| Le Généraliste

07.05.2010

Un demi-siècle après son lancement en mai 1960 aux Etats-Unis, berceau du féminisme et de la libération sexuelle, la pilule, adoptée par une femme sur cinq, est le contraceptif préféré des Américaines, mais au coude-à-coude avec la stérilisation."Depuis le début, la pilule a toujours été le moyen de contraception réversible le plus populaire aux Etats-Unis. Mais, si l'on prend en compte à la fois la stérilisation féminine et masculine, alors la stérilisation est vraiment la méthode de choix", explique à l'AFP Elizabeth Watkins, directrice du département histoire de la santé de l'Université de Californie.Selon les dernières statistiques des Centres de contrôle des maladies (CDC) datant de 2002, 11,7 millions d'Américaines en âge de procréer (15 à 49 ans), soit environ 20%, sont sous pilule tandis que 10,3 millions (près de 19%) ont été stérilisées.Le préservatif masculin est le 3e contraceptif le plus usité (6,9 millions). La vasectomie touche 5,7% des hommes.Si l'on considère les couples américains utilisant une méthode de contraception (autour de 80%), 31% utilisent la pilule, 27% la stérilisation féminine et 9% la stérilisation masculine."La stérilisation a souvent été beaucoup plus pratiquée aux Etats-Unis que dans d'autres pays", souligne Andrea Tone, professeur d'histoire de la santé à l'université McGill à Montréal, soulignant la différence avec certains pays d'Europe.Selon des statistiques des Nations unies datant de 2009, en France, où la pilule est apparue en 1967, 43,8% des femmes l'utilisent (soit 60% des femmes sous contraception). En Allemagne, où elle a été autorisée dès 1956, plus d'une femme sur deux la prend tous les jours (54% en 2007, selon l'Office allemand de prévention pour la santé). "Une des premières raisons de cette différence est qu'ici on stérilise beaucoup plus, les femmes comme les hommes", explique à l'AFP James Trussell, professeur d'économie du secteur public à Princeton University. "C'est encore très populaire même si cela décline un peu. Beaucoup choisissent cette méthode parce que c'est permanent. Vous n'avez plus à vous en préoccuper".Des raisons historiques, économiques et médicales expliquent aussi la popularité de cette méthode.Aux Etats-Unis, la pilule a longtemps été très chère et n'a commencé à être remboursée qu'à la fin des années 90, rappelle Mme Watkins. "Sur le long terme pour une femme, la stérilisation revient moins cher", ajoute Andrea Tone.Il fut aussi un temps où la stérilisation était pratiquée de façon routinière sur les femmes pauvres et noires après plusieurs grossesses. "Dans les années 60 et 70, lorsque les lois d'assurance sociale sont passées, de nombreuses femmes à bas revenus et des femmes de couleur entrant dans le système étaient obligées de procéder à une ligature des trompes", affirme Mme Watkins."Ce n'est plus le cas maintenant", rappelle le professeur Trussell. Et de l'autre côté de l'échelle sociale, la stérilisation était aussi un choix revendiqué par les féministes américaines, note Andrea Tone.Elle souligne que des innovations ont également facilité la stérilisation avec l'apparition en 2003 de la méthode Essure, qui sans chirurgie et à un coût moindre, introduit un dispositif dans l'utérus qui provoque une excroissance de tissus bouchant les trompes.La contraception hormonale demeure toutefois en plein boom, avec l'apparition d'implants, de timbres et d'injections. "C'est vrai qu'une petite proportion de femmes utilise la pilule mais si vous ajoutez celles qui utilisent toutes ces méthodes héritières de la pilule, la contraception hormonale est largement plébiscitée", assure Andrea Tone.vmt/cel/mpd

Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Cancer domicile

Répondez à notre enquête Quelles solutions pour vos patients atteints de cancer à domicile ?

A l’heure du « virage ambulatoire », la cancérologie se déploie de plus en plus chez le patient. Pour le médecin généraliste comme pour les autres acteurs de soins de ville, c’est à la fois une...Commenter

Agnès Buzyn annonce la mise en œuvre de la recertification des médecins

.

Agnès Buzyn avait déjà plutôt séduit l’Ordre des médecins lors de ses discours. La ministre de la Santé pourrait bien avoir à nouveau... 34

Pour les Français, les médecins prescrivent trop... sauf le leur !

.

Touche pas à mon toubib ! La dernière enquête de la Drees confirme une fois encore un attachement fort à son médecin traitant. 88 % de nos... 3

Gastro-entérologie LA CONSTIPATION Abonné

Constipation

Pathologie fréquente, assez souvent négligée, la constipation chronique nécessite d’être considérée et caractérisée. Sa prise en charge,... Commenter

Addictologie LA MALADIE DE LAUNOIS BENSAUDE Abonné

Maladie de Launoy Bensaude 2

Cette pathologie est une lipodystrophie rare, souvent rattachée à une intoxication alcoolique, et se traduit par le développement... Commenter

A découvrir