Sondage - Les Français inquiets pour l’accès aux soins

SondageLes Français inquiets pour l’accès aux soins

03.04.2010

Les assurés sont pessimistes pour leur couverture maladie et jugent l’accès à la santé menacé par la pénurie de médecins ou du fait du coût des soins. L’étude CISS-LH2 suggère aussi que les assurés sont majoritairement favorables à la limitation de la liberté de l’installation, à l’encadrement du revenu des blouses blanches et aux délégations de tâches vers les paramédicaux.

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    Les Français inquiets pour l’accès aux soins

Si Nicolas Sarkozy avait connu ces résultats avant de se rendre aux États-Unis, peut-être se serait-il montré plus discret sur les vertus du système de soins français vis-à-vis de son homologue américain... Quoiqu’effectivement usagers d’un des meilleurs systèmes de soins, les Français sont en effet inquiets pour leur protection sociale et leur accès aux soins. C’est du moins ce que tend à prouver une « consultation en ligne »* commandée par le Ciss (collectif de patients) à l’institut LH2 et dont les principales conclusions ont été révélées vendredi 2 avril.

Côté couverture maladie, tout fout le camp ! Sept Français sur dix considèrent que leur système de santé ne garantit plus un « égal accès aux soins, quel que soit le revenu de chacun » et la même proportion n’est pas du tout d’accord (28 %) ou plutôt pas d’accord (41 %) quand on lui dit que la Sécu « prend très bien en charge les dépenses de santé ». Sur le même thème, 84 % des répondants estiment que les choses vont de mal en pire et que « depuis quelque temps, les frais de santé sont moins bien remboursés par la Sécurité sociale et davantage par les mutuelles. » Inutile de préciser que, dans ce contexte, la quasi-totalité de nos concitoyens juge « indispensable » (86 %) ou « important » (12 %) le fait d’avoir une complémentaire santé. Même si, sur ce sujet, personne n’est dupe : 8 assurés sur 10 ont le sentiment que le coût de leur mutuelle a augmenté ces dernières années.

Trop de dépassements, pas assez de médecins

Côté accès aux soins, les Français sont sévères aussi. 74 % ont déjà eu la désagréable surprise de voir baisser la prise en charge de son médicament, 65 % ont déjà été confrontés à un dépassement d’honoraire chez un médecin. Et quand on leur suggère que les « les médecins ne sont pas assez nombreux dans certaines régions », presque tous (93 %) sont « plutôt d’accord » (28 %) ou même tout à fait d’accord (65 %). L’unanimité est presque la même (84%) pour dire qu’il est «difficile de consulter un médecin la nuit ou le week-end» ou pour convenir (92%) qu’il n’y a pas assez d’Ephad ou de structures de soins de suite. Toujours avec la même méthode (d’accord/pas d’accord sur des affirmations), la«consultation en ligne» CISS/LH2 fait dire aux Français que décidemment les médecins n’accordent «pas assez d’importance à la prévention (30% d’accord, 40% plutôt d’accord) ou «prescrivent trop de médicaments» (51%).

Concernant la coordination des soins, on notera que les Français se jugent bien orientés, en tout cas du généraliste vers le spécialiste (69%), mais ils sont un peu moins nombreux (56%) à percevoir de façon positive la relation entre médecine de ville et médecine hospitalière. Comment améliorer la coordination ? D’abord en «donnant au médecin traitant un vrai rôle de coordination (39% des réponses), ensuite en multipliant les maisons de santé (33%), enfin en développant l’informatisation des données de santé (25%).

Sans suprise, c’est sur des solutions assez radicales que les assurés majoritairement s’accordent sur les sujets qui fâchent: il ressort de cette enquête que les trois quarts des Français souhaitent qu’on limite la liberté d’installation des médecins (76%) et un même pourcentage se prononce aussi pour «encadrer davantage la rémunération des médecins.» Dans un autre ordre d’idées, il faudrait « contraindre davantage les médecins à respecter les recommandations» (57%) et «transférer certains actes médicaux» des médecins vers les paramédicaux (57%).

*Enquête proposée par internet sur le mode du volontariat: 4219 personnes ont répondu en ligne entre le 16 novembre 2009 et le 31 janvier 2010. LH2 souligne que parmi les réponses il y a une surpreprésentation "non négligeable" des personnes malades liées aux associations du CISS.
Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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