Etude - Le cancer de la prostate, une histoire de famille

EtudeLe cancer de la prostate, une histoire de famille

26.04.2010

Le risque de cancer de la prostate augmente avec le nombre d’hommes touchés dans une même famille selon une grande étude suédoise. Ses conclusions incitent à un dépistage précoce et renforcé des hommes dans les familles à risque.

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    Le cancer de la prostate, une histoire de famille

Les médecins savent empiriquement qu’il y a des « familles à cancer de la prostate ». L’équipe de chercheurs suédois de Kari Hemminki vient étayer cette hypothèse en montrant un risque multiplié par 23 lorsque trois frères sont également atteints. Plus rassurant, un homme âgé de 65 à 74 ans n’a pas un risque très majoré (1,8) s’il n’a que son père atteint. Cette étude parue en ligne sur European Urology a inclus 26 651 cancers de la prostate, 5623 provenant de familles où le diagnostic a déjà été porté. Plus l’arbre généalogique est atteint, plus le risque est élevé. Le risque est d’autant plus élevé que le cancer est survenu tôt chez les apparentés.

Dépistage renforcé

Le risque de cancer familial fait encore débat puisque le dépistage est d’autant plus suivi qu’il existe des cas dans la famille, d’où la tendance à gonfler artificiellement les chiffres par un suivi médical renforcé. Il y a aussi la polémique récurrente sur les diagnostics de ces petites tumeurs qui n’auraient jamais fait parler d’elles. Pour couper court à ces critiques, les chercheurs ont mis en relation la mortalité par cancer de la prostate et le nombre de familles touchées par ce type de cancer. Ils parviennent à une distribution superposable à celle des cancers nouvellement diagnostiqués. Autrement dit, plus le cancer est présent dans la famille, plus la probabilité de décéder d’un cancer de la prostate est augmentée.

Les auteurs en concluent que l’augmentation du risque n’est pas due à un surdiagnostic provenant d’un suivi médical plus rigoureux mais bien à une prédisposition familiale. « Nos résultats peuvent aider la pratique des médecins. Si un homme a plusieurs personnes dans sa famille qui ont été diagnostiquées à un âge précoce, son risque personnel est substantiellement augmenté. Dans ce cas, le médecin de famille devrait vigoureusement recommander un dépistage précoce » a indiqué Kari Hemminki. Cette étude est basée sur la base de données suédoise « Swedish National Family Cancer Database, une mine de renseignements collectée sur 11,8 millions de suédois.

Source : Brandt A, Bermejo JL, Sundquist J et Hemminki K: Age-Specific Risk of Incident Prostate Cancer and Risk of Death from Prostate Cancer Defined by the Number of Affected Family Members. European Urology 2010, DOI: 10.1016/j.eururo.2010.02.002
Dr Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr

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