États-Unis - Nouvelles déconvenues pour le projet d’Assurance maladie de Barack Obama

États-UnisNouvelles déconvenues pour le projet d’Assurance maladie de Barack Obama

25.03.2010

Coup de théatre à Washington! Alors que le texte devait être promulgué par le président américain, on apprend que le projet Obama va devoir être revoté pour irrégularité de procédure. Après plusieurs mois de batailles féroces contre ses adversaires républicains, le président va devoir continuer le combat pour faire passer une avancée emblématique de la protection sociale outre-Atlantique.

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    Nouvelles déconvenues pour le projet d’Assurance maladie de Barack Obama

« This is a big fucking deal !» Chuchotée dans l’oreille du président américain... et reprise dans le monde entier, l’exclamation signée Joe Biden, vice-président américain résumait bien le soulagement de la Maison Blanche en début de semaine. Mais cette phrase qui pourrait se traduire en Français par « P... quelle histoire ! venait peut-être un peu trop tôt... Mardi, Barack Obama avait en effet signé, après des mois des batailles âpres avec le camp républicain et de compromis nécessaires dans sa propre majorité, sa réforme de l’Assurance-maladie. C’est une réforme emblématique pour le président des États-Unis : permettre à 32 millions d’Américains qui étaient jusque-là dépourvus de couverture maladie d’en bénéficier. Le texte avait été adopté dans la nuit de dimanche à lundi à la Chambre des représentants par 219 voix pour et 212 voix contre, après son adoption au Sénat en décembre.

Patatras! Finalement on a appris jeudi que la loi sur la réforme de l'assurance maladie de Barack Obama devra être renvoyée devant la Chambre des représentants pour un nouveau vote en raison d'une irrégularité de procédure. «Après des heures à essayer de bloquer» le texte, les Républicains «ont trouvé deux dispositions relativement mineures qui constituent des vices de la procédure du Sénat et nous allons devoir renvoyer le texte devant la Chambre des représentants», a déclaré mercredi soir Jim Manley, porte-parole du chef de la majorité au Sénat Harry Reid. Ce rebondissement constitue un revers de taille pour les démocrates, et impose de revoir le vote à la Chambre des représentants.

Dès jeudi, le président des États-Unis avait pourtant prtévu de faire un premier déplacement dans l’Iowa pour convaincre les Américains du bien-fondé d’un arsenal législatif devenu impopulaire chez une partie de la population, mais aussi pour contrer l’offensive républicaine, alors que la Chambre des représentants sera entièremenent renouvelée en novembre. En outre, quatorze Etats avaient saisi la justice mardi contre la réforme de l'assurance maladie quelques minutes après sa promulgation par le président américain Barack Obama, estimant que la loi est anticonstitutionnelle..

Loin d’une « Sécu» à la française

Concrètement, cette réforme devait permettre d’offrir une couverture maladie aux 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus et se fixe comme objectif de couvrir 95 % de la population de plus de 65 ans. Mais il ne s’agit pas d’une assurance-maladie obligatoire et universelle. Le texte crée en fait dans chaque État une bourse des polices d’assurances pour promouvoir la concurrence et tenter de faire baisser les prix des primes d’assurances. La réforme ne met pas en place de caisse publique d’assurance-maladie comme le président l’avait initialement souhaité. Le projet prévoit aussi d’investir 11 milliards de dollars sur cinq ans dans les dispensaires de quartier qui soignent 20 millions d’Américains.

En contrepartie, chaque citoyen sera tenu d’être assuré ou alors de payer une pénalité qui augmentera progressivement jusqu’à atteindre 2,5 % de ses revenus en 2016. Les entreprises de plus de 50 salariés qui ne fourniront pas de couverture à leur personnel seront aussi pénalisées à raison de 2000 dollars par an et par salarié non couvert. En revanche, les petites entreprises et les ménages modestes bénéficieront de crédits d’impôts et d’aides pour financer leur assurance.

Les assureurs auront également de nouvelles obligations; notamment ils ne pourront plus refuser une couverture au motif de problèmes de santé préexistants. Le financement de ce nouveau système passera par l’impôt sur les entreprises : 67 milliards d’euros sur dix ans pour les assureurs (dont le marché va aussi de fait s’élargir), 23 milliards pour l’industrie pharmaceutique et 20 milliards pour les équipements médicaux.

Véronique Hunsinger avec AFP
Source : Legeneraliste.fr
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