Universités - Comment Pécresse veut lutter contre l’échec en médecine

UniversitésComment Pécresse veut lutter contre l’échec en médecine

17.06.2010

A la rentrée prochaine, carabins et potards se retrouveront dans les mêmes amphis en première année. La réforme, qu’a présentée cette semaine Valérie Pécresse, vise aussi à permettre à ceux qui échouent plus de possibilités de réorientation, et à ouvrir la médecine à des diplômés d’horizons non scientifiques.

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    Comment Pécresse veut lutter contre l’échec en médecine

Le PCEM 1 est mort, vive la PACE, première année commune des études de santé ! Les futurs bacheliers tentés par des études médicales et qui planchent sur le bac ces jours-ci, devront assimiler dès la rentrée prochaine les nouvelles règles du jeu. Valérie Pécresse a présenté mercredi devant les Doyens d’Université la réforme qui s’appliquera à partir de la rentrée prochaine et vise à lutter contre un taux d'échec de 80%. «L'objectif premier est la lutte contre le gâchis humain que représentait pour une majorité d'étudiants la première année de médecine ou de pharmacie», explique, satisfaite, la ministre des Université en présentant les principaux points de cette réforme votée par le Parlement en juin 2009. On retiendra d’abord que la première année s’élargit en un tronc commun aux principales filières de santé : médecine, dentaire, sages-femmes, comme c’était le cas jusqu’à présent, mais aussi pharmacie.

Deuxième changement de taille : ce ne sera plus le rang au concours de fin d’année qui offira la filière de son choix aux étudiants en fin de première année, mais l’option préalable pour des concours distincts. Désormais, chacun pourra donc choisir de passer le ou les concours qu'il souhaite. Année commune, mais menu diversifié : le contenu des enseignements est modifié avec un tronc commun au premier semestre et des enseignements spécifiques au second. Et les coefficients des différentes disciplines seront adaptés à la filière choisie.

La réforme ne remet pas en cause le numerus clausus (7.403 places en 2009-2010 en médecine, 1.154 en odontologie, 1.016 en sage-femme et 3.090 en pharmacie), mais, pour la première fois, le redoublement ne sera autorisé que pour les étudiants dont le rang précèdera 2,5 fois le numerus clausus. Valérie Pécresse entend tout simplement éviter aux étudiants de perdre leur temps, citant le cas extrème «d’un bon étudiant qui pouvait perdre deux ans en première année de pharmacie, puis perdre deux nouvelles années en première année de pharmacie et perdre en tout quatre ans.»

Nouvelles passerelles et droit aux remords

En outre, la ministre veut ouvrir des perspectives pour les étudiants qui échouent. Les étudiants en échec à la fin du premier semestre pourront en effet, à partir de la rentrée 2012, se réorienter en licence, scientifique ou non. Ces passerelles «sortantes» se mettent en place progressivement fac par fac, mais elles doivent toutes être effectives pour la rentrée 2012-2013.

Dans l'autre sens, des passerelles «entrantes» permettront à des étudiants d'autres filières (diplômés d'école de commerce grade master, diplômés d'instituts d'études politiques grade master, ingénieur diplômé, diplômé docteur vétérinaire, diplômé sage-femme etc) d'intéger les études de santé en deuxième ou troisième années. Cela doit «permettre par exemple à des infirmières motivées de devenir médecins», a expliqué Valérie Pécresse, qui juge indispensable cette logique de passerelles, «parce que l’on ne sait pas à 18 ans, ce que l’on voudra faire toute sa vie.» Enfin, dans la même logique, un «droit aux remords» est instauré: un étudiant en 3ème année de médecine qui aurait aussi été reçu en dentaire en fin de 1ère année et qui regretterait d'avoir finalement choisi médecine pourra exercer et s'orienter vers le dentaire dès sa troisième année. Toutes ces passerelles sont organisées par des arrêtés qui seront soumis dès lundi 21 juin au conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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