Débat - Les nanotechnologies, pour le meilleur ou pour le pire ?

DébatLes nanotechnologies, pour le meilleur ou pour le pire ?

14.10.2009

Faut-il avoir avoir peur ou se réjouir du développement des nanotechnologies ? Le débat public s’ouvre jeudi à Strasbourg. Des réunions publiques sont prévues dans 17 villes de France jusqu’en février. La consultation autour de ces particules déjà très présentes dans notre environnement aura également lieu sur internet via un site dédié.

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    Les nanotechnologies, pour le meilleur ou pour le pire ?

Longtemps considérées comme pleines de promesses, les nanotechnologies ont commencé depuis un peu plus d’un an à susciter également des craintes dans l’opinion. Pour y répondre, un vaste débat public s’ouvrira jeudi sous forme de réunions publiques dans 17 villes de France jusqu’au 23 février prochain. La première réunion publique sur les nanotechnologies aura lieu jeudi à Strasbourg. Le débat public doit également s’organiser autour d’un site internet « C’est une révolution devant nous qui est majeure et je ne veux pas que cette révolution n’appartienne qu’aux experts » avait déclaré le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo en lançant cette concertation le 23 septembre dernier.

Les effets sur la santé et l’environnement de particules de la taille d’un milliardième de mètre sont encore largement inconnus. Le deuxième plan santé environnement lancé en juillet prévoit un important effort de recherche sur les risques émergents pour un budget de 127 millions d’euros. Il intégrera les risques liés aux nanotechnologies. Ces particules sont déjà très présentes dans notre environnement. Quelque 800 produits en contiennent, d’autres sont en développement avec des applications dans des domaines aussi divers que l’énergie, la téléphonie mobile, les matériaux ou encore le traitement de l’eau grâce à des nanofiltres.

De micro particules, mais un grand bond pour la santé

Dans le domaine de la santé, cette technologie est déjà largement utilisée. Les tests de grossesse constituent le premier marché pour les nanotechnologies de santé. En effet, les nanoparticules d’or permettent d’attraper les molécules de l’hormone de grossesse et de les fixer en quelques minutes seulement sur la bandelette test. Les nanoparticules d’argent ont des propriétés antibactériennes. Elles sont déjà utilisées dans des pansements.

Les nanotechnologies permettent aussi des progrès dans le domaine du diagnostic en se rapprochant de l’échelle moléculaire. En améliorant significativement le contraste entre lésions et tissus sains, elles permettent de détecter des métastases du foie, des ganglions lymphatiques métastatiques ou de préciser un diagnostic dans les maladies inflammatoires ou dégénératives. Des progrès sont également attendus dans l’imagerie grâce à la propriété de fluorescences des certaines nanoparticules. Des stratégies thérapeutiques sont aussi en cours de développement, utilisant le transfert de médicaments via les nanovecteurs directement vers une zone à traiter en particulier dans le traitement du cancer. Enfin, les nanotechnologies ont des applications vaccinales. Il s’agit de créer des virosomes, pseudoparticules virales dépourvues de tout matériel génétique et comportant des antigènes vaccinaux. Plusieurs vaccins de ce type sont déjà sur le marché notamment les nouveaux vaccins antipapillomavirus.

Inquiétudes sur les nanotubes de carbone

En revanche, les nanotubes de carbone suscitent parfois l’inquiétude. Découverts en 1991, ils permettent la fabrication de matériaux à la fois très légers et résistants qui entrent dans la composition d'un nombre de plus en plus élevé d'objets courants : composants électroniques, pneumatiques ou articles de sport. Une étude publiée en juin dans la revue scientifique Nature Nanotechnology avait montré que l'inhalation de nanotubes de carbone supprime, chez des souris, certaines fonctions immunitaires. En France, une équipe de chercheurs du CEA vient de mettre au point une méthode de marquage, par des atomes de carbone 14, permettant de visualiser le comportement des nanotubes au sein d’organisme vivant. Ces travaux ouvrent la voie à des études de toxicologies plus approfondies qui devraient permettre à terme de statuer sur le caractère toxique ou non de ces composés. Selon le CEA, les premières expériences « ont d'ores et déjà permis de montrer qu'une fois présents dans l'organisme ces nano-objets s'éliminent lentement ».

Véronique Hunsinger
Source : Legeneraliste.fr
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