans celà dans 2 ans je quitte le système pour le salariat. Je suis actuellement en formation pour celà dans un secteur qui sera en crise d'ici 3-4 ans.

Dr Christian Schabel (Chinon)

Disparition programmée`

Je ne crois plus du tout à la volonté du pouvoir politique de changer quoi que ce soit. Je regrette que notre consœur le Dr Hubert se soit lancée dans cette aventure avec beaucoup d'énergie, de disponibilité, de conviction. Son rapport sera, comme tant d'autres, enterré après qu'il aura durant quelque mois distrait l'attention des braves gens. Mieux vaut prendre acte sereinement, lucidement, de la disparition programmée de la médecin générale.

Dr Bernard Lajoux (Brive-la-Gaillarde)

Une offre de soins pluridisciplinaire

Il faudrait un maillage du territoire offrant un panel de médecins, infirmières, kinés, dentistes, orthophonistes, psychologues, sages-femmes, pédicure-podologues, diététiciennes, travailleurs sociaux, en adéquation avec des bassins de population déterminés, permettant ainsi une offre de soins permanente et pluridisciplinaire et assurant le suivi des pathologies chroniques, aiguës ainsi que les actions de préventions.

Dr Jean-Marie Grateau (Cour-Cheverny)

Un réseau de soins ou chaque acteur et chaque structure garde son statut

Une médecine de proximité efficiente, c'est aussi la mise en place de réseaux de soins multidisciplinaires de proximité permettant une bonne coordination de tous les acteurs médicaux ( médeçins et paramédicaux libéraux, pharmaciens, services hospitaliers , HAD, SSIAD...) et sociaux (services sociaux, aides à domicile, associations de malades... ) dans lequel chaque acteur et chaque structure gardent leurs statuts , leur indépendance professionnelle et peuvent se recentrer sur l'exercice de leurs compétences.

Dr Patrick Deleporte (Villers-Guislain)

Revaloriser la profession de généraliste

La contrainte ou le salariat ainsi que les maisons pluridisciplinaires ne peuvent être des solutions univoques pour les déserts médicaux. Toute autre solution que « le généraliste libéral » sera plus chère pour la collectivité et moins accessible et moins proche de la population. La revalorisation importante de la profession de généraliste est primordiale pour rendre attractive à nouveau la profession.

Dr Pierre Voisin (Guidel)

Des logiciels d’arbres d’aide à la décision des prescriptions

Une solution consiste à déléguer au maximum les tâches de rentabilisation des deniers publics à des « subalternes ». Par subalterne, on peut entendre des logiciels comportant des arbres d’aides à la décision des prescriptions. Pour les médicaments certes, mais aussi pour les arrêts de travail, la kinésithérapie… Quoi de plus compliqué que de déterminer le nombre de jours d’arrêt de travail pour une affection donnée. On peut aussi créer des arbres d’aide à la prescription de conseils de vie (diététique, activité physique adaptée) dans le cadre de la prévention primaire ou secondaire. La prévention doit d’ailleurs être une médecine prioritaire en ces temps de crise. Il est souhaitable que ces arbres de décisions soient élaborés par le seul corps médical, pour que la logique comptable n’y apparaisse pas trop prioritairement, même si elle doit rester présente à l’esprit par les confrères qui l’établissent. Ces logiciels doivent par contre être instrumentalisés par la collectivité, et non par des éditeurs privés, de sorte qu’ils deviennent un outil officiel, et reconnu de tous. Les dossiers médicaux devraient être physiquement tenus par ces centres de bases de données attenantes à l’hôpital dont dépend le patient et sous responsabilité de l’hôpital. L’ensemble des données, y compris iconographies digitalisées, devrait être consultable depuis le lieu d’exercice du personnel soignant selon des filtres spécifiques à la spécificité du consultant. Pour un certain nombre de données, la consultation des données ne devrait être possible qu’après authentification des cartes du professionnel (CPS) et du patient (Vitale) dans le lecteur demandeur. Les économies seraient substantielles, puisque des tas d’examens et d’avis médicaux ne seraient plus doublés. Et pour le médecin, quel régal de pouvoir s’atteler à la réflexion médicale immédiatement, sans devoir d’abord fouiller le médico-administratif du patient.

Dr Philippe Vassart (Royan)

Tout motif supplémentaire de consultation doit faire l’objet d’un surcoût

La médecine de proximité ne peut fonctionner que si le patient ne considère pas son médecin comme une denrée consommable, le respect de la médecine de proximité se fera que par un respect tarifaire, une consultation pour un motif=1 C tout motif supplémentaire doit faire l'objet de surcoût. Le burn out des médecins est lié à leur solitude dans l'exercice , sans respect des patients autant que des autorités politico financières. La perspective de 40 ans de médecine de proximité n'est plus vivable, ceux qui s'en sortent, ont un exercice mixte, tout en sachant qu' à charge égale, plus de 30% d'exercice autre, fait que la médecine libérale n'est plus rentable et qu'il est préférable de lâcher son cabinet. La féminisation médicale favorise cette non-reconnaissance, comme il y a quelques décennies dans l'éducation nationale.

Dr Frédéric Maraval (Missillac)

Une FMC basé sur la formation et non sur le contrôle répressif des connaissances

Il faut des médecins au chevet des patients; les médecins doivent donc vivre avec eux et non pas venir au bureau à 8 h et repartir à 18 h ; il faut donc rendre nos campagnes attractives pour les familles des médecins ; il faut revaloriser le libéralisme en expliquant que notre décision thérapeutique, même si elle rentre dans un schéma pré-établi et vérifié, reste notre décision en fonction du patient et non seulement en fonction de sa pathologie. Il nous faut, ensuite, garder notre rôle de chef d'orchestre et en assumer la responsabilité. Il est parallèlement nécessaire de développer notre système de FMC, qui doit être, comme son nom l'indique, uniquement basé sur la formation et non pas axé sur le contrôle répressif des connaissances !

Dr Joël Delabrosse (Secondigny)

Des visites à domicile édifiantes

On peut également reparler de l'intérêt des visites à domicile. "Admis à l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ... etc." Sauf que l'on y voit tout de même des choses qui parfois nous aident à soigner (l'humidité et les moisissures dans la chambre d'un enfant allergique, par exemple, ou la misère, l'exiguïté d'un logement, la promiscuité, la déco d'une chambre d'ado, l'incurie d'un parent, etc.), mais encore faut-il y rentrer, tant que les "autorités de tutelle", qui savent tout par dogme, ne nous l'interdisent pas.

Dr Alain Djemaa (Montarnaud)

Les généralistes ne doivent pas être des boucs-émissaires

Parlons des zones reculées et commençons par remettre une école et un bureau de poste sinon il ne faut pas rêver personne n'ira et je ne pense pas que les médecins soient responsables de la désertification rurale (y'en a marre d'être les boucs émissaires de la dégradation des soins en France, nous qui en sommes les victimes, victimes d'une politique sciemment menée depuis 30 ans par tous les gouvernements successifs) Si l'idéal, c'est la médecine à 2 vitesses avec les libéraux pour les riches et les dispensaires pour les pauvres (vive les années 50!) continuons comme ça et tout ira bien...(et dire qu'il y a encore des jeunes enthousiastes…)

Dr Thierry Lepetit (Ballan-Miré)

Proximité, pour quoi faire ?

Si la proximité c'est assurer par défaut des tâches que les hôpitaux ou les spécialistes rechignent à assumer soit en prescription soit en paperasses, ou bien être le centralisateur des documents de la Sécu ou de ses ratés informatiques, ce n'est pas le rôle du généraliste. Celui-ci doit être là pour s'occuper de la santé de ses patients dans un délai compatible avec la pathologie en cause. Pour le reste tout autre médecin ou professionnel idoine peut être sollicité.

Dr Luc Rebuffic (Asnières-sur-Seine)

Des mesures qui tendent à vouloir contourner le généraliste

Proximité signifie être proche de : c'est le médecin à qui l'on s'adresse en premier. Ce que je constate c'est qu'on éloigne le patient vers d'autres intervenants: pharmacien pour renouveler et surveiller sans aucun examen donc source d'erreurs, renouvellement de pilule par des tiers sans formation sur la pilule et l'adaptation à la patiente. Toutes ces mesures sont faites pour contourner le médecin de proximité . cela renforce le désengagement vers la médecine générale. il vaudrait mieux par exemple accorder le droit aux médecins de coter leur frottis en le cumulant à la consultation pour la prise en charge des femmes non surveillées soit reprise par le médecin généraliste, définir une FMC non pas étatisée et sans intérêt mais une FMC obligatoire avec des thèmes définis pour 1/3 par le système actuel et pour le restant par les médecins eux-mêmes, surveiller la pertinence des actes et l'adéquation des prescriptions et des diagnostics tant pour les généralistes que les spécialistes, graduer le remboursement des actes selon l'importance de la pathologie cotée, indemniser mieux et former des ECA à l'encadrement des externes et internes en médecine générale. Voilà quelques-unes de mes idées pour renforcer la médecine générale.

Dr Pascal Boulet (Bonsecours)

Cela n’intéresse personne que je fasse ou non de la bonne médecine

Le CAPI était une bonne idée car enfin le fait d'essayer de faire correctement son métier était pris en compte mais pourquoi pervertir çà avec des considérations économiques (génériques), il y a assez d'indicateurs impartiaux de bonne prise en charge ( HB1ac, grippe, cancer sein et côlon!!!). Je dis cela mais en tant que jeune médecin, je n'intéressais pas le CAPI donc a priori cela n'intéresse personne que je fasse ou non de la bonne médecine…

Dr Alexandra Bernadac (Agonac)

Proximité de compétence

La médecine de proximité, c’est lacapacité à pouvoir prendre en charge les problèmes de santé simples dans un rayon de déplacement raisonnable pour le patient et le praticien, sans mobiliser de moyens onéreux en terme de transport ou personnel de structures hospitalières, l'intervention d'un médecin de garde coutera toujours moins cher que l'équivalent en service hospitalier. Fatalement elle se heurte, sans s'opposer, aux notions de disponibilités, engagement, volontariat, formation et rémunération des praticiens et d'éducation médicale et civique des patients qui rechignent à se déplacer. Donc le problème ne se résume pas à des contingences pécuniaires et géographiques

Dr Christian Godfroy (Rouen)

La proximité, un luxe dont on peut se passer...

Sauf urgence, cette proximité n'est pas vitale ; c'est juste un besoin que l'on crée chez les patients ; ce qui est important c'est la qualité de la médecine et cela, on n'en parle même pas... .Si la médecine générale était mieux rémunérée , les médecins n' hésiteraient pas à faire des déplacements( si cela était vraiment nécessaire bien sûr!)mais quand on voit qu'un podologue , un kiné passe moins de temps et vit plus confortablement sur le plan personnel et financier, il y a un moment où forcément c'est le ras-le-bol; idem pour les délégués médicaux ( rémunérés par les labos ) avec des voitures de fonction hors de prix et des salaires (n'en parlons même pas!) et un emploi du temps qui s'arrête tous les jours à 16h, comment ne pas avoir l'impression qu'on est les rois des imbéciles, nous généralistes libéraux Il suffit de ramener nos honoraires aux nombres d'heures passées... Si en plus on nous enlève tous les avantages à être libéraux , c'est-à-dire liberté d' installation, liberté de prendre des congés, etc., alors j' arrête carrément la médecine! en bref , la proximité ,elle est nécessaire pour les urgences sinon c'est un luxe dont les Français ont bénéficié mais comme tout luxe on peut s' en passer...

Dr Alexandra Vanraes (Chateaubriant)

60 000 euros en début de carrière, 100 000 euros en fin...

Facilité d'accès, connaissance individualisée du patient, dans un environnement familier pour lui (locaux, médecin, personnel soignant), avec fourniture de services médicaux et paramédicaux et sociaux (aide aux formalités, dossiers APA par assistante sociale, pré-interrogatoire par infirmière ou étudiant stagiaire...), et un médecin ne se consacrant qu'au soin, correctement rémunéré (et donner un chiffre pour sortir de l'hypocrisie: 60000€ net en début de carrière, 100 000 euros en fin de carrière).

Dr Frédéric Petron (Reims)

Les médecins aspirent à travailler moins

Pouvoir gérer la majeure partie des problèmes dans des délais raisonnables DONC être plus nombreux. Les médecins aspirent à travailler moins. J'ai baissé mon activité de 12 % en 2009, volontairement... et ça n'est pas fini vu les contraintes et les charges! Attention, les patients peineront bientôt à être reçus par un médecin! Salarié sans toutes les contraintes, pourquoi pas.... Ouvrez le numerus clausus avant qu'il ne soit trop tard!

Dr Jean-François Villet (La Chapelle-d’Armentières)

Maison de santé de proximité : quel intérêt ?

Une maison de santé à 20 km de l'habitation des patients: un intéret pour qui? Certainement pas pour les patients qui avec la dépendance ont des moyens de déplacements limités, or ce sont ces patients qui nécessitent le plus d'une médecine de proximité…

Dr Marie-Catherine Lavigne (Puyoo)

Nos 22 euros ne valent pas plus que bonjour et au revoir

La médecine de proximité est basée sur l'utilité et le service rendu surtout aux gros malades soit évidemment visites à ne pas éviter, disponibilité ce qui suppose non-optimisation du temps sinon aucune place pour les imprévus c’est-à-dire ce qui est souvent le plus grave, minimum de deux médecins par "poste" raisonnable de clientèle soit pour environ 1000 à 1200 habitants, secrétariat et infirmière attachés et pas seulement 7h/jour 5j sur 7 10 mois/an etc...Sinon nos 22 € ne valent pas plus que bonjour et au revoir ou quasiment. Je rappelle que Ch.Affaire horaire moyen de 66 € est lamentable à notre niveau de responsabilité et d'activité tous azimuts et qu'une activité mi-temps ou 2/3 temps qui équivaudrait à un salariat même médical ne permet que de payer ou à peine plus ses frais réels. Donc soit système salarié dans un système cohérent ( qui nécessiterait au moins deux fois plus de médecins et toute une infrastructure administrative complexe à horaires évidemment beaucoup plus limités ) ou on garde le libéral avec une qualité de prise en charge correcte comme dans notre pays, mais à 44 € au moins de l'acte médical vrai et arrêter aussi de se moquer de nous en imposant à des professionnels hyperqualifiés et diplômés des charges administratives d'employés de bureau et une continuité des soins qui ne signifie rien si l'on n'a ni le temps ni les moyens.

Dr Ra Du (Courchelettes)

On élude les vraies questions

Madame Hubert doit être informée de la vraie attente de la base et des jeunes qui quittent en masse le système. La question pour résoudre les problèmes de démographie médicale reprend souvent des pensées uniques et élude les questions qui gênent. Il y a d'autres questions à poser. Il y a d'autres moyens: permettre les exercices panachés S1 S2 S3, permettre une vie de famille, permettre une évolution de carrière, définir des territoires d'immunité juridiques dans les petites erreurs, définir un délit pénal de harcèlement administratif pour pouvoir le qualifier. Rouvrir les perspectives d'évolution de carrières, les DU, les DIU. Faire une vraie couverture maladie pour le libéral, et surtout une couverture grossesse. Maintenir la rémunération et réduire le temps de travail à 40 h/semaine. Définir le repos de sécurité en libéral, payé. Aligner le système sur la médiane Européenne en rem, en nombre de personnel au cabinet, en charges sociales. Pourquoi ne pas mettre une question en ligne sur 'A combien estimez-vous le taux horaire avant impot d'un MG bac +10). Toutes les spécialités médicales sont capables de soigner la bobologie de la PDS et l'augmentation du pool de population à assurer la PDS aurait le mérite de lutter contre le burnout et contre le sentiment d'injustice majeur des médecins G actuellement. La PDS est dans l'esprit du serment d'Hippocrate et du code de déontologie: n'est pas réservé au seul MG.

Dr Philippe Cadic (Orléans)

Donner une impulsion volontariste

C'est le médecin de premier recours, passage recommandé pour accéder au système de santé, d'accès facile à tous, fortement rémunérée pour fournir une médecine de qualité, avec un secrétariat performant dégageant du temps médical pour soigner, déléguant les tâches chronophages, revalorisant le "métier" , privilégiant le temps nécessaire consacré à des pathologies demandant une prise en charge globale: diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, prévention , dépistage, santé publique... Cette médecine intéresse les jeunes générations que nous voyons comme internes dans notre cabinet de groupe mais qui sont déçues du peu de reconnaissance des spécialistes, des universitaires et des médias "grand public." Quand un cabinet médical s'organise pour dégager des horaires décents avec des marges de temps libre, les internes en médecins générale sont intéressés: c'est ce que nous constatons chez nous. Il me semble qu'un signal fort, une impulsion volontariste sont nécéssaires sur le plan d la reconnaissance, mais aussi sur la pertinence de notre spécialité ainsi qu'à son efficacité dans le système de soins. Il y a devant nous une grande espérance et un formidable challenge à relever...

Dr André Barraud (Souvigny)

Tenir compte de la féminisation de la profession

Je voudrais attirer l'attention sur la féminisation de la profession qui est une excellente chose mais les jeunes femmes travaillent à mi-temps, ce qui est compréhensible. Néanmoins, il faut en tenir compte dans le numerus clausus de la première année de médecine et compter deux filles pour un garçon afin d'éviter la pénurie de médecins français. On pourrait aussi imposer un certain nombre d'années d'exercice après les études afin de rendre à la société le savoir reçu; les études médicales sont longues et onéreuses pour notre société et il n'est pas normal de ne pas mettre en application ses connaissances en n'exerçant pas après ses études.

Dr Nadine Gaudillière (Anse)

Partage de l’information : des solutions existent

Vouloir se décharger d’activités subalternes ? J’aurai tendance à dire oui mais cela dépend desquelles car toutes ne sont pas, à mes yeux subalternes. Par ailleurs, nombre de ces activités sont acceptées car venant en compensation de prises en charges très lourdes et faiblement reconnues, effet inéluctable d’un paiement à l’acte exclusif et sous-évalué. Evidemment cela peut être pris en compte plus aisément dans le cadre d’une forfaitisation. Le salariat est la réponse la plus aisée à une situation libérale beaucoup trop contrainte. Le maintien du libéral doit avoir pour point de mire une fourchette de rémunération dans laquelle le professionnel doit pouvoir se retrouver. Reste à en trouver les moyens : une part à l’acte reste un élément motivant pouvant contrebalancer les défauts d’un salariat exclusif ; une contrepartie forfaitaire permettant de ne pas léser les médecins lourdement investis. Quant aux solutions de partage de l’information, les outils existent, mais malheureusement les outils retenus dans le cadre du DMP demeurent tristement arriérés, peu pertinents et ouverts à aucune perspective, hors mis la contrainte, comme le fait actuellement la sécu avec les feuilles de soins ! Ne peut-on pas nous appuyer sur des systèmes de partage de l’information « horizontaux » qui respectent chaque professionnel et le patient, partage des seules informations utiles et avec l’accord de ce dernier sur un serveur de « ligne de vie » qui permettrait de suivre les préoccupations de santé et les objectifs pour ce patient dans le cadre d’un projet de santé. Que voit-on actuellement ? Une multiplication de serveurs non communicants avec les dossiers médicaux, nécessitant des saisies multiples… La proposition de l’utilisation des formulaires Sécu sur le site AMELI procède de la même logique totalitaire. On ne fait aucun cas du professionnel ; on ignore les niveaux de développement de leurs outils qui permettent le « remplissage » automatique des données administratives mais aussi des données médicales à partir du dossier informatisé avec l’énorme avantage d’une saisie unique et de la mémorisation du document dans le dossier du patient. Avec la possibilité de réaliser ce document en dehors d’une liaison ADSL qui est loin d’être optimale en permanence. Un envoi différé comme pour les fds pourrait être bien plus pertinent. Il est clair que nos logiciels n’enverraient pas « du pdf » mais des documents « html » exploitables par les outils de la caisse !

Dr Alain Gibily (Châlons-en-Champagne)

Pas de discriminations médicales, économiques, raciales ou religieuses

La médecine de proximité, c’est :

- accès direct pour le patient pour une première entrée dans la chaîne de soins, sans préjuger de type de problème, sans discrimination de pathologie, de moyen économique et administratif, de race et de couleur, d'opinions politiques ou religieuses ;

- prise en charge de l'intégralité de ces problèmes, allant de la résolution du problème jusqu'à l'accompagnement dans la chaîne des soins (médecine de second et de troisième recours) en passant par la délégation. Gestionnaire du dossier médical du patient.

Dr Claude Rougeron (Anet)

À quand le médecin distributeur de médicaments ?

La notion d'’omnipraticien (mot disparu ou désuet) est toujours présente au quotidien pour moi, ce qui a été un moteur pour apprendre des spécialités et des médecines différentes et complémentaires afin d'élever la qualité des consultations. Je n'imagine pas un instant qu'un pharmacien de comptoir puisse distribuer aujourd'hui la contraception orale, et demain tout ce qu'il a dans sa boutique. La tentation est grande et fait partie de ce monde. Dans l'autre sens à quand le médecin distributeur de médicaments?. N'y aurait-il pas risque d'être juge et partie? Qu'en pense la Cours Européenne? Ou plus simple, à l'extérieur de la pharmacie, à coté du distributeur de préservatifs, celui de pilules, y compris du lendemain, voire plus! En pratiquant ainsi, on perd la notion de proximité. L'éducation à la santé, l'occasion de parler de la sexualité à n'importe quel âge des patients, est une porte ouverte à améliorer cette proximité !

Dr Jean-Louis Ode (Saint-Raphaël)

Un système de complément forfaitaire

La notion de proximité s'apparente pour moi au premier recours et cette médecine peu être dispensé par les médecins les pharmaciens les auxiliaires médicaux. Cependant il est nécessaire qu'une certaine cohérence existe et pour cela il faut que ses acteurs se parlent et se reconnaissent. Peut-être que l'état pourrait organiser la structuration de ses équipes. Pour cela il nous faudrait plus de temps et que la revalorisation des rémunérations nous permettet de déléguer les actes moins importants vers les autres acteurs de santé. On pourrait imaginer un système de complément forfaitaire pour les médecins dont les patients consulteraient les autres acteurs de santé.

Dr Bernard Achard (Saint-Raphaël)

Un métier usant entraînant un stress certain

La proximité ce n'est pas transférer les compétences du médecin généraliste vers le pharmacien(rapport RIOLI inadmissible ) ou l'infirmier. C'est arrêter d'harceler le médecin généraliste avec de la paperasse, avec un manque de considération évident et en augmentation, au point que le burn out devient de plus en plus fréquent même s'il est moins médiatisé, de se souvenir qu'il a toujours la vie des patients entre les mains et de ne pas en sous-estimer le prix. Bref, redonner à la Médecine Générale ses lettres de noblesse qu’elle mérite amplement. L'usure que ce métier provoque par sa difficulté et le stress qu'il entraîne n'est pas connu ni reconnu, la preuve tous ces rapports et missions pour savoir pourquoi les médecins n'en peuvent plus et ruent dans les brancards . Demandez à ceux qui sont installés dans des zones pourvues d'aller en zones déficitaires (qui va payer le déplacement , la fatigue pour récupérer la disponibilité auprès de sa patientèle?) ayant effectué 7 ans en zone rurale pour moi cela est hors de question. La délégation de tâches médicales, c’est hors de question aussi (renouvellement d’ordonnance aux pharmaciens de pathologies chroniques telles que le diabète , l’hypertension, c’est hors de question ; ils n'en ont pas la compétence, certains patients ayant demandé des mois de patience pour être équilibrés et disciplinés dans leur suivi de prescription il est inadmissible qu'un pharmacien se charge de ce suivi...

Dr Claudine Marvillet (Fréjus)

Préorientation diagnostique

La médecine de proximité, c’est une médecine accessible pour tous les soins requérant une compétence de type « horizontal » permettant la prise en charge des pathologies courantes mais également la pré-orientation diagnostique permettant d'éviter des batteries d'examens prédéfinies sans orientation clinique très dispendieuses; permettant également une éducation sanitaire du patient sans aucun doute bénéfique à long terme, à condition bien sur que ces actions chronophages, soient rémunérées à la juste valeur, en rapport avec le gain en long terme (moins de complications, moins d'hospitalisations, d'arrêts de travail, d'invalidité, etc.

Dr Pierre Massin (Liévin)

Comment former des super-généralistes

Je trouve l'interview de Madame Hubert très intéressante . Elle site les radiologues comme indispensables sur les zones déficitaires, c'est le nœud du problème. Notre système de formation n'est pas assez transversal entre les spécialités et la médecine générale. Nous avons institutionnalisé la médecine générale en médiocrité (effet des corporations médicales, pression de l'Etat via les caisses sur le généraliste). Le rhumato, le cardio, le gastro ou le gynéco utilisent les techniques de radiologie qui sont à la croisée de tous les exercices. Mais le généraliste utilise- t-il ces techniques? Eh bien non, l'application des nouvelles technologies passera par la radiologie et notamment l'échographie dans les zones déficitaires. Elle évitera bien des errements diagnostiques, permettra de demander de l'expertise en ligne. Je parle en connaissance de cause car je la pratique: tout est fait pour vous en dissuader, le DU est indigérable et monopolisé par des radiologues qui réservent les places de la partie pratique aux spés. Et pourtant cet exercice est indispensable pour améliorer notre performance au diagnostic ; elle change notre relation à la maladie et au patient vitalise notre exercice. Autre proposition à Madame Hubert: ne devrait-on pas se poser la question de la motivation des étudiants dès la première année de médecine. Un oral s'impose dans les concours et le système a produit des aberrations par son numerus clausus en éliminant des jeunes prometteurs avec des 15 de moyenne générale, qui si on les avait interrogés, auraient peut-être manifesté un peu plus de motivation que les majors de promo. Il faut, en effet, dans notre métier avoir du courage et c'est manifestement une qualité dont on ne tient pas assez compte dès la sélection. Il suffira donc d'inscrire l'écho comme matière obligatoire dès l'apprentissage de l'anatomie (ce qui la rendra plus lisible pour tous les étudiants) et vos premiers super-généralistes émergeront avec un peu plus de motivation et surtout seront revalorisés dans leur fonction. Cela fait un bien fou d'adresser un patient avec un diagnostic au spécialiste si tout médecin généraliste ressentait cette divine sensation...

Dr Christophe Pépin (Saint-Gilles-Croix-de-Vie)

Nos patients vieillissent, nous aussi...

Je travaille dans une zone déficitaire, les médecins autour de moi ont une moyenne d'âge de 55 ans, ceux qui ont pris leur retraite depuis que je suis installée il y a 6 ans n'ont pas été remplacés. Je travaille avec les infirmières et les pharmaciens au service de mes patients, surtout les plus âgés d'entre eux que j'essaye de maintenir au domicile le plus longtemps possible, en utilisant mes compétences de gériatre, mais je suis inquiète pour le futur...

Dr Ariane Rébélo (Coulanges-la-Vineuse)

Une disponibilité à coût raisonnable

La « proximité » en médecine est plus une notion de disponibilité à un coût raisonnable pour le patient qu'une notion de proximité géographique. Cette disponibilité peut être une consultation, un conseil téléphonique, un dossier à remplir mais le soignant doit être payé pour cela en partie à l'acte (pour être accessible à tous) et en partie par forfait (en contrepartie de respects de certaines garanties de formation, de prévention et de limitation de son activité à un plafond raisonnable : un médecin (ou soignant) référent, quoi...

Dr Jean-Marc Galibert (Champigny-sur-Marne)

Le garant d’un certain équilibre

Le médecin généraliste a un rôle primordial et central dans la prise en charge globale du patient malade.Donnez-lui les moyens de maintenir sa mission de plus en plus difficile et valorisez la, car il est le garant d’ un certain équilibre dans cette société .La prise en charge globale doit être orchestrée par le généraliste et non diluée par l’intervention de multiples prises en charges mal synchronisées et donc inefficaces.

Dr J.-C. Naett (Schilthigheim)

Le généraliste, un point d’ancrage au plus près du patient

La médecine de proximité, c’est une médecine ouverte sur les autres professionnels de santé pour constituer une équipe pluridisciplinaire informelle, le médecin généraliste en étant le point d'ancrage, au plus près du patient, dans une relation libre et confiante, dans une relation d'aide à la réflexion qui reconnaît au patient la libre disposition, éclairée au mieux, d'organiser les soins nécessaires à la conservation ou àla restauration d'un bon état de santé.

Dr Marie-Catherine Guivarc’h (Plumelin)

Les futurs spécialistes préfèrent rester dans les villes universitaires

La médecine de proximité correspond à l'offre médicale offerte dans un périmètre géographique limité. Dans une ville moyenne de 30 000 habitants (taille de celle où j'exerce) il est regrettable de voir les spécialistes s'en aller ou ne pas être remplacés, les futurs spécialistes préférant rester dans les villes universitaires. Ainsi, l'hôpital de Dôle n'a plus de gastro-entérologues, a moins de chirurgiens. les rdv de cardiologie dépassent les six mois, idem pour l'urologie, la rhumatologie et l'ophtalmo, bien sûr... et les patients âgés ou défavorisés ne peuvent pas se rendre à 50 km pour une consultation spécialisée.

Dr Delphine Fourchotte (Dôle)

Diminuer le différentiel de revenu entre généralistes et spécialistes

Je suis médecin généraliste installé dans un village de 1 800 habitants à 8 km de Blois. Je suis très heureux dans mon travail et je pense que la première chose à faire pour attirer des jeunes médecins généralistes serait de revaloriser la spécialité matériellement car temps que le différentiel de revenus entre généralistes et spécialistes sera de 75 à plus de 100 %, les nouveaux internes seraient bien bêtes de choisir la médecine générale, sachant qu'ils auront des horaires impossibles, qu'ils seront de garde la nuit le week-end et les jours fériés notamment et qu'ils auront malgré ces contraintes des revenus 2 à 3 fois moins élevés que la plupart des spécialistes. Que nos chers ministres de la Santé et du Budget augmentent les revenus des généralistes à taux voisin de la moyenne des spécialistes tout en lissant certains revenus de certains spécialistes et en diminuant le différentiel de revenu à moins de 33 % entre les diverses spécialités.

Dr Jacky Leproust (Saint-Claude-de-Diray)
Source : Legeneraliste.fr
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