Sécu : la branche maladie à la diète en 2015

Publié le 29/09/2014

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Faute de croissance, l'ambition du gouvernement d'un retour à l'équilibre des comptes de la Sécurité sociale est reportée au-delà de 2019, contre 2017 initialement prévu. Le déficit prévisionnel du régime général et du fonds de solidarité vieillesse de la Sécurité sociale devrait s’améliorer pourtant de 2 milliards d'euros, à -13,4 milliards en 2015, selon le projet de budget de la Sécu 2015 présenté lundi par le gouvernement. C’est moins qu’en 2014, année à l’issue de laquelle le déficit du régime général cumulé à celui du FSV devrait se monter à -15,4 milliards. Le régime général et le FSV devraient donc rester dans le négatif jusqu'en 2018 : avec dans le détail -10,3 milliards en 2016, -5,7 milliards en 2017 et -2,9 milliards en 2018. "Les dépenses ont été complètement maîtrisées", mais "il nous manque 4 milliards d'économies de recettes" par rapport à ce qui était attendu, a expliqué lundi 29 septembre la ministre de la Santé lors de la présentation,avec le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Pour 2015, c'est à nouveau l'Assurance maladie qui se serrera le plus la ceinture avec un objectif de 3,2 milliards d'économies (sur les 10 prévus jusqu’à la fin du quiquennat). Elle devra ramener son déficit en 2015 à 6,9 milliards, contre 7,3 mds prévus en 2014. L’Ondam est conforme aux prévisions : avec + 2,1% de progression de l’enveloppe maladie, cela reste néanmoins un Ondam extrèmement bas en comparaison des 2,4% arrêtés par le PLFSS 2014 et compte tenu d’une évolution naturelle évaluée par la commission des comptes de la Sécu à +3,9%. Dans le détail, Marisol Touraine -fidèle à ce qu’elle avait annoncé à l’université d’été de la CSMF- a pour la deuxième année, choisi de faire progresser la ville (2,2%) un peu plus vite que l’hôpital (+ 2%). Mais cela ne fera pas oublier aux libéraux que l’Ondam de l’an passé était un peu plus généreux. C’est cet ondam serré qui permet d’ailleurs à Marisol touraine de réaffirmer qu'il n'y aura pas de déremboursement.

Dans ce contexte, la ministre de la Santé fait du généraliste un des acteurs phares du "virage ambulatoire" (370 millions d’économies) qu’elle promet. Pour autant, interrogée sur le gel du C la veille sur France Inter, elle n’a rien voulu promettre sur d’éventuelles revalorisations... Outre des gains attendus d’un effort accru de maîtrise des dépenses, 1 milliard d’économies supplémentaires est attendu sur le médicament et 520 sur la rationnalisation des achats ou la logistique hospitalière.


Source : legeneraliste.fr