Cancer - Première victoire pour l’immunothérapie dans le mélanome métastatique

CancerPremière victoire pour l’immunothérapie dans le mélanome métastatique

30.07.2010

Double première à l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) avec les résultats obtenus par l’ipilimumab dans le traitement des patients avec mélanomes métastatiques. C’est, en effet, la première fois depuis trente ans qu’un essai clinique1 montre une amélioration de la survie dans ce type de cancer ou elle n’excède généralement pas une année, et également l’issue cliniquement positive des recherches menées dans le domaine des thérapies immunologiques du cancer.

  • Première victoire pour l’immunothérapie dans le mélanome métastatique - 1

    Première victoire pour l’immunothérapie dans le mélanome métastatique

L’ipilimumab est un anticorps monoclonal entièrement humain développé par Bristol-Myers Squibb. Son mode d’action consiste à bloquer une voie de signalisation associée à une molécule située en surface des lymphocytes T (antigène du lymphocyte T cytotoxique 4 ou CTLA-4), et ainsi à stimuler la réponse du système immunitaire face au mélanome. Cette molécule avait déjà démontré des résultats favorables dans des études de phases 2 ou elle était prescrite en monothérapie ou en association à d’autres traitements incluant des vaccins. Cette nouvelle étude de phase 3, randomisée, en double aveugle, menée auprès de 676 patients à travers le monde ayant un mélanome métastatique de stade III ou IV et en échec thérapeutique, vient de montrer qu’un net gain de survie était possible.

« Ces résultats représentent une avancée exaltante à la fois pour ces malades et pour le champ de recherche en immunologie du cancer » déclare le Dr Steven O’Day, Professeur associé à la faculté de médecine de l’Université de Californie du sud, qui a conduit cette étude. Les patients ont été suivis durant 55 mois, 70 % avaient des métastases viscérales et plus de 36% un taux élevé de lactate deshydrogénase - tous deux facteurs de mauvais pronostic. Ils ont été répartis en trois groupes : ipilimumab en combinaison avec un vaccin (gp100) - dont on a démontré qu’il augmentait la réponse immunitaire sans activité antitumorale avérée -, ipilimumab seul ou vaccin seul. Le traitement traditionnel était réintroduit en cas de progression des lésions.

Le critère principal de jugement était la survie globale dont la médiane a été de 10 mois pour le groupe ipilimumab /vaccin, 10,1 mois pour ipilimumab seul et 6,4 mois pour le groupe vaccin seul, soit un gain de près de 4 mois en faveur de l’ipilimumab. Les taux de survie pour les groupes ipilimumab/vaccin; ipilimumab seul ou vaccin seul, ont été respectivement 43,6 %, 45,6 % et 25,3 % à 12 mois, 30 %, 33,2 % et 16,3 % à 18 mois et 21,6 %, 23,5 % et 13,7 % à 24 mois. L’efficacité de l’ipilimumab était indépendante de l’âge, du sexe, du taux initial de lactate deshydrogénase, du stade métastatique de la maladie et d’un traitement - ou non -antérieur à base d’interleukine-2. Les effets secondaires (essentiellement cutanés et gastro-intestinaux) ne sont néanmoins pas négligeables et peuvent être sévères : grade 3 à 4 pour 10 à 15 % des patients sous ipilimumab, la plupart étant réversibles sous traitements. Au cours de l’essai, 14 décès en rapport avec les médicaments (2,1%) ont été observés dont 7 étaient associés à des événements de nature immunitaire.

Ces résultats très encourageants devraient déboucher assez rapidement sur l’autorisation de mise sur le marché par la Food and Drug Administration (FDA) américaine.

1. Hodi FS. Improved survival with ipilimumab in patients with metastatic melanoma. Published at www.nejm.org June 5, 2010 (10.1056/NEJMoa1003466)
Dr Laurie Danjou
Source : Legeneraliste.fr

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