Exercice - Comment travaillent les généralistes et les spécialistes

ExerciceComment travaillent les généralistes et les spécialistes

06.10.2009

Une récente étude montre que la consultation du médecin de famille dure moins longtemps que celle des autres spécialistes : 16 minutes contre 20 minutes à une demi-heure pour les autres disciplines. Le recours au généraliste en cas d’urgence se distingue aussi par une forte proportion d’urgences plus ressenties que réelles.

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    Comment travaillent les généralistes et les spécialistes

Qu’est-ce qui distingue la consultation du généraliste de celle de ses confrères spécialistes ? A l’évidence, c’est d’abord sa durée. Selon la dernière étude de la Drees*, le service statistique du ministère de la Santé, la consultation du généraliste dure en effet en moyenne 16 minutes, contre des moyennes nettement plus élevées dans les autres disciplines : hormis l’ophtalmologiste chez qui l’on reste aussi à peine plus d’un quart d’heure, toutes les autres spécialités étudiées gardent le patient près de 20 minutes (19 chez le dermatologue et l’ORL , 20 chez le gynécologue, 21 chez le pédiatre) ou près de la demi-heure (24 chez le gastroentérologue et le rhumatologue, 29 chez le cardiologue, 32 chez le psychiatre).

La séance du généraliste se caractérise aussi par son homogénéité. Aux dires des praticiens interrogés, la consultation dure globalement autour du quart d’heure : un peu plus si l’on est une femme généraliste (17 minutes), si le patient évoque ses problèmes personnels (18) ou si un acte technique (17) ou deux (19) sont nécessaires. A l’inverse, la durée de consultation varie beaucoup plus dans les autres spécialités. Alors que la moitié des consultations chez le médecin de famille dure entre 14 et 15 minutes, en dermatologie, ORL et gynécologie, 50% des actes se situent entre 15 et 20 minutes, entre 30 et 35 minutes en psychiatrie, et entre 20 et 30 minutes en cardiologie et gastro-entérologie. A noter qu’alors qu’en psychiatrie et en rhumatologie, le patient jeune sera reçu plus longtemps, c’est l’inverse en médecine générale, comme d’ailleurs en ORL et en dermatologie où le praticien prendra plus de temps avec un patient âgé.

Le colloque singulier chez le généraliste se différencie aussi par un relatif équilibre entre les patients qui viennent pour une affection récente ou aiguë (43% des motifs de recours) et ceux pour lesquels il s’agit du suivi d’une pathologie chronique (44%). Inversement, 66% des patients des psychiatres sont suivi pour une affection chronique, 39% des recours au cardiologue relèvent d’un suivi régulier, et au contraire, la majorité des recours au pédiatre (67%), ORL (53%) et gastroentérologue (53%) sont motivés par des affections aiguës ou récentes.

Où va le patient en cas d’urgence ?

L’étude met également en relief le fort investissement des médecins généralistes dans la prise en charge des urgences, qu’elles soient réelles ou ressenties. Exemple pour la cardio : l’ensemble de la profession prend en charge 1,5 million d’urgences cardiovasculaires chaque année, contre 1,3 million pour les cardiologues libéraux et 725 000 à l’hôpital. Exemple pour la gastro : les chiffres sont respectivement de 1,8 million, 450 000 et 1,3 million. Exemple pour la dermatologie : 700 000 cas urgents par an pour les généralistes, le même nombre pour les dermatologues libéraux et 450 000 seulement pour l’hôpital. Individuellement, le taux de consultations en urgence n’est pourtant pas beaucoup plus important chez le généraliste : autour de 11% de son activité, contre 34% chez le pédiatre, 15% chez l’ORL et entre 5 et 10% dans les autres disciplines. Concernant les urgences, celles qui se présentent chez le généraliste ont pourtant pour caractéristique d’être beaucoup plus souvent ressenties : aux dires des généralistes, c’est le cas de 80% d’entre elles, alors que ce taux représente entre le quart et le tiers des recours urgents dans les autres disciplines.

La consultation du généraliste se distingue aussi par son ordonnance. On sait qu’au moins 80% des actes s’achèvent par une prescription. L’étude de la Drees ne revient pas sur ce pourcentage, mais donne une estimation pour les autres spécialités : si le pédiatre prescrit aussi médicaments ou vaccins dans 82% des cas, dermatologues et gastroentérologues ne délivrent une ordonnance qu’à l’issue de la moitié des consultations, et moins d’une consultation sur trois chez le cardiologue se solde ainsi.

Enfin, il se confirme que le cardiologue reste le partenaire numéro un du généraliste : après sa consultation, il renvoie un patient sur trois chez un confrère, généraliste dans la plupart des cas, alors qu’en moyenne seules 15% des consultations des autres spécialistes entraînent un retour chez le généraliste. Ce dernier n’adressant ses patients chez un spécialiste qu’à l’issue de 5% de ses consultations.

* Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (ministère de la santé). Etudes et résultats n° 704: "Consulter un spécialiste libéral à son cabinet"
Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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