Médecine humanitaire - Haïti : le bilan sanitaire inquiétant des ONG

Médecine humanitaireHaïti : le bilan sanitaire inquiétant des ONG

16.02.2010

Nicolas Sarkozy arrive mercredi en Haïti. Il découvrira une situation qui reste dramatique sur le plan sanitaire. Selon les ONG présentes sur place, l’île manque encore de nourriture et de médicaments. Et les besoins de soins sont énormes un mois après le séisme du 12 janvier.

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    Haïti : le bilan sanitaire inquiétant des ONG

250 000 morts, 300 000 blessés, 1,2 million de sans-abri… Un mois après le séisme du 12 janvier, le pays dans lequel le président français arrive pour lui proposer «des aides significatives» n’en finit pas de panser ses plaies. Les besoins en matière de santé restent « énormes » en Haïti, souligne Médecins du Monde (MDM), qui insiste sur le sort des sans-abri « très vulnérables » et notamment de nombreux enfants souffrant de malnutrition. Dans cette « deuxième phase de l'urgence », la chirurgie lourde est quasiment terminée, explique l'ONG médicale dont les équipes ont réalisé 700 interventions chirurgicales au sein de l'hôpital général de Port-au-Prince. « Le million de sans-abri reste dans une situation très précaire », souligne MDM-France qui a récolté à ce jour quatre millions d'euros. « Les maladies telles que les infections respiratoires ou les diarrhées prolifèrent », poursuit l'ONG. Dans le champ de la santé mentale, des modules de jeux pour les enfants ont été acheminés auprès des sinistrés, ce qui permet de les occuper mais aussi de les faire parler ainsi que leurs parents, et ainsi de détecter les possibles cas de syndrome de stress post-traumatique.

De son côté, l’association Tulipe (transfert d’urgence de l’industrie pharmaceutique) a dressé le bilan de son action sur le terrain, en partenariat avec cinq ONG, minutieusement sélectionnées, afin de s’assurer de la traçabilité et de la bonne utilisation de l’envoi de médicaments, selon Benoît Gallet. Le président de Tulipe a expliqué que 36 000 kits de médicaments avaient ainsi été acheminés dès le lendemain du drame et 100 000 traitements dans la première semaine. Christian Lajoux, président du Leem (principal soutien de l’association Tulipe qui regroupe par ailleurs 57 industriels adhérents) insiste sur les leçons qui ont été tirées du tsunami d’Indonésie : à l’époque, « beaucoup de médicaments étaient restés sur le tarmac, jamais utilisés » faute d’adéquation aux besoins ; un « immense gâchis » selon le président du Leem.

Rien de tel ne s’est, cette fois produit, enHaiti, se félicite Tulipe, dont les cantines d’urgence contiennent, outre du matériel médical, des antibiotiques, antiseptiques et antalgiques. Mais les responsables de l’association conviennent que, pour des raisons de sécurité, l’approvisionnement en morphiniques n’a pas pu se faire dans les premières semaines : 8 000 traitements ayant néanmoins pu être acheminés il y a huit jours. « De même que le matériel de réanimation, les antimorphiniques nous ont fait cruellement défaut » confirme Jean-Roch Serra, responsable de « La chaîne de l’espoir », ONG, qui a pris en charge 2 000 malades, dont 600 très lourdes interventions. Face aux 300 000 blessés et dans un contexte de pénurie extrême en médicaments -tous les stocks ayant été détruits par le tremblement de terre-, les ONG estiment donc qu’il faudrait réorganiser le circuit d’approvisionnement d’urgence des antalgiques de troisième génération.

« On continue à augmenter la capacité de nos équipes mobiles » indique Erwan Le Grand pour Aide Médicale Internationale. Lui aussi estime qu’après ces premières semaines, « les besoins sont toujours là, notamment en consommables, équipements médicaux et médicaments ». Vu l’ampleur du drame Haïtien La chaîne de l’Espoir, comme Aide médicale Internationale vont pouvoir bénéficier de l’approvisionnement de Tulipe pendant encore plusieurs semaines. Mais les responsables de Tulipe soulignent que leur ONG n’a ni la vocation, ni la possibilité de pallier la pénurie de médicaments, tous les stocks ayant été détruits par le séisme : « Nous allons continuer à collecter des médicaments, mais nous n’avons pas les moyens de reconstituer les stocks » observe, réaliste, Benoît Gallet.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr
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