Grippe A - Bachelot fait face aux critiques sur la crise du H1N1

Grippe ABachelot fait face aux critiques sur la crise du H1N1

24.03.2010

La ministre de la Santé a été auditionnée par la commission d’enquête du Sénat sur la grippe A mardi soir. Elle a justifié point par point la stratégie du gouvernement, au nom de l’équité et des incertitudes qui pesaient au printemps. Une autre mission parlementaire a fait état de ses premières constatations mercredi : elle souligne des défauts de communication et d’organisation du gouvernement dans cette crise sanitaire.

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    Bachelot fait face aux critiques sur la crise du H1N1

Tout juste confirmée dans ses fonctions par le président de la République, la ministre de la Santé a passé mardi soir son grand oral devant la commission d’enquête du Sénat sur sa gestion de la grippe A. Roselyne Bachelot a justifié point par point sa stratégie et confirmé que l’annulation de 50 millions de doses de vaccins était toujours en cours de négociation avec les industriels. Ceux-ci se sont vus proposer une indemnité transactionnelle correspondant à 16 % du montant de la commande annulée, soit la valeur des frais engagés par les laboratoires. Au total, l’économie pour les pouvoirs publics devrait se situer aux alentours de 350 millions d’euros.

Face à la salve des critiques, menée notamment par le sénateur d’opposition et médecin généraliste François Autain, la ministre a ironisé sur les « experts de la troisième mi-temps ». Elle a en particulier insisté sur l’ensemble des incertitudes qui pesaient avant l’été, au moment où le gouvernement a pris sa décision de mettre en place une campagne de vaccination de masse : incertitudes sur les capacités de productions de l’industrie, sur les rendements, sur les délais de livraison, sur la mise à disposition à temps de la souche virale par l’OMS. Elle a également rappelé le contexte épidémiologique du printemps de l’année dernière, notamment les cas graves et mortels recensés au Mexique et qui présentaient un caractère inhabituel. Enfin, elle a justifié le fait que la vaccination ait été proposée à l’ensemble de la population par des « principes d’éthique et de justice ».

En revanche, elle s’est peu étendue sur l’exclusion des médecins généralistes de la campagne de vaccination, se bornant à signaler que huit réunions s’étaient tenues avec leurs représentants depuis mai 2009. Mais elle a reconnu que le système « doit garder de la souplesse et de la réactivité » pour être efficace et s’appuyer sur une expertise pluridisciplinaire ». Une autre commission d’enquête parlementaire, cette fois-ci à l’Assemblée nationale, se penchera plus précisément sur le déroulement de la campagne de vaccination.

Plus de souplesse n’aurait pas nuit

Pendant ce temps, les parlementaires experts des questions scientifiques, au sein de l’OPECST*, continuent leurs travaux sur la gestion des pandémies en général dans un climat moins polémique. La sénatrice des Verts, Marie-Christine Blandin et le député UMP Jean-Pierre Door se sont rendus la semaine dernière au siège de l’OMS à Genève. « L’OMS n’envisage pas pour l’instant de quitter le stade 6 mais pourrait sortir de l’urgence sanitaire » a raconté Jean-Pierre Door, mercredi matin en présentant le rapport d’étape de l’OPECST. Pour les deux parlementaires, le plan français aurait probablement du être appliqué avec davantage de souplesse et la responsabilité conjointe des ministères de la Santé et de l’Intérieur a certainement rigidifié les processus.

Marie-Christine Blandin a également déploré les choix de communication du ministère de la Santé et donne en exemple l’usage massif d’internet par les pouvoirs publics américains. « Les chercheurs américains nous ont dit qu’ils pensent que les vaccins adjuvantés sont beaucoup plus efficaces, mais qu’ils ne les ont pas utilisés car leurs études montraient que ceux-ci n’étaient pas acceptés par l’opinion publique » a aussi souligné la sénatrice des Verts.

S’il est encore trop tôt pour calculer avec précision le coût total de la campagne de vaccination, les parlementaires ont collecté un certain nombre de données. L’envoi des bons de vaccination par la CNAMTS, par exemple, a coûté 28 millions d’euros. Grâce à ces bons, on connaît avec une grande précision le nombre de personnes reéllement vaccinées : 5 726 802 au 16 mars. Mais les taux de vaccination chez les personnes prioritaires sont pour l’heure évalués de façon plus grossière : environ 17 % des familles avec des nourrissons de moins de 6 mois, 16 % des femmes enceintes et 25 % des personnels hospitaliers. Quant à l’épidémie de grippe A, elle aura coûté à l’Assurance maladie 192 millions d’euros pour les seuls soins de ville. L’OPECST rendra son rapport final en juin.

*OPECST : office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques.
Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr

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