Rapport Grünfled - Le deuxième plan cancer ne se fera pas sans vous !

Rapport GrünfledLe deuxième plan cancer ne se fera pas sans vous !

26.03.2009

Fruit de plus de deux cents auditions, le rapport Grünfeld a été rendu public. Il insiste sur le rôle pivot du médecin traitant à tous les niveaux. « Il reste des progrès à faire en particulier pour raccourcir les délais d’attente entre les étapes du traitement et pour mieux insérer le médecin traitant dans le parcours de soins » peut on lire dans le document de 102 pages.

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    Le deuxième plan cancer ne se fera pas sans vous !

Le prochain plan cancer 2009-2013 qui sera annoncé en juin ne se fera pas sans les généralistes. Roselyne Bachelot l’a promis mercredi (voir la Télé du Généraliste). Et le Pr Jean-Pierre Grünfeld est formel : cette fois, il ne faut pas oublier les médecins généralistes. Parmi les propositions formulées par ce rapport remis le 27 févirer à Nicolas Sarkozy et rendu public aujourd’hui, il est demandé aux caisses, mais aussi aux futurs ARS d’impliquer davantage la profession dans le dépistage ou le suivi des malades atteints de cancer. Ainsi, il propose la « création d’une consultation, par exemple triennale, de prévention et d’information sur les dépistages ». Rémunérée au forfait, cette consultation pourrait être intégrée dans les contrats d’amélioration des pratiques individuelles (CAPI) que les caisses vont proposer aux médecins traitants. De même, le Pr Grünfled recommande que les médecins de familles soient associés aux campagnes de sensibilisation et de prévention.

Tout un chapitre du rapport est d’ailleurs dédié au soutien au dépistage. Le médecin traitant doit être au cœur de ce dispositif. « De nombreux médecins généralistes ont demandé qu’on leur reconnaisse un rôle central dans les dépistages quels qu’ils soient,» peut-on lire dans le document. Car, si le généraliste est en première ligne dans le cancer colorectal lorsqu’il remet le test au patient, il est « en dehors du circuit » dans le dépistage organisé du cancer du sein. S’il n’est pas question de bouleverser l’organisation, le médecin traitant pourrait être davantage impliqué. Il pourrait déployer sa force de conviction dans les régions déficitaires en collaboration avec les gynécologues médicaux. Il pourrait aussi réorienter ses patientes du dépistage individuel vers le dépistage organisé, qui offre des garanties de qualité validées. Le rapport propose aussi que les médecins soient dotés d’outils pour être facilement avertis d’un défaut de dépistage avec un système d’alerte informatisé. Pour la détection précoce des mélanomes, il est proposé un kit de formation pour les médecins généralistes et certaines professions, notamment les kinésithérapeutes. Et s’agissant du dépistage du cancer de la prostate, de nouvelles recommandations devraient voir le jour après la publication favorable de l’étude européenne (voir "alerte info" du 19 mars 2009).

Pour le Pr Grünfled, le dispositif d’annonce doit également « monter en charge », car il a été plus lent que prévu et il n’est pas homogène dans tous les établissements. La coordination doit être renforcée pour « mettre en place un environnement où la personne sent qu’il y a du lien entre les différents médecins concernés et les différents temps de l’annonce ». Aux caisses et aux agences régionales de santé, on suggère aussi d’inventer des modalités financières permettant d’associer davantage les médecins de ville au parcours de soins en cancérologie.

Le deuxième plan cancer qui sera annoncé courant 2009 devrait aussi promouvoir la communication et le décloisonnement entre hôpital et ville. Le rapport Grünfeld juge en effet que les établissements ont des progrès à faire sur l’information des médecins traitants concernant leurs patients suivis en cancérologie. « Les médecins généralistes auditionnés nous ont dit qu’ils recevaient souvent des informations sur le traitement lui-même, mais pas sur les effets secondaires ou sur les séquelles possibles, » relève le chargé de mission de Nicolas Sarkozy. Concrètement, il propose que le courrier minimal récapitulatif adressé au médecin traitant, lui soit adressé « dans les huit jours après la fin du traitement hospitalier. » Le programme personnalisé de soins (PPS), dont l’objectif est de rendre lisible le parcours de soins, doit mentionner les coordonnées du médecin traitant. Il constitue un socle de dialogue mais trop peu de patients de reçoivent.

Concernant le suivi des patients, le rapport relève que « le médecin traitant est souvent impliqué dans le suivi du patient entre les étapes du traitement ou entre les cures de chimiothérapie. » Et de souhaiter que la gestion des complications soit mieux anticipée avec le centre de cancérologie, à charge pour celui-ci d’identifier des « médecins-ressources » pour faire le lien, en cas de besoin, avec le praticien de ville. Enfin, le généraliste doit aussi être impliqué dans la gestion de la douleur et les soins palliatifs. « La publication prochaine par l’INCa et la Société Française de traitement de la douleur, d’arbres de décision des traitements de la douleur en cancérologie, à destination tant des médecins spécialistes que des généralistes, favorisera cette mobilisation, » estime le rapport Grünfeld.

Reste bien entendu à être formé pour tout cela. Entre les lignes, le document remis au président de la République suggère que la FMC des généralistes st insuffisante en oncologie, car « les traitements évoluent vite. » D’où l’idée de lui donner des outils pour « mieux comprendre les méthodes de diagnostic et de traitement, et leurs risques, effets secondaires et séquelles. »

Dr Muriel Gevrey et Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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