13 janvier : l’Hexagone sous le seuil épidémique

13 janvier : l’Hexagone sous le seuil épidémique

25.02.2010

Pour la première fois depuis 16 semaines, la France est sortie la semaine dernière de la zone rouge. L’épidémie n’est plus qu’un souvenir, mais pour combien de temps ? Les pouvoirs publics s’interrogent, appellent toujours à la vigilance, et arguant d’un bilan rassurant de la vaccination, le ministère de la santé relance ce mois-ci la campagne.

Le pic épidémique de grippe A est définitivement derrière nous. L’annonce du réseau Sentinelles mercredi a été confirmée jeudi matin par les autorités sanitaires qui ne se hasardent à aucun pronostic pour les prochains mois. « Nous avons constaté que le virus est stable, il n’y a donc pas de raison que ses propriétés se modifient, a commenté le Dr Weber, directrice de l’INVS. En revanche, il est très difficile de savoir si nous allons connaître un ressaut avant la fin de l’hiver. Dans les autres pays, on a constaté des évolutions très différentes : certains n’ont connu qu’un pic pendant leur hiver, d’autres ont fait face à une évolution bimodale, notamment le Mexique et les Etats-Unis. De plus, on a constaté qu’une des particularités de ce virus est qu’il continue à circuler pendant la période estivale ». Selon le dernier bilan du réseau Sentinelles publié mercredi 13 janvier, en France métropolitaine, l'incidence des syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimée à 130 cas pour 100 000 habitants, sous le seuil épidémique de 182 cas pour 100 000. Mais reflux de l’épidémie ne veut pas dire fin de la circulation du virus, ont insisté les autorités sanitaires. La semaine dernière, 22 décès ont été recencés (soit 246 au total), 15 nouveaux cas graves (soit 1190 au total) et 178 personnes sont toujours hospitalisées en réanimation. « Les cas graves chez des personnes sans facteurs de risque est toujours important et stable : 21% des cas graves et 16% des décès » a souligné le Dr Weber. Enfin, les prélèvements ont confirmé que la souche A(H1N1) avait gagné la compétition virale : il représente 96% des prélèvements sur l’ensemble des grippes et 22% de l’ensemble des infections respiratoires aiguës (44% la semaine précédente).

« Dans ce contexte, il faut continuer la vaccination car il serait très surprenant que l’on soit subitement débarassé du virus » a plaidé le Pr Didier Houssin, directeur général de la santé, alors que la vaccination dans les cabinets démarre très lentement. A la date de lundi, 5 372 112 personnes ont été vaccinées soit 10% de la population appelée majoritairement dans les centres de vaccination. Environ un demi-million de scolaires ont été vaccinés dans leur établissements et autant de professionnels dans les hôpitaux.

Tous les bons expédiés d’ici au 22 janvier

La CNAM devrait avoir fini d’envoyer les bons de vaccination à l’ensemble des assurés d’ici le 22 janvier, alors que l’extension des modalités de vaccination est en cours. Environ 600 000 salariés se verront proposer la vaccination dans leur (très grandes) entreprises (Air France, IBM, PSA, Sanofi, …) et 100 000 fonctionnaires dans leurs administrations (ministères en particulier). Deux jours après la possibilité donnée aux généralistes de vacciner dans leur cabinet, le DGS estime qu’il n’est pas encore possible d’apprécier cette activité. La possibilité de disposer du vaccin en pharmacie représenterait « une facilité car cela éviterait aux médecins de devoir se fournir dans les centres de vaccination » a reconnu Didier Houssin, mais les aspects d’organisation de ce circuit de distribution sont toujours en cours de discussion avec les représentants des officines. Les patients pourront également se faire vacciner dans certains centres hospitaliers à partir du 31 janvier, date à partir de laquelle une réduction du nombre de centres de vaccination est envisagée.

Le Pandemrix® en tête

Ces 12 semaines de vaccination permettent de tirer un bilan de pharmacovigilance rassurant. Les Français ont été vaccinés majoritairement avec du Pandemrix® (3,9 millions de personnes). La France est des pays qui a eu le plus recours au vaccin sans adjuvant en l’occurrence le Panenza®, en particulier chez les enfants. Au total, un peu plus de 3000 cas indésirables ont été signalés dont un quart par les patients eux-mêmes. Pour le premier, le taux de notification est de 6,9 pour 10 000 injections dont 96% d’intensité bénigne à modérée. Pour le second, ce taux est de 2,1 pour 10 000 injections dont 87% d’intensité bénigne à modérée. Au total, les cas graves, c’est-à-dire nécessitant une hospitalisation ont été au nombre de 143. Particulièrement surveillées, cinq cas de poussées de maladies démyélinisantes ont été signalées : le diagnostic de poussée a été confirmé dans trois cas, dans le 4e cette poussée a permis de poser le diagnostic de SEP et pour le dernier les investigations sont encore en cours.

En revanche, il n’est pas encore possible pour l’heure d’évaluer la durabilité de l’efficacité du vaccin. « Cette question nécessite une étude sur plusieurs mois afin de mesurer la présence des anticorps, a précisé Jean Marimbert, directeur de l’AFSSAPS. L’agence européenne du médicament a d’ailleurs demandé que ces études soient faites.

Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr
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