Bachelot : vacciner à vitesse grand "V", mais pas en ville

Bachelot : vacciner à vitesse grand "V", mais pas en ville

25.02.2010

Suite au bilan de la semaine dernière et à l’apparition de mutations du virus, la France pourrait passer au niveau 6 d’alerte. Alors qu’un million de personnes ont déjà été vaccinées, le gouvernement vise sept à huit millions de personnes immunisées fin décembre. Il a annoncé un élargissement des horaires et capacités des centres de vaccination. Mais Roselyne Bachelot a indiqué qu’il n’était pas possible de fournir les médecins généralistes en vaccins à dose unique.

"Ces vaccins j'en ai besoin parce qu'en France, il y des gens qui ne vont ni dans les centre de vaccination, ni dans les cabinets médicaux; ce sont les personnes fragiles, les personnes précaires. Avec ça je vaccine les sans-domicile-fixe, je donne les doses unitaires aux équipes de maraude qui vont vacciner les plus fragiles d'entre nous". Roselyne Bachelot a été catégorique lundi matin sur RMC/BFM-TV: "Je n'ai pas de dose unitaires à mettre dans les cabinet des généralistes". En outre, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a expliqué qu’elle ne disposait pas de trois millions de doses", de vaccins à dose unique, comme l’affirmait MG France. Elle a indiqué disposer seulement de 250.000 vaccins à monodose sans adjuvant et 500.000 avec adjuvant. Dimanche, MG France avait en effet demandé au ministère de la Santé de pouvoir pratiquer des vaccins en cabinet médical, affirmant que 3 millions de vaccins conditionnés sous forme de monodoses auraient été livrés à l’organisme en charge des stocks de vaccins. La réponse de la ministre clôt pour un temps le débat.

Polémique Chérèque-Chassang

Le week-end dernier, une polémique nourrie avait éclaté à ce propos entre la CFDT et certains syndicats de médecins libéraux. Opposé aux vaccinations contre la grippe H1N1 par les médecins libéraux dans leurs cabinets, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque avait évoqué dimanche "une question de coût, une question de pognon". "Si vous allez chez votre médecin pour vous faire vacciner, vous allez payer une visite. On nous dit c'est 8 euros, mais on se moque de nous, parce que vous allez y aller, vous allez faire voir un autre problème de santé , et ce sera 22 + 8, ce sera 30 euros", a expliqué le leader syndical au Grand Rendez-vous Europe1/Le parisien-Aujourd'hui en France. Dénonçant une "accusation inacceptable", Michel Chassang a rétorqué: "Cette affaire d'argent n'en est pas une. Ca n'est pas du tout des motivations financières qui nous poussent à réagir comme ça", rappelant quede toute façon "les médecins dans les centres de vaccination sont payés par les caisses d'assurance maladie". "Nous, ce que nous demandons, c'est ni plus ni moins la même chose. Nous ne demandons pas aux Français de débourser de l'argent, en aucune façon", a-t-il ajouté. Le leader de la CSMF se dit "extrêmement affligé" de constater "que les centres de vaccination sont toujours aussi saturés", alors qu’il "aurait été tout à fait simple de mettre en place le système le plus souple possible pour permettre aux Français d'aller se faire vacciner là où ils le souhaitaient". Selon lui, "si chacun d'entre nous, médecins généralistes et pédiatres, vaccinons entre 15 et 20 patients par jour (...) on est en capacité de vacciner un million de personnes tous les jours". Sur le sujet, tous les syndicats de libéraux ne sont pas sur la même longueur d’onde: le SML considère en effet qu’il ne serait pas réaisonnable d’organiser la vaccination dans les cabinets de médecins libéraux.

Le niveau maximal d’alerte bientôt déclenché

C’est aussi l’opinion de la ministre. Opposée à ce stade à la vaccination dans les cabinets généralistes, Roselyne Bachelot a répété qu'il s'agissait "de préserver la capacité des généralistes à traiter les malades grippés". Rappelant que, la semaine dernière, 730.000 consultations avaient eu lieu sur des états grippaux contre 400.000 la semaine précédente, elle a estimé que les généralistes, très sollicités par les malades, n'étaient pas en mesure de pratiquer les 200.000 vaccinations quotidiennes nécessaires.

Le plan de vaccination est guidée par "l'efficacité", a-t-elle dit. "On vaccine 125.000 personnes jour, il va falloir en vacciner 200.000. Les généralistes ne peuvent pas le faire". Elle a en outre déploré que des médecins qui s'étaient engagés à venir effectuer des vaccinations dans des centres, ne s'y soient pas rendus." De son côté, le Pr Didier Houssin a annoncé lundi que plus d'un million de personnes ont été déjà été vaccinées en France, et que l'objectif était de dépasser les 100.000 vaccinations par jour, selon le directeur général de la Santé, afin de pouvoir vacciner, avant fin décembre, les 6 à 7 millions de prioritaires. Devant l’ampleur de l’épidémie et l’apparition de deux cas de mutations la semaine dernière en France et le week-end dernier en Italie, la ministre de la Santé a par ailleurs laissé entendre que la France pourrait bientôt passer au niveau 6, degré maximal d’alerte.

L’Elysée s’en mêle

Elle s’est rendu lundi matin au Palais de l’Elysée pour une réunion au sommet autour du président, à laquelle participait le Premier ministre François Fillon, ainsi que les ministres de l'Intérieur Brice Hortefeux, de l'Education nationale Luc Chatel et de la Défense Hervé Morin. A l’issue de cette réunion, l'Elysée a indiqué qu'à partir de mercredi, "plusieurs centaines d'internes en médecine, de médecins du travail et de médecins du service de santé des armées seront affectées" dans les centres de vaccination. Et les ministres ont "présenté les premières mesures prises" pour augmenter les capacités des centres de vaccination. Le chef de l’Etat a indiqué que les plages d'ouverture des centres "seront élargies dès cette semaine, en particulier le mercredi, le samedi et en début de soirée". Et le président a "en particulier demandé que les centres de vaccination soient ouverts le dimanche", annonce l'Elysée.

Le dernier bilan du réseau Sentinelles publié la semaine dernière traduit une véritable explosion de la grippe A/H1N1 sur l’ensemble du territoire français. En France métropolitaine, la semaine du 16 au 21 novembre, l’incidence des syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimée à 693 cas pour 100 000 habitants largement au-dessus du seuil épidémique de 152 cas pour 100 000. Sur la seule semaine dernière, 435 000 consultations pour syndromes grippaux ont été relevés, soit une estimation de 384 000 grippes diagnostiquées. Résultat après 11 semaines d’épidémie : le nombre de consultations pour syndromes grippaux approche la barre des 2 millions (1 782 000 syndromes grippaux, soit 1,4 million de grippes avérées). Le réseau des Grog (groupes régionaux d'observation de la grippe) estime même qu’elle est déjà dépassée: selon le Grog, 2.726.000 personnes ont été infectées par le virus grippal pandémique H1N1 en France depuis le mois d'août et 712.000 cas ont été observés la semaine dernière en France métropolitaine (contre 410.000 la semaine d'avant). Pratiquement aucune région n’est épargnée par l’épidémie. Au niveau régional, Sentinelles recense que vingt et une régions avaient en effet dépassé le seuil épidémique la semaine du 16 au 22 novembre.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr

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